‹ Le génie du christianisme (volume 4)Chapitre 55 sur 259 · Voyez la note N, à la lin du volume · texte numérisé non relu

Voyez la note N, à la lin du volume

QI,ATRIÉ\1E PARTIE 61

pêcher d'en sentir la beauté. Tout retentirait d'acclamations, si l'on tiouvait dans Platon ou dans Sénèque une profession de foi aussi simple, aussi pure, aussi claire que celle-ci :

« Je crois en un seul Dieu, père tout-puissant, créateuidu ciel et de la terre, et de toutes les choses visibles et invisibles ».

L'oraison dominicale est l'ouvrage d'un Dieu qui connaissait tous nos besoins : qu'on en pèse bien les paroles :

<i Notre Père qui es aux deux »;

Reconnaissance d'un Dieu unique.

« Que ton nom soit sanctifié »;

Culte qu'on doit à la Divinité; vanité des choses du monde; Dieu seul mérite d'être sanctitie-

« Que ton r>^gne nous arrive »;

Immortalité de l'àme.

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »;

Mot sublime qui comprend les attributs de la Divinité*, sainte résignation qui embrasse l'ordre physique et moral de l'univers.

« Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien » ;

Comme cela est touchant et philosophique! Quel est le seul besoin réel de l'homme? un peu de pain; encore il ne le lui faut qu'aujourd'hui {hodie] ; car demain existera-t-il?

« Et pardonne-nous nos offenses, connue nous les pardonnons à ceux qui nous ont offensés »;

C'est la morale et la charité en deux mo's.

« Ne nous laisse point succomber à la tentation; mais dé^ livre-nous du mal ».

Voilà le cœur humain tout entier; voilà l'homme et sa faiblesse! Qu'il ne demande point des forces pour vaincre: qu'il ne prie que pour n'être point attaqué, que pour ne point souffrir. Celui qui a créé l'homme pouvait seul le connaître aussi bien.

Nous ne parlerons point de la salutation angélique, véritablement pleine de grâce, ni de cette confession que le chrétien fait chaque jour aux pieds de l'Eternel. Jamais les lois ne remplaceront la moralité d'une telle coutume. Sf'nge-t-on quel frein c'est pour l'homme que cet aveu pénible qu'il renouvelle matin et soir : J'ai péché par mes pensées, par mes paroles, par mes œuvres.^ Pythagore avait recommandé une pareille confession à ses disciples : il était réservé au christianisme de réaliser ces songes de vertu que rêvaient les sages de Rome et d'Athènes.

En effet, le christianisme est à la fois une sorte de secte philosophique et une antique législation. De là lui viennent les asbtinences, les jeûnes, les veilles, dont on retrouve des

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