XI. Système nerveux
n'ont rien de fixe dans leur forme, leurs dimensions, leur importance. Il varient d’un individu à l’autre; tandis qu'au contraire, les prolongements de la cavité du corps dans le segment céphalique, ont toujours la même position, les mêmes caractères, les mêmes dimensions. En arrière de la masse fibro-ponctuée, on distingue (fig. 10, 11, pl. 5) au centre la bande des cellules ganglionnaires (g. #?) qui forment le fond de la paroi postérieure du ganglion moyen. Cette bande se prolonge sous l’aspect de deux bourrelets jusqu’au niveau des fossettes vibratiles. En dehors on retrouve les ganglions postérieurs (fig. 10, 12, g. n°, pl. 5). Ceux-ci sont surtout développés en avant des fossettes vibratiles (fig. 10 et 12, g. », pl. 5). La figure 11 est une coupe transversale d’un autre individu que les précédentes. Elle passe par les fossettes vibratiles, juste au même niveau que la section figure 10. Elle est caractérisée par la netteté des cellules épithéliales de la fossette vibratile et par le faible développement des ganglions postérieurs. Les cellules paraissent toutes unipolaires dans les ganglions postérieurs; elles sont en rapport avec les cellules des fossettes vibratiles. Sur les coupes (fig. 11 et 12, e. m.) on remarque le muscle rétracteur des fossettes vibratiles.
On peut voir dans les différentes coupes transversales précédentes des prolongements de cellules ganglionnaires se perdre dans la masse fibro-ponctuée centrale, ou bien se diriger vers la surface de l’épiderme. Nous examinerons les rapports de ces éléments avec les cellules épidermiques de la surface quand nous traiterons du système nerveux périphérique.
Les commissures oesophagiennes, qui réunissent la moëlle au cerveau, prennent naissance à l'extrémité postérieure des faces latérales dans la masse fibro-ponctuée du ganglion moyen. Elles se présentent sous la forme de deux faisceaux de fibrilles nerveuses que l’on distingue déja sur la figure 10, c. e. n. Ces faisceaux se dirigent de haut en bas et de dedans en dehors pour gagner la profondeur des faces latérales. La figure 12 est une section transversale faite au niveau de la lévre antérieure de la bouche. On y remarque les commissures nerveuses coupées obliquemment et situées dans l'épaisseur de l’épiderme, au dessus des champs musculaires ventraux. Sur une coupe faite un peu plus en arriére, au niveau de l'orifice buccal (pl 6, fig. 1), on remarque ces cordons plus rapprochés de la face ventrale et toujours situés dans la partie profonde de la couche épidermique. Ils sont accolés à la face externe des champs musculaires ventraux. Ils ont la forme d'un ovale aplati (c.e. n.). Sur une coupe faite un peu en arriere de la bouche, au niveau de la région antérieure de l’oesophage (pl. 6, fig. 2), on retrouve les cordons qui ont gagné la face ventrale. Ils sont encore tres éloignés l’un de l’autre. Ils sont situés chacun dans une dépression anguleuse de la partie interne de l’épiderme. Ils sont sous-jacents à la base d'insertion des deux muscles transverses. Les cordons fibrillaires, depuis leur point d'origine dans le ganglion moyen, sont dépourvus d'un revêtement de cellules ganglionnaires. Ils ne sont séparés de la surface du corps que par la couche superficielle des cellules ectodermiques. Sur ufñe section faite un peu en arrière de la précédente, vers le tiers postérieur de la région oesophagienne (pl. 6, fig. 3), on rencontre les deux cordons, ayant la même position respective vis-à-vis l’un de l’autre; leur
diamètre transversal est un peu plus fort. I’épiderme à la face ventrale est devenu plus épais Zool. Station z. Neapel, Fauna nu. Flora, Golf v. Neapel. Polygordius. 5
34 1° Partie. Anatomie, histologie et physiologie.
et les cellules profondes ont pris, au voisinage des cordons fibrillaires, les caractères des cellules ganglionnaires nerveuses. On remarque sur une conpe plus postérieure encore, faite un peu en avant du premier dissépiment, qui sépare le segment céphalique du premier segment du tronc (pl. 6, fig. 4), que l’épiderme a la même épaisseur sur la face ventrale que dans la coupe précédente. La région profonde de l’épiderme, à cette face, est occupée par les deux cordons qui ont, ici, leur maximum d'épaisseur (fm. v.) Ils sont réunis par une large commissure transverse dans laquelle on peut reconnaître des fibrilles transversales et horizontales et des fibrilles verticales. Le tout est recouvert du côté de la face externe, par des cellules ganglionnaires (g. 2. v.) On trouve aussi quelques cellules nerveuses dans l'épaisseur des cordons. Les cellules superficielles de l’épiderme n’ont pas leur corps protoplasmique nettement limité. Celui-ci est finement granuleux, Les cellules les plus externes possedent un noyau allongé, fusiforme. Celles de la couche profonde ont pour la plupart un noyau arrondi comme les cellules nerveuses du cerveau.
A partir de ce point, les deux cordons fibrillaires restent soudés en une masse unique et médiane pour former avec les cellules ganglionnaires, qui les recouvrent, la moëlle ventrale proprement dite. Pour examiner la constitution de celle-ci, qui est la même dans toute la longueur du corps, considérons une coupe transversale faite au niveau d'un dissépiment du tronc (pl. 6, fig. 5). L'épiderme présente la même constitution sur toute la surface, sauf du côté du ventre. Extérieurement, il est recouvert d'une cuticule épaisse. Il est formé par une seule couche de cellules, mal définies, à protoplasme granuleux, à noyaux ovalaires, dont le grand axe est perpendiculaire à la surface du ver. Il est faiblement soulevé, en certains points, par la présence de glandes monocellulaires très distendues. Il est très épaissi à la face ventrale. Cet épaississement se présente en coupe transversale sous la forme d’un cône surbaissé à sommet interne, à base externe. Le sommet est occupé par la partie fibrillaire de la moëlle ventrale, limitée en dedans par la membrane basilaire de l’épiderme, en dehors par les cellules ganglionnaires. Beaucoup de prolongement, de ces cellules pénètrent dans la masse fibrillaire et contribuent à la formation du faisceau longitudinal; d’autres traversent verticalement la région fibrillaire, groupés souvent en deux petits faisceaux parallèles. Quand on examine cette région, à l’aide d’un faible grossissement, la partie fibrillaire de la moëlle parait triple; il semble qu'il existe deux cordons latéraux et une bande médiane. Ce sont les prolongements verticaux des cellules ganglionnaires qui donnent cette apparence. D'ailleurs, ceux-ci ne se rencontrent pas sur toutes les coupes transversales de la moëlle et alors on peut facilement reconnaitre, même avec un faible grossissement, que cette partie se constitue d’une masse unique et médiane (pl S, fig. 1 et fig. 2). On observe, sur certaines coupes, à la limite de la région fibrillaire et ganglionnaire de la moëlle, sur la ligne médiane, une ou plusieurs petites cavités. Ce sont les restes du sillon ventral que HarscHEek a décrit chez la larve. Cest comme le dit Harscner: le canal central de la moëlle. Celle-ci présente les mêmes caractères, dans toute sa longueur, en diminuant progressivement d'épaisseur depuis son origine jusqu'à
l'anneau glandulaire du dernier segment. A ce niveau, elle disparait, comme telle. On peut,