‹ Le genre PolygordiusChapitre 16 sur 58 · VII. Appareil digestif · texte numérisé non relu

VII. Appareil digestif

nutritives semble se faire non par la surface des plateaux canaliculés, mais par les faces latérales des cellules épithéliales qui sont incomplètement soudées les unes aux autres dans la moitié de leur hauteur. Les grains de sable et les matières non absorbables ou non absorbées sont évacués par l'anus.

Il me reste à parler d’un singulier parasite que j'ai trouvé en grande abondance dans l’intestin du P. neapolitanus. C’est une Grégarine appartenant au groupe des Monocystidae, s. str. (Bürscau1). Je l’appellerai:

Monocystis foliacea. — Divers auteurs ont renseigné des Monocystis vivants chez des Annélides, soit dans les organes sexuels soit dans la cavité du corps, soit dans le tube digestif. Telles sont: la Monocystis agilis (Srein) et la M. magna (A. Scaminr) qui se trouvent dans les organes sexuels des Lombrics; l’Urospora Saenuridis (KürriKEr) des organes sexuels de Tubifex rivulorum ; Va Monocystis Enchytraei (KürriKxer) de l'intestin d'Enchytraeus albidus; la G'onospora Terebellae (KürriKER) de l'intestin de Audouinia Lamarckü; la G'onospora (Gregarina) Cirratuli (Rax- LaxkesTEeR) de l'intestin d'un Cirratulus; la Monocystis sagittata (XxucxarT) de l'intestin de Capitella capitata ; Ya Monocystide rencontrée par CLAPARÈDE dans l'intestin d’un Phyllodoce; la Monocystis Aphroditae (Ray-Laxkesrer) de l'intestin de Aphrodite aculeata; la Monocystis Telepsavi (A. Sruart) de l'intestin de Telepsavus Costarum.

La Monocystis foliacea, nov. sp., a le corps allongé, fusiforme et fortement aplati dans un plan parallèle à son grand axe. Un léger renflement en forme de disque se trouve à l’une des extrémités du fuseau. Le disque porte quelques faibles protubérances latérales et se termine souvent par un petit rostre. C’est l'organe de fixation de la Monocystis (pl. 8, fig. 8, 9, 10). Le corps est délimité et protégé par une membrane mince mais résistante à contour simple; c’est l’épicyte de SCHNEIDER.

Il n'existe sous la cuticule aucune couche fibrillaire de quelque nature qu'elle soit, ni stries longitudinales ni fibrilles transversales, rien de ce que ScaxeIDER appelle le sarcocyte. Le corps protoplasmique (endocyte de ScHaNEIDER) présente partout la même constitution, il est finement et régulierement granuleux dans toute son étendue. — Seul le bouton terminal est parfaitement hyalin. On distingue déjà vers le milieu du corps chez le vivant une masse subrectangulaire ou sub-ovale dont le grand axe est souvent perpendiculaire à celui de l’animal. Cet élément qui ressemble à une grosse vacuole claire et d'aspect réfringent c’est le noyau (pl. 8, fig. S, 9). — Le protoplasme se colore en jaune clair et le noyau en rose apres l’action de l'acide osmique et coloration par le picrocarminate d’ammoniaque. De fines ponctuations apparaissent alors dans le noyau ainsi que plusieurs gros nucléoles, ordinairement deux, diamétralement opposés l’un à l’autre (pl. 8, fig. 10). — Quand on examine par transparence un de ces parasites dans l'intestin d’un Polygordius vivant, on voit qu'il est fixé, par son extrémité renflée, à l’épithélium intestinal. Le corps flotte librement dans la cavité digestive. Il est animé d’un mouvement ondulatoire propre, indépendant de celui qui peut lui être communiqué par la paroi ciliée du tube digestif, par le liquide ou les substances solides que renferme celui-ci. J'ai pu reconnaître sur des sections longitudinales de Polygordius, la façon dont sont fixés ces parasites

à l’épithélium de l'intestin. La partie terminale renflée pénètre dans une cellule épithéliale

9 1° Partie. Anatomie, histologie et physiologie.

et par là y adhère solidement. Si les Grégarines ne s’accrochaient pas de la sorte à la paroi du tube digestif, elles ne pourraient sy maintenir. Le mouvement ciliaire de l’épithélium, les contractions des sphincters et des champs musculaires les auraient bientôt expulsées. Bürscarr a découvert il y a quelques années que la Monocystis magna adhère à la paroi des entonnoirs vibratiles des testicules du Lombric en se fixant par son extrémité différenciée, dans les cellules caliciformes de l’épithélium de cet organe. Ce sont là les deux seuls Monocystis qui, à ma connaissance, menent une vie sédentaire, toutes les autres sont libres dans les organes qu’elles ont envahi. — Les Monocystis foliacea peuvent vivre pendant un certain temps en dehors du tube digestif de leur hôte, soit dans de l’eau de mer, soit dans un liquide indifférent. On les voit alors se tordre autour de leur axe longitudinal ou s’enrouler autour de leur axe transversal, mais elles sont completement incapables de progresser dans une direction déterminée ou d'accomplir un mouvement de translation quelconque comme le font beaucoup de Grégarines.

La Monocystis foliacea differt de toutes les autres espèces par des caractères bien tranchés. C’est de la Monocystis Telepsavi qu'elle se rapproche le plus. Elle sen éloigne par sa

forme foliacée typique et l'absence de striation quelconque sous la cuticule.

Page 1