‹ Le génie latinChapitre 38 sur 59 · Préface du Jardin des Racines grecques · texte numérisé non relu

Préface du Jardin des Racines grecques

la vie des rêves, des fantômes, de belles images et de s'abîmer dans leur néant aimé. Quand M. de Saint-Cyran disait, dans la maison où tout appuyait ses paroles, que Virgile s'était damné pour avoir écrit ses beaux vers, il devait, aux yeux d'un écolier sensible, répandre sur l'ombre de Didon un charme mélancolique et délicieux. La religion offre aux âmes voluptueuses une volupté de plus : la volupté de se perdre.

On raconte que la jeune imagination de Racine se troubla, dans le silence des salles d'étude et dans la paix des chapelles, aux paroles d'amour du roman de Théagène et Chariclée. Les poètes voient flotter en eux de belles images bien avant le temps où ils savent les exprimer.

Racine avait dix-neuf ans quand il sortit de Port-Royal pour suivre le cours de philosophie du collège d'Harcourt. A peu de temps de là, il s'établit près de son oncle Vitart, à l'hôtel de Luynes, où il respira l'air du siècle. Il était alors fort lié avec un petit abbé qui avait « le cœur très tendre et très disposé à recevoir les douces impressions de l'amour* ». Le Vasseur fréquentait les comédiennes et portait dans les ruelles l'habit blanc de Saint-Jean-des- Vignes.

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