‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 236 sur 259 · II · texte numérisé non relu

II

gloire : ainsi, ne pleurez point sa mort, mais enviez plutôt son heureux sort, et priez-le d'être votre protecteur auprès du Seigneur pour vous obtenir le même bonheur. Monsieur votre frère vint dans ce monastère après avoir parcouru une partie de TEspagne : il se présenta à rhôteJlerie, et déclara son désii d'entrer parmi nous. La pauvreté de la maison, et le grand nombre de religieux qui la composaient, ne nous permettaiem guère de recevoir de nouveaux sujets ; on lui fit beaucoup de difficultés pour l'admettre, et on finit par lui dire qu'on ne pouvait pas le recevoir. Mais la main de Dieu, qui l'avait conduit, le soutint dans toutes ces épreuves, et lui donna le courage de tout vaincre par sa patience et sa persévérance è demander son admission. Enfin, notre R. Père abbé, qui esl plein de bonté et de tendresse, voyant sa constance, lui dil qu'il le recevait pour Frère convers. Monsieur votre frère, qui ne cherchait que Dieu et le salut de son âme, accepta la condition, et de suite entra aux exercices de la communauté. Il a été l'exemple et l'édification de tous dans la maison. Son humilité était grande et profonde, son obéissance prompte, docile e1 aveugle, embrassant tous les commandements avec joie et avec une soumission d'enfant. Sa patience était à toute épreuve, el sa charité à l'égard de ses frères, tendre, constante et ardente. Il a pratiqué les autres vertus dans le même degré de perfection ; îa pauvreté était son amie particulière ; il vivait dans un dépouillement entier de toutes choses : aussi le bon Dieu, qui voyait la bonne disposition de son cœur, couronna bientôt ses vertus, et écouta les désirs ardents qu'il avait de mourir, pour ne plus l'offenser, disait-il, et jouir plutôt de sa divine présence. Il fut attaqué d'une hydropisie, qui lui fit souffrir, pendant environ quatre mois, tout ce que cette maladie a de plus douloureux et de plus cruel; mais avec quelle patience et quelle résignation à la sainte volonté de Dieu, n'a-t-il pas souffert ses maux ! il voyait venir sa fin avec un grand contentement et une paix d'âme profonde. Il ne cessait de témoigner sa reconnaissance au Seigneur de l'avoir conduit dans cette maison de pénitence, où il avait trouvé faut de moyens de satisfaire à sa divine justice, pour tous ses péchés et pour se préparer à recevoir ses miséricordes, dans lesquelles il avait une pleine confiance. Je me rappelle qu'étant couché sur la cendre et la paille, sur laquelle il consomma son sacrifice, il prenait la main de notre R. Père abbé, avec un amour qui attemirissait toute la communauté, qui était présente. Que mon bonheur est grand! disait-il: vous êtes l'auteur de mon salut, vous m'avez ouvert les portes du monastère, et par cela même celles du ciel ; sans vous je me serais perdu misérablement dans le monde, je prierai le bon Dion de récompenser votre grande charité à mon égard. Il reçut tous les sacrements au milieu de l'église, selon l'usage de notre ordre : quelques jours avant sa mort, il demanda pardon aux Frères de tout ce qui avait pu les offenser dans sa conduite, et les pria de lui obtenir une sainte mort par le secoursde leurs prières.

Il vous aimait tous bien tendrement; il parlait souvent de vous tous à son père-maître: celui-ci, le veillant la nuit qu'il mourut,' le vit un instant avant d'entrer dans l'agonie, plus

recueilli qu'à l'ordinaire, et lui demandant s'il allait plus mal : Mes moments s'avancent, dit-il; je viens de prier pour tous mes frères et sœurs, qui m'aiment beaucoup, ajouta-t-il : et bientôt après, nous le remîmes sur la paille et la cendre, où, après six heures d'une agonie paisible et tranquille, il remit son âme entre les mains de Jésus-Christ, le 4 de janvier de la présente année. Unissons-nous ensemble, Monsieur, pour bénir Dieu, et le remercier des miséricordes dont il a usé à l'égard de Monsieur votre frère; et prions-le sans cesse de nous accorder les mêmes grâces, afin de nous unir à lui, dans le ciel, pour l'adorer éternellement avec ses anges. Amen, amen, amen.

Note Ce, page 127.

L'auteur, qui trace dans ce quatrième livre un tableau si complet des travaux de nos missionnaires dans l'Inde, à la Chine et en Amérique, s'était peu étendu sur les missions du Levant: Il s'est reproché cette omission dans l'Itinéraire de Paris à Jérusaleyn ; et comme il nous paraît convenable que le Génie du Christianisme renferme tout ce qui a rapport aux missions, nous avons pensé que le lecteur retrouverait ici avec plaisir le fragment de l'Itinéraire qui concerne les missions du Levant.

(( Enfin, nous allâmes au couvent français rendre à Tunique religieux qui l'occupe la visite qu'il m'avait faite. J'ai déjà dit que le couvent de nos missionnaires comprend dans ses dépendances le monument choragique de Lysicrates. Ce fut à ce dernier monument que j'achevai de payer mon tribut d'admiration aux ruines d'Athènes.

« Celte élégante production du génie des Grecs fut connue des premiersvqyageurs sous le nom deFanaritou Demosthenis. « Dans la maison qu'ont achetée depuis peu les pères Capucins, « dit le jésuite Babin, en 1672, il y a une antiquité bien remar- « quable, et qui, depuis le temps de Démosthène, est demeurée « en son entier : on l'appelle ordinairement la Lanterne de « Démosthène ».

« On a reconnu depuis, et Spon le premier, que c'est un monument choragique élevé par Lysicrates dans la rue des Trépieds. M. Legrand en exposa le modèle en terre cuite dans la cour du Louvre, il y a quelques années ; ce modèle était fort ressemblant : seulement l'architecte, pour donner sans doute plus d'élégance à son travail, avait supprimé le mur circulaire qui remplit les entre-colonnes dans le monument original.

c( Certainement, ce n'est pas un des jeux les moins étonnants de la fortune que d'avoir logé un Capucin dans le monument choragique de Lysicrates ; mais ce qui, au premier coup d'œil, peut paraître bizarre, devient touchant et respectable quand on pense aux heureux effet de nos missions, quand on songe qu'un religieux français donnait à Athènes l'hospitalité à Chandler, tandis qu'un autre religieux français secourait d'autres voyageurs à la Chine, au Canada, dans les déserts de l'Afrique et de la Tartarie.

« Les Francs à Athènes, dit Spon, n'ont que la chapelle des « Capucins, qui est au Fanari tou Demosthenes. Il n'y avait, « lorsque nous étions à Athènes que le père Séraphin, très ho n-

« nête homme, à qui un Turc de la garnison prit un jour sa « ceinture de corde, soit par malice ou par un effet de débauche, « l'ayant rencontré sur le chemin du port Lion, d'où il reve- « nait seul de voir quelques Français d'une tartane qui y était à (( l'ancre.

« Les pères Jésuites étaient à Athènes avant les Capucins, et « n'en ont jamais été chassés ; il ne se sont retirés à Négrepont o que parce qu'ils y ont trouvé plus d'occupation, et qu'il y a o plus de Francs qu'à Athènes. Leur hospice était presque à « l'extrémité de la ville, du côté de la maison de l'archevêque. n Pour ce qui est des Capucins, ils sont établis à Athènes « depuis Tannée 1658, et le père Simon acheta le Fanari en « 1669, y ayant eu d'autres religieux de son ordre avant lui dans « la ville ».

« C'est donc à ces missions, si longtemps décriées, que nous devons encore nos premières notions sur la Grèce ■ antique. Aucun voyageur n'avait quitté ses foyers pour visiter lé Parthénon, que déjà des religieux exilés sur ces ruines fameuses, nouveaux dieux hospitaliers, attendaient l'antiquaire et l'artiste. Les savants demandaient ce (ju'était devenu la ville de Cécrops; et il y avait à Paris, au noviciat de Saint-Jacques, un père Barnabe, et, à Compiègne, un père Simon, qui auraient pu leur en donner des nouvelles : mais ils ne faisaient point parade de leur savoir ; retirés au pied du crucifix, ils cachaient dans l'humilité du cloître ce qu'ils avaient appris, et surtout ce

au'ils avaient souffert pendant vingt ans au milieu des débris 'Athènes.

« Les Capucins français, dit la Guilletière, qui ont été appe- « lés à la mission de la Morée par la congrégation de propa- « ganda Fide,, ont leur principale résidence à Napoli, à cause « que les galères des beys y vont hiverner, et qu'elles y sont « ordinairement depuis le mois de novembre jusqu'à la fête de « saint George, qui est le jour où elles se remettent en mer : « elles sont remplies de forçats chrétiens qui ont besoin d'être « instruits et encouragés, et c'est à quoi s'occupe avec autant 0 de zèle que de fruit le père Barnabe de Paris, qui est présen-. « tement supérieur de la mission d'Athènes et de la Morée ».

Mais si ces religieux, revenus de Sparte et d'Athènes,, c^aient si modestes dans leurs cloîtres peut-être était-ce faute d'avoir bien senti ce que la Grèce a de merveilleux dans ses souvenirs ? Peut-être manquaient-ils aussi de l'instruction nécessaire ? Ecoutons le père Babin, jésuite; nous lui devons la première relation que nous ayons d'Athènes :

« Vous pourriez, dit-il, trouver dans plusieurs livres la des- « cription de Rome, de Constantinople, de Jérusalem et des « autres villes les plus considérables du monde, telles qu'elles « sont présentement; mais je ne sais pas quel livre décrit « Athènes telle que je l'ai vue, et l'on ne pourrait trouver cette « ville, si on la cherchait comme elle est représentée dans Pau- « sanias et quelques autres anciens auteurs ; mais vous la vere rez ici au même état qu'elle est aujourd'hui, qui est tel, que « parmi ses ruines elle ne laisse pas pourtant d'inspirer un cer- « tain respect pour elle, tant aux personnes pieuses qui en « voient les églises, qu'aux savants qui la reconnaissent pour la

« mère des sciences, et aux personnes guerrières et généreuses « qui la considèrent comme le champ de Mars et le théâtre où « les plus grands conquérants de lantiquité ont signalé leur « valeur, et ont fait paraître avec éclat leur force, leur courage « et leur industrie : et ces ruines sont enfin précieuses pour mar- « qucr sa première noblesse, et pour faire voir qu'elle a été « autrefois l'objet de l'admiration de l'univers.

« Pour moi, je vous avoue que d'aussi loin que je la décou- « vris de dessus la mer, avec des lunettes de longue vue, et que « je vis quantité de grandes colonnes de marbre'' qui paraissent « de loin et rendent témoignage de son ancienne magnificence, « je me sentis touché de quelque respect pour elle ».

«i Le missionnaire passe ensuite à la description des monuments : plus heureux que nous, il avait vu le Parthénon dans son entier.

« Enfin celle pitié pour les Grecs, ces idées philanthropiques que nous nous vantons de porter dans nos voyages, étaient- *lles donc inconnues des religieux ? Ecoutons encore le père Babin :

<i Que si Solon disait autrefois à un de ses amis, en regar- « dant de dessus une montagne cette grande ville et ce grand (( nombre de magnifiques palais de marbre qu'il considérait, 4 que ce n'était qu'un grand mais riche hôpital, rempli d'au- « tant de misérables que cette ville contenait d'habitants, j'aurais « bien plus sujet de parler de la sorte, et de dire que cette « ville, rebâtie des ruines de ses anciens palais, nest plus « qu'un grand et pauvre hôpital qui contient autant de misé- « râbles que l'on y voit de chrétiens ».

« On me pardonnera de m'être étendu sur ce sujet. Aucun voyageur avant moi, Spon excepté, n'a rendu justice à ces missions d'Athènes, si intéressantes pour un Français. Moi-mêyne je les ai oubliées dans le Gé.nie du Christianisme. Chandler parle à peine du religieux qui lui donna l'hospitalité, et je ne suis même s'il daigne le nommer une seule l'ois. Dieu merci, je suis au-dessus de ces petits scrupules. Quand on ma obligé, je le dis ; ensuite je ne rougis point pour l'art, et ne trouve point le monument de Lysicrates déshonoré parce qu'il fait partie du couvent d'un Capucin. Le chrétien qui conserve ce monument en le consacrant aux œuvres de la charité, me semble tout aussi respectable que le païen qui l'éleva en mémoire d'une victoire remportée dans un chœur de musique».

(iVo/e de C Editeur),

Note Dd, page 134. Missions de la Chine.

Lord Mackartney. malgré ses préjugés religieux et nationaux, rend un témoignage bien remarquable en faveur de nos missionnaires :

f Les missionnaires partagent avec zèle un soin si rempli « d'humanité icelui de recueillir les enfants exposés après « leur naissance . ils se hâtent de- baptiser ceux qui conservent « le moindre signe dévie, afin, comme ils le disent, de sauver « l'âme de ces ?tres innocents. Un de ces pieux ecclésiastiques. « qui n'avait nul penchant à exagérer le mai, avoua qu'à Pékin

« on exposait chaque année environ deux mille enfants, dont « un grand nombre périssait. Les missionnaires prennent soin « de tous ceux qu'ils peuvent conserver à la vie, ils les élèvent « dans les principes rigoureux et fervents du christianisme, et « quelques-uns de ces disciples se rendent ensuite utiles à leur « religion, en travaillant à y convertir leurs compatriotes.

« Les conversions s'opèrent ordinairement parmi les pauvres, « qui, dans tous les pays, composent la classe la plus nom- « breuse. Les charités que les missionnaires font, autant qu'ils « peuvent, préviennent en faveur de la doctrine qu'ils prêchent. « Quelques Chinois ne se conforment peut-être qu'en apparence « à cette doctrine, à cause des bienfaits qu'elle leur vaut ; mais « leurs enfants deviennent des chrétiens sincères. D'ailleurs on « a toujours plus d'accès auprès des pauvres ; et ils sont plus <( touchés du zèle désintéressé des étrangers qui viennent du « bout de la terre pour les sauver.

« C'est un spectacle singulier, en effet, pour toutes les classes « des spectateurs, que de voir des hommes, animés par des « motifs différents de ceux de la plupart des actions humaines, « quittant pour jamais leur patrie et leurs amis, et se consaû cra'nt pour le reste de leur vie au soin de travailler à changer « le dO'j'îDe d'un peuple qu'ils n'ont jamais vu. En poursuivant « leurs desseins, ils courent toutes sortes de risques, ils souf- « frent toute espèce de persécutions, et renoncent à tous les « agréments. Mais à force d'adresse, de talent, de persévérance, « d'humilité, d'application à des études étrangères à leur pre- « mière éducation, et en cultivant des arts entièrement nouveaux « pour eux, ils parviennent à se faire connaître et protéger. Ils « triomphent du malheur d'être étrangers dans un pays où la fi plupart des étrangers sont proscrits, et où c'est un crime que « d'avoir abandonné le tombeau de ses pères. Ils obtiennent « enfin des établissements nécessaires à la propagation de leur « foi, sans employer leur influence à se procurer aucun avance tage personnel.

« Des missionnaires de différentes nations ont eu la permis- « sion de bâtir à Pékin quatre couvents, avec des églises qui y « sont jointes. 11 y en a même quelqu'un dans les limites du a palais impérial. Ils ont des terres dans le voisinage de la « ville; et on assure que les Jésuites ont possédé, dans la cité « et dans les faubourgs, plusieurs maisons dont le revenu ser- « vait seulem.ent à favoriser l'objet de la mission. Ils ont sou- « vent, par des actes charitables, fait des prosélytes et secouru « des malheureux ». (Voyage dans V intérieur de la Chine et en Tartarie, fait dans les années 4792. 4793 et 4794, par lord Mackartney, ambassadeur du roi d'Angleterre auprès de Vempereur de la Chine, tome ii, page 383).

(Note de V Editeur f.

Note Ee, page 166.

Lorsque nous avons parlé, dans le volume précédent, des beaux sujets de l'histoire moderne qui pourraient devenir intéressants s'ils étaient traités par une main habile, VHistoire des Croisades, de M. Michaud, n'avait pas encore paru. Nous avons

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déjà exprimé notre pensée ailleurs sur cet excellent ouvrage'; en voici un fragment qui vient à l'appui de ce que nous avons dit sur les avantages que lEurope a retirés de l'institution de la chevalerie :

(( La chevalerie était connue dans l'Occident avant les Croisades : ces guerres, c^ui semblaient avoir le même but que la chevalerie, celui de défendre les opprimés, d,e servir la cause de Dieu, et de combattre les Infidèles, donnèrent à cette institution plus d'éclat et de consistance, une direction plus étendue et plus salutaire.

« La Religion, qui se mêlait à toutes les institutions et à toutes les pussions du moyen-âge. épura les sentiments des cheva- Mers. elles éleva jusqu'à l'enthousiasme de la vertu. Le christianisme prêtait à la chevalerie ses cérémonies et ses emblèmes, et tempérait, par la douceur de ses maximes, l'aspérité des mœurs guerrières.

V « La piété, la bravoure, la modestie, étaient les qualités distinctives de la chevalerie : Servez Dieu, et il vous aidera; soyez doux et courtois à tout gentilhomme en ôtant de vous tout orgueil; ne soyez flatteur, ni rapporteur, car telles mamières de gens ne viennent pas à grande perfection. Soyez loyal en faits et dires ; tenez votre parole, soyez secourables à pauvres et orphelins, et Dieu vous le guerdonnera.

(( Ce qu'il y avait de plus admirable dans l'esprit de cette institution, c'était l'entière abnégation de soi-même ; cette loyauté, qui faisait un devoir à chaque guerrier d'oublier sa propre gloire pour ne publier que les hauts faits de ses compagnons d'armes. Les vailtances ô.'\u\ chevalier étaient sa fortune, sa vie; et celui qui les taisait était ravisseur des biens d'autrui. Rien ne paraissait plus répréhensible que de se louer soi-même. Si l'écuyer, dit le Code des preux, a vaine gloire de ce qu'il a fait, il nest pas digyie d'être chevalier. Un historien des Croisades nous ollre un exemple singulier de cette vertu qui n'est pas tout à fait l'humilité, et qu'on pourrait appeler la pudeur de la gloire, lorsqu'il nous représente Tancrède s'arrêtant sur le champ de bataille, et faisant jurer à son écuyer de garder à jamais le silence sur ses exploits.

« La plus cruelle injure qu'on pût faire à un chevalier, c'était de l'accuser de mensonge Le manque de fidélité, le parjure, passaient pour les plus honteux des crimes. Quand l'innocence opprimée implorait le secours d'un chevalier, malheur à celui qui ne répondait point à cet appel ! L'opprobre suivait toute offense envers le faible, toute agression envers l'homme désarmé.

0 L'esprit de la chevalerie entretenait et fortifiait parmi les guerriers les sentiments généreux qu'avait fait naître l'esprit militaire de la féodalité : le dévouement au souverain était la première vertu, ou plutôt le premier devoir d'un chevalier. Ainsi, dans chaque état de l'Europe, s'élevait une jeune milice toujours prête à combattre, toujours prête à s'immoler pour le prince et pour la patrie, comme pour la cause de l'innocence et de la justice.

(' Un des caractères les plus remarquables de la chevalerie,

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