‹ Le genre PolygordiusChapitre 20 sur 58 · X. Appareil excréteur · texte numérisé non relu

X. Appareil excréteur

Il existe une paire d'organes segmentaires dans chaque anneau du corps, sauf dans les segments céphalique et anal. Ces organes sont d’une simplicité remarquable. Chacun d'eux consiste en un tube simple non enroulé, ayant partout le même diametre, excepté à l’une de ses extrémités ou il est élargi. Ce tube chemine latéralement dans l’épaisseur de la portion somatique du péritoine en suivant une direction rectiligne dans les ?/; antérieurs du segment; puis il se recourbe à angle presque droit, traverse la couche de muscles longitudinaux dans toute son épaisseur, gagne l'hypoderme et débouche à l'extérieur. Son orifice externe circulaire ou sub-ovale est situé latéralement du côté de la face dorsale Le canal segmentaire communique avec la cavité du corps par son extrémité renflée. Celle-ci a la forme d'une cupule surbaissée, allongée transversalement dont la paroi sinueuse présente une fente latérale du côté interne (pl. 7, fig. 13): c’est l’entonnoir segmentaire. Il est en partie enclavé dans l'épaisseur du septum au niveau du point où celui-ci est en contact avec la paroi du corps. Il proémine par ses bords à la surface antérieure du dissépiment (pl 7, fig. 12 0.s.). Des cils nombreux et délicats tapissent la face interne de l’entonnoir, les bords de la fente latérale et la paroi du canal dans toute son étendue. Le mouvement vibratoire se fait de dehors en dedans pour l’entonnoir, et d'avant en arriere dans le canal. L'ensemble des cils en mouvement, vus à un faible grossissement, donne l'illusion d'un long fouet ondulant. On voit de petits corpuscules s’engouffrer dans l’entonnoir, quand on examine attentivement l'orifice de celui-ci pendant un certain temps.

La constitution et le fonctionnement des organes segmentaires se reconnaissent facilement chez le vivant par un examen attentif. Au contraire quand les vers sont morts et traités par divers réactifs, la paroi du canal s’affaisse sur elle même et l’on ne peut plus rien en distinguer. Il est fort difficile aussi de retrouver ces organes sur des sections transversales ou horizontales. On les cherche souvent en vain sur plusieurs centaines de telles coupes. Je ne peux donc rien dire de positif quant à la structure histologique de ces éléments. Toutefois l'histoire du développement permet d'affirmer que la portion hypodermique du canal tout au moins est creusée dans l'épaisseur des cellules et non intercellulaire.

SCHNEIDER (PS) a reconnu l'existence des organes segmentaires chez le P. lacteus. Il a bien vu leur direction mais non leur position exacte ni leur communication avec l'extérieur (PS pl. I, fig. 3). — Perrier (P12) et Grar (P16) ont remarqué que chez le P. Villoñi et chez le P. erythrophthalmus les organes segmentaires sont des canaux droits dans toute leur

étendue. Ils ont échappés aux autres observateurs.

28 1° Partie. Anatomie, histologie et physiologie.

XI Système nerveux.

J'ai fait une étude tres approfondie du système nerveux des Polygordius et je suis arrivé à des résultats fort inattendus. Mes prédécesseurs n’ont fait que des observations superficielles du système nerveux central; ils n’ont rien vu du système nerveux périphérique. Je donnerai ici textuellement ce qu'ils en disent. Scanner (PS8) s'exprime ainsi: » Em Nervensystem liess sich nicht nachweïisen, doch scheint am Mund ein Ganglion zu liegen. Es wäre jedoch gewiss falsch, dem Polygordius deshalb ein Nervensystem absprechen zu wollenc.

Rasewsk1 (P11) aurait vu une fois le systeme nerveux central dans la tête chez l’un des Polygordius par lui étudiés (P11, fig. 11). Il aurait d’abord pris la moelle ventrale pour des faisceaux musculaires, mais il aurait reconnu bientôt que le système nerveux est formé sur la face ventrale du tronc, de deux bandes paralleles (P 11, fig. 14, 15»). Je pense que sa description et les figures qui s’y rapportent doivent être considérées comme se rattachant au Protodrilus purpureus. MC Ixrosx (P 12) a reconnu le système nerveux central du Polygordius (Linotrypane) apogon, ainsi que sa position caractéristique. Il décrit le cerveau comme constitué par deux masses en rapport avec la moëlle ventrale par un anneau oesophagien. Pour lui la chaîne nerveuse ventrale est constituée par deux cordons fibrillaires d’abord tres écartés lun de l'autre à l'extrémité antérieure, puis tres rapprochés dans le reste du corps. Il leur a distingué une gaine granuleuse et un revêtement cellulaire inférieur. Il a bien vu aussi la position de la moëlle ventrale par rapport aux organes sus-jacents. »It is somewhat difficult to make out the arrangement of the cephalic ganglia in the specimen; but they are situated in the snout near the eyes, and form two slightly tinted masses, terminating on each side in a buccal cord, which passes downwards to the ventral surface and extends along the body beneath the transverse band of the raphe. The cords are larger in front and somewhat farther apart, but throughout the rest of the body are closely approximated. The usual granular sheath surrounds them, and they are also protected by part of the cellular coat inferiorly.«

Perrier (P13) dans sa description sommaire du Polygordius Villoti, dit: »Sur une coupe transversale, on voit tout le long de la ligne médiane ventrale un épaississement, qui paraît au premier abord continu avec l’hypoderme, mais qu’une analyse plus minutieuse montre avoir une constitution plus complexe. J’ai des raisons de penser que c’est là le système nerveux. Mais ce point réclame encore quelques recherches «.

Giarp (P16) a donné aussi une courte description de son Polygordius erythrophthalmus. »Le systeme nerveux est formé par deux plaques sus-oesophagiennes, d’un collier et d’une chaine ventrale, placée immédiatement sous l’épiderme et très facile à étudier sur les coupes transversales. «

J'ai moi-même donné une description détaillée du systeme nerveux de Polygordius nea-

ou

politanus dans deux travaux publiés il y à un an.

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