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CHAPITRE XV

Le fétichisme. — L'inversion sexuelle,

Le fétichisme est une forme d'anomalie psychique qui consiste essentiellement à attribuer à un objet, à une réunion d'objets ou, plus simplement, à un geste, une valeur qu'ils ne possèdent pas en réalité, en ajoutant cette précision que l'idée de puissance accompagne nécessairement celle de fétiche. Il y a d'abord les fétiches religieux en tête desquels se placent les fétiches-dieux de certains sauvages. Viennent ensuite les fétiches protecteurs, puis les fétiches agressifs; les fétiches protecteurs comprennent un certain nombre d'objets auxquels les gardiens du dogme reconnaissent une propriété surnaturelle : ainsi les reliques des saints sont l'objet d'un culte non pas en tant qu'objets, mais en tant que représentation et participation aux vertus surnaturelles de leurs possesseurs. A côté d'eux viennent se placer un certain nombre d'objets dont la valeur propitiatoire se rattache à une idée, mais qui n'ont plus en réalité qu'une valeur symbolique : médailles, scapulaires, etc. L'idée de représenter son ennemi par une image et de frapper cet ennemi en frappant l'image, l'envoûtement, constitue un fétichisme agressif. Le joueur qui porte de la corde

de pendu ou tout autre objet de même genre, croit posséder un instrument dont la possession influencera favorablement le sort. La conservation d'un objet ayant appartenu à une personne profane, une fleur, des cheveux provenant d'une personne aimée, se rattache chez l'amoureux à la représention psychique de l'objet aimé en même temps qu'à une idée de continuité dans la présence de cet objet. C'est encore une forme de fétichisme.

Au lieu de rattacher l'idée amoureuse à un « souvenir », celle-ci peut se localiser sur une partie du corps de l'être aimé ; il en résultera un état mental tel que le fétichiste amoureux éprouvera une jouissance infinie à toucher la main, le pied, le soulier, les cheveux, une étoffe appartenant ou recouvrant la personne qu'il aime, et qu'à un degré de plus ce contact lui semblera préférable au contact plus positif de l'amour sexuel.

Nous abordons ici un domaine particulièrement ardu, celui des perversions sexuelles, qui nous conduit tout droit à l'étude des inversions, déformation mentale congénitale ou acquise, dont le rôle dans le domaine littéraire a été considérable. Ce n'est pas ici le lieu d'établir une classification précise à l'instar de Krafft-Ebing des différentes formes de ces troubles de la sexualité. Leur nombre est trop considérable et leurs variétés sont trop complètement dissociées dans l'œuvre du savant allemand. Il semble d'ailleurs que ce soient surtout les manifestations homosexuelles qui aient déterminé les phénomènes mentaux qui nous intéressent le plus dans cette étude. En remontant ur peu haut, nous en trouverons des exemple, dans presque toute l'histoire littéraire.

Pétrone nous a raconté Giton, Virgile chante :

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