‹ Le génie du christianisme (volume 5)Chapitre 66 sur 81 · PHILIPPE DE C01\OIINES ET ROLLIN · texte numérisé non relu

PHILIPPE DE C01\OIINES ET ROLLIN

Un chrétien a éminemment les qualités qu un ancien demande de l'historien... un bon sens pour les choses du monde, et une agréable expression '.

Comme écrivain des Fies , Philippe de Commmes ressemble singulièrement à Plutarque; sa simplicité est même plus franche que celle du biographe antique : Plutarque n'a souvent que le bon esprit d'être simple ; il court volontiers après la pensée : ce n'est qu'un agréable imposteur en tours naïfs.

A la vérité il est plus instruit que Commines, et néanmoins le vieux seigneur gaulois , avec l'Evangile et sa foi dans les ermites, a laissé, tout ignorant qu'il étoit, des mémoires pleins d'enseignement. Chez les anciens il falloit être docte pour écrire; parmi nous, un simple chrétien, livré, pour seule étude, à l'amour de Dieu, a souvent composé un admirable volume ; c'est ce qui a fait dire à saint Paul : « Celui qui, dépourvu de la charité, s'imagine être éclairé , ne sait rien. »

Rollin est le Fénelon de l'histoire, et, comme lui, il a embelli l'f^gypte et la Grèce. Les premiers volumes de Y Histoire ancienne respirent le génie de l'antiquité : la narration du vertueux recteur est

• Lucien, Comment il fan' ''crue l'histoire, traduct. de Racine

pleine, simple et tranquille; et le christianise. . attendrissant sa plume, lui adonné quelque chose qui remue les entrailles. Ses écrits décèlent cet homme de bien dont le cœur est une fête continuelle^, selon l'expression merveilleuse de l'Ecriture. Nous ne connoissons point d'ouvrages qui reposent plus doucement l'âme. RoHiri a répandu sur les crimes des hommes le calme d'une conscience sans reproche, et l'onctueuse charité d'un apôtre de Jésus-Christ. I\e verrons-nous jamais renaître ces temps on l'éducation de la jeunesse et l'espérance de la postérité étoient confiées à de pareilles mains !

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