IX. Appareil circulatoire
b) Appareil hématique.
Le système vasculaire consiste essentiellement en un vaisseau longitudinal médio-dorsal et un vaisseau longitudinal médio-ventral, s'étendant dans toute la longueur du cerps. Is communiquent entre eux par une double anse dans chaque somite du tronc. Les deux canaux longitudinaux sont réunis dans le segment céphalique par une commissure oblique provenant du vaisseau ventral. Celle-ci contourne le tube digestif, et les deux branches qui la constituent vont se jeter dans le tronc dorsal au-dessus de la bouche (pl. 3, fig. 7). — Enfin, les anses latérales à partir du 10% segment jusqu’à l’avant-dernier exclusivement portent vers le milieu de leur parcours un rameau vasculaire qui chemine d'avant en arrière sur presque toute la longueur de chaque anneau et qui se termine en cul-de-sac (pl 3, fig. S et pL. 3, fig. 9). Le vaisseau dorsal s'étend du deuxième tiers du segment céphalique au premier tiers du dernier anneau du tronc. Le vaisseau ventral n’intéresse que le tronc, du premier anneau jusqu'au dernier. — Le vaisseau dorsal a un calibre plus fort que celui du vaisseau ventral. Le diamètre des anses vasculaires n’est pas constant; ceux-ci étant souvent noueux. Les rameaux en cul-de-sac sont d'ordinaire renflés à leur extrémité aveugle.
Les deux canaux longitudinaux cheminent respectivement dans l'épaisseur des mésenteres dorsal et ventral. Les anses vasculaires qui les réunissent dans le tronc sont creusées dans la paroi des dissépiments ou situées un peu en arrière. Quant aux rameaux en cul-de-sac ils ont leur siège dans le feuillet somatique du péritoine, le long des champs musculaires longitudinaux, vers le milieu des faces latérales. La commissure vasculaire qui réunit dans la tête le vaisseau ventral au vaisseau dorsal ne suit pas la paroi du tube musculo-cutané. Elle traverse obliquement la cavité du corps, de bas en haut, de dedans en dehors. Elle atteint la paroi du corps vers le milieu des faces latérales pour pénétrer dans les tissus qui forment la voûte de la cavité en ce point et pour se jeter enfin dans le vaisseau dorsal au dessus de la bouche (pl. 6, fig. 4, 3, 2; 1 et pl. 5, fig. 12, an. v.).
Telle est la disposition de l'appareil vasculaire chez le P. neapolitanus. Elle ne serait pas identique chez toutes les espèces. D’après ScaNeiDER, il n'existe chez le P. lacteus qu'un vaisseau longitudinal dorsal présentant une paire de diverticules latéraux se terminant en arriere en cul-de-sac dans chaque dissépiment et formant un anneau complet autour de l’oesophage (PS pl. 2, fig. 4). Rasewsxr (P11) a observé chez un Polygordius, les vaisseaux ventral et dorsal, mais il n’a pu déchiffrer leurs rapports dans la tête et il n’a pas vu d’anses latérales. Le P. Villoti (P13) ne possede pas de rameaux latéraux en cul-de-sac. Son appareil vasculaire s’écarterait encore de celui de P. neapolitanus, en ce que le vaisseau dorsal présentait en avant 2 bifurcations verticales, terminales en rapport avec 2 autres branches obliques provenant d’un point situé plus en arriere sur le même vaisseau. Je pense que PERRIER a fait confusion ici et qu'il a cru que les deux branches obliques de bifurcation du vaisseau
ventral appartenaient au vaisseau dorsal. — Le P. erythrophthalmus (P 16) possède un système
Zool. Station z. Nespel, Fauna u. Flora, Golf v. Neapel. Polygordius. 4
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vasculaire fort semblable à celui du P. neapolitanus; toutefois les rameaux en cul-de-sac font défaut.
Les vaisseaux dorsal et ventral n'ont pas de paroi propre dans le tronc chez le P. neapolitanus. Ils proviennent de l’écartement des deux feuillets du mésentere, au contact du tube digestif. C’est l'épithélium du mésentere et du tube digestif qui les circonscrit. On peut s’en assurer en examinant des séries de coupes longitudinales et transversales du tronc (pl. 9, fig. 1, 11, 12, 14, 15). Il n’est pas toujours facile de s’en convaincre par l'examen de sections transversales quoiqu'il arrive qu'on en trouve où cela est évident (pl. 9, fig. 11, 12). Les coupes longitudinales sont plus démonstratives. D'ailleurs l’histoire du développement de ces vaisseaux confirme completement cette observation comme nous le verrons dans un autre chapitre. — Les tissus du tronc dans lesquels cheminent les autres parties de l'appareil circulatoire ne montrent pas d'avantage une différenciation histologique de leurs éléments cellulaires autour des cavités vasculaires, à tel point qu'on ne peut les distinguer sur des sections transversales ou longitudinales. Il n’y a d'exception que pour la portion située dans le segment céphalique. L’extrémité antérieure du vaisseau dorsal qui se trouve dans la tête présente dans l’épaisseur du mésentere une paroi différenciée (pl. 6, fig. 1, 2, 3, 4) Il en est de même de la commissure vasculaire oesophagienne qui n’est que le prolongement du vaisseau ventral bifurqué (pl. 6, fig. 1, 2, 3, 4, 9). On peut reconnaitre dans cette portion que les vaisseaux sont circonscrits par une couche de cellules endothéliales fortement aplaties.
SCHNEIDER (PS8) avait déjà remarqué que le vaisseau dorsal se trouvait enkysté dans le mésentere chez le P. lacteus. Pour lui tous les vaisseaux auraient une paroi propre. — Ra- JEWSKI (P11) à vu aussi que le vaisseau dorsal est creusé entre les lames du mésentere. Toutefois la fig. 14 de son mémoire où l’on voit en «a la section du vaisseau dorsal et sur laquelle il s'appuie pour arriver à cette conclusion n'appartient pas, d'apres moi, à un Polygordius mais au Protodrilus purpureus.
Le vaisseau dorsal est le siège chez le Polygordius étudié par Rayewskt (P 14) de contractions et d'élargissements périodiques ayant pour résultat de refouler son contenu d’arriére en avant, Ce tronc vasculaire n'ayant pas de paroi propre, je ne peux guere m'expliquer comment se font ces mouvements rhythmiques. Je n'ai pu constater de circulation régulière dans les vaisseaux, pas plus que de contractions périodiques chez le P. neapolitanus. Selon que telle ou telle partie du système musculaire est mise en action, le liquide est refoulé dans une ou l'autre portion des vaisseaux. D’après Scangiper (PS) il n’y a pas d'avantage de circulation vasculaire chez le P. lacteus. Le liquide paraît ne contenir aucuns éléments figurés sauf chez une des espèces étudiées par Rasewskr (P11). Celui-ci décrit de petits corpuscules comme étant tenus en suspension dans le liquide des vaisseaux.
Le liquide hématique (V 4x BENEDEN) est diversement coloré chez les Polygordius. est rouge chez le P. lacteus (PS), incolore chez l’un des Polygordius vus par Rasewskr (P 11) à Helgoland, vert chez le P. erythrophthalmus (P 16), jaune citron chez le P. neapolitamus, presque incolore chez
le P. appendiculatus. Je considere le liquide contenu dans le système de vaisseaux clos comme