‹ Le génie latinChapitre 30 sur 59 · La fameuse Comédienne, p · texte numérisé non relu

La fameuse Comédienne, p

Fameuse Comédienne^ qui paraît bien informé, l'enfant fut nourrie en Languedoc chez une dame d'un rang élevé. Il faudrait croire alors qu'elle avait pour père un homme de qualité. Molière, quand il se rendit à Lyon, la prit avec lui. Et ce serait cette petite Menou, dont parle Chapelle, dans une jolie lettre à Molière. Chapelle, qui sent bien agréablement l'avril aux champs, écrit à sonajni :

Toutes les beautés de la campagne ne vont faire que croître et embellir, surtout celles du vert, qui nous donnera des feuilles au premier jour, et que nous commençons à trouver à redire depuis que le chaud se fait sentir. Ce ne sera pas néanmoins encore sitôt; et pour ce voyage il faudra se contenter de celui qui tapisse la terre, et qui, pour vous le dire un peu plus noblement.

Jeune et faible rampe par bas Dans le fond des prés, et n'a pas Encor la vigueur et la force De pénétrer la tendre écorce Du saule qui lui tend les bras.

La branche amoureuse et fleurie, Pleurant pour ses naissants appas, Toute en sève et larmes l'en prie.

Et, jalouse de la prairie.

Dans cinq ou six jours se promet De l'attirer à son sommet.

Et Chapelle ajoute :

Vous jnontrerez ces beaux vers à mademoiselle

Menou seulement; aussi bien sont-ils la figure d'elle et de vous^..

Menou suivit la troupe comique et joua de petits rôles.

Ce qui est certain c'est que, du temps de Molière, personne ne doutait qu'Armande ne fût fille de Madeleine. Je ne citerai pas la lettre de Racine à son ami Le Vasseur. Ou ne sera pas embarrassé de la trouver. Je me contenterai de rapporter cette note de Brossette : a: M. Despréaux m'a dit que Molière avoit été amoureux premièrement de la comédienne Béjart, dont il avait épousé la fille ^. »

Armande était gracieuse et jolie. Les malveillants qui lui refusent d'avoir jamais été belle sont réduits à reconnaître qu'elle ne s'était pas étudiée en vain à plaire. « La petite Béjart, est-il dit dans la Fameuse Comédienne, n'avoit pas encore, dans sa grande jeunesse, ces manières qui, sans aucuns traits de beauté, l'ont rendue si aimable au goût de bien des gens. » Et l'on fut d'accord qu'elle « représentoit Psyché à ravir ».

Molière marié créa Arnolphe et donna VEcole

1. Lettre écrite de la campagne à M. de Molière, dans Recueil des plus belles pièces des poètes français... depuis Villon jusqu'à M. de Benserade, t. V.

Page 1