‹ Le génie du peupleChapitre 22 sur 45 · ADAM DELA H ALLE I · texte numérisé non relu

ADAM DELA H ALLE I

A chaque pas je m'arrête et je vois

Mainte beauté dont la grâce rieuse

Me fait songer à celle qu'autrefois

Mes yeux trouvaient si fraîche et savoureuse !

(Chanson XXXII).

Le mariage de Maître Adam semble avoir eu lieu vers cette époque. Il idolâtrait celle qu'il nomme Dame Marie; il l'épousa, puis il la quitta, et parla d'elle avec une légèreté quelque peu cruelle, dans le Jeu Je la Feuillée. On lui a reproché fort ce manque de délicatesse et de galanterie. Mais qui sait les griefs qu'il pouvait avoir contre elle? C'est elle peut-être qui avait accrédité le oruit qu'Adam n'avait pas le haut du corps parfaitement régulier; il se vengea hochuemem, pour employer le mot qui lui fut si sensible.

Il reprit l'habit de clerc, et se consola par la religion et la poésie. Ainsi que certains poètes du Nord, et avec une puissance bien originale, il unissait la plus vive hardiesse d'esprit, la plus grande chaleur de cœur, à un sentiment ingénument et profondément pieux. Comme pénitence, pour racheter ses rimes satiriques contre l'épouse délaissée, il composa, en l'honneur de la Vierge sainte, deux de ses plus belles chansons.

En voici quelques vers, avec une écriture modernisée mais fidèle :

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