‹ Le genre PolygordiusChapitre 15 sur 58 · VII. Appareil digestif · texte numérisé non relu

VII. Appareil digestif

gland cells implantées dans un stroma hyalin mêlé à des fibres musculaires (with muscular fibres. J'ai bien vu chez le P. neapolitanus que l’épithélium de l’oesophage repose sur une membrane cellulaire résistante, mais celle-ci n’est autre chose que le péritoine et ne présente aucun élément musculaire. C’est sur elle que s’'inserent les muscles rétracteurs du pharynx. C’est aussi sur elle que se fixent les brides nombreuses qui sont tendues entre l’oesophage et la paroi du corps. TL’oesophage est soutenu par une double membrane longitudinale et verticale fixée à la voûte de la cavité du segment céphalique sur la ligne médio-dorsale. C’est un mésentere dorsal en continuité de substance avec ce que nous appelerons portion splanchnique du péritoine (pl. 6, fig. 2, 3, 4). — Le plancher de la gouttiére oesophagienne repose sur une couche cellulaire compacte granuleuse contenant des noyaux de cellules. Cette couche est en rapport avec la portion somatique du péritoine qui recouvre les champs musculaires ventraux (pl. 6, fig. 2, mes.).

L'intestin proprement dit s'étend du premier anneau du tronc jusqu'au dernier exclusivement. Il présente sensiblement les mêmes dimensions d’un bout à l’autre de son parcours. Sa forme est différente suivant que le ver est étendu ou contracté, selon qu'il est vu par la face ventrale ou dorsale, ou bien latéralement. Quand les champs musculaires longitudinaux sont distendus et que les sphincters des dissépiments sont relâchés, il se présente comme un tube à paroi extérieurement rectiligne. Si au contraire les muscles sont rétractés, il affecte, vu latéralement, la forme d’un tube sinueux (pl 3, fig. 1 et 5, pl. 6, fig. 10). Il parait vu du côté du dos ou du ventre, étranglé au niveau de chaque dissépiment (pl. 3, fig. 2, 3, 4, 6, 7,8). Scaneiner (PS) avait déjà remarqué cette particularité chez le P. lacteus. — Cela provient de la disposition des muscles circulaires, annexes des septa. Nous avons vu plus haut que ceux-ci consistent en anneaux interrompus sur la ligne médio-dorsale et médio-ventrale par les mésentères supérieurs et inférieurs. Quand ces éléments musculaires se contractent ils agissent seulement sur les faces latérales de l'intestin. Les étranglements déterminés par leur action ne sont visibles par conséquent que par la face ventrale ou dorsale. Pour que l'on puisse les voir lorsque le ver est couché sur le côté, il faudrait que les muscles forment un sphincter annulaire complet autour du tube digestif. Ce n’est pas le cas. Les portions de l'intestin situées entre les étranglements affectent diverses formes suivant que les sphincters des dissépiments sont plus ou moins rétractés et que l'animal est plus ou moins étiré en longueur: ce sont des cylindres, des ovales allongés, des fuseaux (pl. 3, fig. 2, 3, 4, 6,8, pl. 9, fig. 9).

La disposition des bandes musculaires annexes des dissépiments en deux lames latérales et leur mode d'action est déterminée par la forme même du tube digestif. En effet lors même que les muscles sont à l’état d'extension l'intestin ne se présente pas comme un tube cylindrique régulier mais comme un tube ovalaire dont le grand axe est dorso-ventral. Cette disposition est nettement accusée sur les coupes transversales du tronc (pl. 6, fig. 5, pl. 8, fig. 1, pl. 9, fig. 1, 11,12, 14, 15). C’est une ellipse dont l’axe est longitudinal et vertical comme l'avait déjà très bien remarqué ScaneIbEr (PS) et comme l’a figuré M° Ixrosx (P 14).

1° Partie. Anatomie, histologie et physiologie. 8 pay 6

La portion terminale de l'intestin change de forme dans le dernier anneau du tronc. Nous l’appellerons rectum. Son diamètre dorso-ventral diminue (pl. 6, fig. 7) jusqu'à devenir égal au diamètre transversal (pl. 6, fig. S). Il s’élargit au niveau de l'anneau glandulaire préanal, puis s'atténue progressivement jusqu'à l'anus (pl. 3, fig. 5 et S). Il présente de nombreux plis sur tout son parcours. La paroi de l'intestin est peu épaisse et présente la même strueture dans toute son étendue. Elle est formée par une couche unique de cellules épithéliales. Celles-ci sont cuboïdes ou sub-cylindriques et paraissent plus ou moins nettement séparées les unes des autres selon les réactifs que l’on emploie. Leur face libre est bombée et revêtue d’un plateau canaliculé garni lui-même de cils vibratiles. Du côté opposé à la cavité digestive, elles sont planes. Le protoplasme a une couleur verdätre où jaune sale chez le vivant et contient des granulations plus où moins nombreuses, plus ou moins grosses. La teinte et la quantité des granules que contiennent les cellules varie avec l'état physiologique de l'organe. Quand l'animal est à jeun, les cellules de l’intestin sont incolores et finement granuleuses; quand, au contraire: il est en pleine digestion, les cellules atteignent leur maximum de coloration et renferment les plus grosses granulations. Les noyaux grands, sphériques occupent ou le milieu des cellules ou plus souvent le fond. Ils présentent à leur intérieur plusieurs corpuscules réfringents (pl. 6, fig. 5, pLS, fig. 7, pl. 9, fig. 1, 11, 12, 15). Sur la plupart des sections transversales de l'intestin on remarque une portion de la paroi différenciée sur la ligne médio-ventrale. Elle affecte la forme d'un diverticulum proéminant dans la cavité digestive. Dans cette partie les cellules sont plus hautes et disposées en éventail (pl. 9, fig. 1, 11, 12, 15). La paroi du rectum présente la même constitution histologique que celle de l'intestin proprement dit.

L'épithélium de l'intestin repose directement, chez le P. neapolitanus et le P. appendiculatus, sur la portion splanchnique du péritoine. Je n'ai jamais pu reconnaître en aucun point de sa paroi ni une couche musculaire longitudinale ni une couche de fibres circulaires, comme c'est le cas chez la plupart des Annélides. ÆEn effet je ne considère pas les sphincters musculaires qui existent en avant de chaque septum comme appartenant à la paroi du tube digestif mais comme annexes des dissépiments. Je partage en cela l'avis de PERRIER (P 13). — Ce savant dit que le P. Villoti a l'intestin pourvu de couches musculaires longitudinales et transversales que l’on trouve chez les autres Annélides. Je n'ai guere pu me convaincre de l'existence d'une couche musculaire longitudinale à la surface du tube digestif de ce Polygordius, quoique j'aie fait dans ce but des séries de sections transverses. Le feuillet viscéral du péritoine est plus épais et plus consistant chez le P. Villoti que chez le P. neapolitanus ; peutêtre pourrait-on considérer sa portion profonde comme représentant une couche de muscles circulaires ?

Les Polygordius comme l'avait déja remarqué Me Ixrosx (P 12), avalent des grains de sable et avec ceux-ci des organismes inférieurs tels que Protozaires, Algues etc. dont ils font leur nourriture. Ces particules solides cheminent dans le tube digestif, d'avant en arriere, de la bouche vers l'anus, grâce au mouvement ciliaire de l’épithélium vibratile, grâce aussi aux

mouvements rhythmiques des sphincters et de la paroi du corps. L’absorption des matieres

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