‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 217 sur 259 · DÉTAILS DE L'OUVRAGE · texte numérisé non relu

DÉTAILS DE L'OUVRAGE

Venons maintenant aux critiques de détail.

On ne peut s'empêcher d'observer d'abord que la plupart de ces critiques tombent sur le premier et sur le second volume. Les censeurs ont marqué un singulier dégoût pour le troisième et quatrième. Ils les passent presque toujours sous silence. L'auteur doit-il s'en attrister ou s'en réjouir? Serait-ce qu'il n'y a rien à dire sur ces deux volumes, ou qu'ils ne laissent rien à dire?

On s'est donc presque uniquement attaché à combattre quelques opinions littéraires particulières à l'auteur, et

répandues dans le second volume^ ; opinions qui, après tout, sont d'une petite importance, et qui peuvent être reçues ou rejetées sans qu'on en puisse rien conclure contre le fond de l'ouvrage: il faut ajouter à la liste de ces graves reproches une douzaine d'expressions véritablement répréhensibles, et que Ton a fait disparaître dans les nouvelles éditions.

Quant à quelques phrases dont on a détourné le sens (par un art si merveilleux et si nouveau), pour y trouver d'indécentes allusions, comment éviter ce malheur, et quel remède y apporter ? « Un auteur, c'est La Bruyère qui le dit, un auteur n'est pas obligé de remplir son esprit de toutes les extravagances, de toutes les saletés, de tous les mauvais mots qu'on peut dire, et de toutes les ineptes applications que l'on peut faire au sujet de quelques endroits de son ouvrage, et encore moins de les supprimer ; il est convaincu que quelque scrupuleuse exactitude qu'on ait dans sa manière d'écrire, la raillerie froide des mauvais plaisants est un mal inévitable, et que les meilleures choses ne leur servent souvent qu'à leur faire rencontrer une sottise- ».

L'auteur a beaucoup cité dans son livre, mais il paraît encore qu'il eût dû citer davantage. Par une fatalité singulière, il est presque toujours arrivé, qu'en voulant blâmer l'auteur, les critiques ont compromis leur mémoire. Ils ne veulent pas que l'auteur dise, déchirer le rideau des inondes, et laisser voir les abîmes de V éternité ; et ces expressions sont de Tertullien ^ : ils soulignent le puits de Vahïme et le cheval pâle de la mort, apparemment comme étant une vision de l'auteur; et ils ont oublié que ce sont des images de l'Apocalypse^ : ils rient des tours gothiques coiffées de nuages ; et ils ne voient pas que l'auteur traduit littéralement un vers de Shakespeare ° ; ils croient que les ours enivrés de raisins

1. Encore n'a-t-on fait gue répéter les observations judicieuses et polies qui avaient paru à ce sujet dans quelques journaux accrédités.

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