BEAU COTÉ DE L'HISTOIRE MODERNE
Il est juste maintenant de considérer le revers des choses, et de montrer que l'histoire moderne pourroit encore devenir intéressante si elle étoit traitée par une main habile. L'établissement des Francs dans les Gaules , Charieraagne , les croisades , la chevalerie , une bataille de Bouvines , un combat de Lépante, un Conradin à ISaples , un
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Henri IV en France, un Charles I" en Angleterre, sont au moins des époques mémorables, des mœurs sin^juTères, des événements Fameux, des catastrophes traj^iqucs. Mais 'a {grande vue à saisir pour riiistorien moderne, c'est le changement que le christianisme a opéré dans l'ordre social. En doniiant de nouvelles bases à la morale, l'Kvan^jile a modifié le caractère des nations, et créé en Kurope des hommes tout différents des anciens par les opinions, les gouvernements, les coutumes, les usages, les sciences et les arts.
Et que de traits caractéristiques n'offrent point ces nations nouvelles! Ici, ce sont les Germains; peuples où la coiMuplion des grands n'a jamais influé sur les petits, où l'indifférence des premiers pour la parie n'empêche point les seconds de l'aimer; peuples où l'esprit de révolte et de fidélité, d'esclavage et d'indépendance, ne s'est jamais démenti depuis les jouis de Tacite.
Là , ce sont ces Bataves qui ont de l'esprit par bon sens, du génie par industrie, des vertus paifroideur, et des passions par raison.
L'Italie aux cent princes et aux magnifiques souvenirs, contraste avec la Suisse obscure et républicaine.
L'Espagne, séparée des autres nations, présente encore à l'historien un caractère plus original : l'espèce de stagnation de mœurs dans laquelle elle repose lui sera peut-être utile un jour; et, lorsque les peuples européens seront usés par !a corruptiûu , elle seule pourra repar(îître «vec éclat sur la