FUNERAILLES DU GUERRIER, CONVOIS DES RICHES, COUTUMES, ETC
Une noble simplicité présidait aux obsèques du guerrier chrétien. Lorsqu'on croyait encore à quelque chose, on aimait à voir un aumônier dans une tente ouverte, près d'un champ de bataille, célébrer une messe des morts sur un autel formé de tambours. C'était un assez beau spectacle de voir le Dieu des armées descendre, à la voix d'un prêtre, sur les tentes d'un camp français, tandis que de vieux soldats qui avaient tant de fois bravé la mort tombaient à genoux devant un cercueil, un autel et un ministre de paix. Aux roulements des tambours drapés, aux salves interrompues du canon, des grenadiers portaient le corps de leur vaillant capitaine à la tombe qu'ils avaient creusée pour lui avec leurs baïonnettes. Au sortir de ces funérailles on n'allait point courir pour des trépieds, pour de doubles coupes, pour des peaux de lion aux ongles d'or, mais on s'empressait de chercher, au milieu des combats, des jeux funèbres et une aène plus glorieuse ; et, si l'on n'immolait point une génisse noire aux mânes des héros, du moins on répandait en son honneur un sang moins stérile, celui des ennemis de la patrie.
Parlerons-nous de ces enterrements faits à la lueur des flambeaux dans nos villes, de ces chapelles ardentes, de ces chars tendus de noir, de ces chevaux parés de plumes et de drapeiies, de ce silence interrompu par les versets de l'hymne de la colère, Dies irœ'i
La religion conduisait à ces convois des grands de pau-