Le génie du christianisme
*< AssoNs de cette vue générale des épopée* Mj^l^^^aux détails des compositions poétiques. Avant d'examiner les csiracthres sociaua: . tels que ceux du prêtre et au guerrier , considérons les caractères natui^els , tels que ceux de l'époux, dti père, de la mère, etc., et partons d'abord d'utl principe incontestable.
Le christianisme est une religion pour ainsi dire double : s'il s'occupe de la nature de l'être intellectuel, il s'occupe aussi de notre propre nature : il fait marcher de front les mystères de la Divinité et les mystères du cœur humain : en dévoilant le véritable Dieu, il dévoile le véritable homme.
Une telle religion doit être plus favorable h là peinture des caractères qu'un culte qui n'entre point dans le secret des passions. La plus belle moitié de la poésie, la moitié dramatique, ne recevoit aucun secours du polythéisme; la morale
i GÉNIE
étoit séparée de la mytholofrie '. Un dieu montoit sur son char, un prêtre offroit un sacrifice; mais ni le dieu ni le prêtre n'enseijTfnoient ce que c'est que l'homme, d'où il vient, où il va, quels sont ses pencliants , ses vices, ses fins dans cette vie, ses fins dans l'autre.
Dans le christianisme, au contraire, la religion et la morale sont une seule et même chose. L'Écriture nous apprend notre origine, nous instruit de notre nature; les mystères chrétiens nous regardent : c'est nous qu'on voit de toutes parts ; c'est pour nous que le Fils de Dieu s'est immolé. Depuis Moïse jusqu'à Jésus-Christ, depuis les Apôtres jusqu'aux derniers Pères de l'Eglise, tout offre le tableau de l'homme intérieur, tout tend à dissiper la nuit qui le couvre : et c'est un des caractères distlnclifs du christianisme d'avoir toujours mêlé l'homme à Dieu, tandis que les fausses religions ont séparé le Créateur de la créature.
Voilà donc un avantage incalculable que les poètes auroient dû remarquer dans la religion chrétienne, au lieu de s'obstiner à la décrier. Car, si elle est aussi belle que le polythéisme dans le merveilleux ou dans les rapports des choses surnaturelles, comme nous essaierons de le montrer dans la suite, elle a de plus une partie dramatique et morale que le polythéisme n'avoit pas.
Appuyons cette vérité sur des exemples, faisons des rapprochements qui servent à nous attacher à
• Voyez la note A, à la fin An volume.
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la religion de nos pères par les charme» du plu» divin de tous les arts.
Nous commencerons l'étude des caractères naturels par celui des époux , et nous opposerons à l'amour conjugal d'Eve et d'Adam l'amour conjugal d'Ulysse et de Pénélope. On ne nous accusera pas de choisir exprès des sujets médiocres dans l'antiouité pour faire briller les sujets chrétiens.