Voyez la note xxv (dans Robertson, i
il prescrivit la manière dont ils devaient être vêtus et nourris, el fit des règlements relatifs à leur instruction dans les principes ou christianisme!.
« Mais les Dominicains, qui jugeaient de l'avenir par la connaissance qu'ils avaient du passé, sentirent bientôt l'insuffisance de ces précautions, et prétendirent que tant que les individus auraient intérêt de traiter les indiens avec rigueur, aucun règlement public ne pourrait lendre leur servitude douce, ni même tolérable. Ils jugèrent qu'il serait inutile de consumer leur temps et leurs forces à essayer de communiquer les vérités sublimes de l'Evangile à des hommes dont l'âme était abattue et l'esprit affaibli par l'oppression. Quelques-uns de ces missionnaires, découragés, demandèrent à leurs supérieurs la permission de passer sur le continent, pour y remplir l'objet de leur mission parmi ceux des Indiens qui n'étaient pas encore corrompus par l'exemple des Espagnols, ni prévenus par leurs cruautés contre les dogmes du christianisme. Ceux qui restèrent à Hispaniola continuèrent de faire des remontrances avec une fermeté décente contre la servitude des Indiens.
« Les opérations violentes d'Albuquerque, qui venait d'être chargé du partage des Indiens, rallumèrent le zèle des Dominicains contre les reparlimientos, et suscitèrent à ce peuple opprimé un avocat doué du courage, des talents et de l'activité nec«^'ssaires pour défendre une cause si désespérée. Cet homme zélé fut Barthélemi de Las Casas, natif de Séville, et l'un des ecclésiastiques qui accompagnèrent Colomb au second voyage des Espagnols, lorsqu'on voulut commencer un établissement dans l'île d'Hispaniola. Il avait. adopté de bonne heure l'opinion dominante parmi ses confrères les Dominicains, qui regardaient comme une injustice de réduire les Indiens en servitude ; et, pour montrer sa sincérité et sa conviction, il avait renoncé à la portion d'Indiens qui lui était échue lors du partage qu'on en avait fait entre les conquérants, et avait déclaré qu'il pleurerait toujours la faute dont il s'était rendu coupable en exerçant pendant un moment sur ses frères cette domination impie ^ Dès lors il fut le patron déclaré des Indiens, et par son courage à les défendre, aussi bien que par le respect qu'inspiraient ses talents et son caractère, il eut souvent le bonheur d'arrêter les excès de ses compatriotes. Il s'éleva vivement contre les opérations d'Albuquerque; et, s'apercevant bientôt que l'intérêt du gouverneur le rendait sourd à toutes les sollicitations, il n'abandonna pas pour cela h malheureuse nation dont il avait épousé la cause. Il partit poui l'Espagne avec la ferme espérance qu'il ouvrirait les yeux et toucherait le cœur de Ferdinand, en lui faisant le tableau de l'oppression gue souffraient ses nouveaux sujets '.
« Il obtint facilement une audience du roi, dont la santé était fort affaiblie. Il mit sous ses yeux, avec autant de liberté que
i. Herrera, Decad. i, lib. ix, cap. xiv.
2. Fr. Aug. Davila, Hist. de la Fuyidacion de la Provincia de S. Jago en Mexico, pag. 303-304 ; Herrera, Decad. i. lib. x, cap. xu.
3. Herrera, Decad. i. lib. x, cap. ^i; Decad. ii,\\h. i, cap. n ;Da\ila, Padilla, Hist., page 304.