XI. Système nerveux
cependant, encore dans une coupe transversale faite en cet endroit (fig. 7), reconnaître vers la face ventrale et dans la profondeur de l’épiderme, la section de deux petits faisceaux longitudinaux de fibrilles. 11 existe quelques cellules ganglionnaires, mais elles ne sont plus groupées sur la ligne médio-ventrale; elles sont beaucoup plus disséminées. Il y a encore des éléments nerveux en arrière de l'anneau glandulaire, mais ils présentent une disposition et des
caracteres particuliers que nous étudierons plus loin.
C. Système nerveux périphérique. Sa constitution, ses rapports avec le système nerveux central.
Comme on a pu s'en convaimere par la lecture de la partie historique de ce chapitre, les auteurs qui se sont occupés des Polygordius n’ont rien vu du système nerveux périphérique chez l'adulte.
C’est surtout sur le Polygordius neapolitanus que mes investigations ont porté. Les méthodes employées ont été renseignées plus haut. Comme c'était à prévoir, l'étude des séries de coupes transversales et longitudinales ne m'a permis de reconnaitre qu'une minime partie de ces éléments nerveux.
Le gros nerf qui part des ganglions antérieurs et qui va former l'axe de chaque tentacule peut se poursuivre jusqu'au sommet de ceux-ci. Il est constitué d'un faisceau de fibrilles nerveuses dont les extrémités sont en continuité de substance avec la partie profonde des cellules épidermiques de la surface. Ces cellules sont immédiatement sous-jacentes à la cuticule, qui porte, disséminées à sa surface, de petites soies rigides. Celles-ci sont implantées dans la couche externe de la cuticule (pl. 7, fig. 2). Elles sont beaucoup moins nombreuses que les cellules épidermiques. Malgré tous les essais que j'ai faits pour y parvenir, je n'ai jamais pu voir de continuité directe entre les poils et les cellules sous-jacentes. Ces organes paraissent ne pas traverser la couche profonde de la cuticule. Quoiqu'il en soit, il est évident qu'ici les tentacules sont des organes du tact, du toucher, comme j'ai pu m'en convaincre par l'étude du ver vivant. Les soies rigides doivent jouer un rôle dans cette fonction. Les cellules sous-jacentes doivent recevoir les impressions du dehors par l'intermédiaire de ces soies et les transmettre aux ganglions antérieurs au moyen des fibrilles. Le nerf axial des tentacules est un nerf sensible. Certaines cellules nerveuses du ganglion moyen sont aussi reliées directement à des cellules épidermiques de la surface, dans le lobe frontal, par des prolongements nerveux. On peut déjà le voir sur certaines coupes longitudinales (pl. 4, fig. 2). On remarque aussi, sur la plupart des coupes transversales du segment céphalique, des prolongements fibrillaires des cellules épidermiques superficielles, qui pénètrent dans l'épaisseur de la masse fibro-ponctuée du ganglion moyen. Quelquefois, il est possible de reconnaitre les rapports de ces prolongements avec les cellules nerveuses des ganglions cérébroïdes (pl. 5, fig. 5, 6, 7, f.n). Les cellules épithéliales ciliées des fossettes vibratiles sont aussi en relation in-
time avec les cellules des ganglions postérieurs. Pour beaucoup d’entre elles le contact est
36 1° Partie. Anatomie, histologie et physiologie.
immédiat; de façon que les impressions reçues par les premieres sont transmises directement aux cellules ganglionnaires.
La moëlle ventrale ne fournit pas de gros nerfs sur son trajet chez le Polygordius. Dans des coupes longitudinales et verticales passant à travers la moëlle ventrale, j'avais déja pu observer que les cellules profondes de l’épiderme, qui ne sont autre chose que les cellules ganglionnaires sont, pour la plupart, pourvues d’un prolongement filiforme. Celui-ci tantôt se perd dans la région fibrillaire de cet organe, tantôt la traverse dans toute son épaisseur pour disparaître au niveau de la couche granuleuse, située sur la ligne médiane, sous le vaisseau ventral (pl. 4, fig. 3) ou bien au niveau de la membrane basilaire de lépiderme (pl. 4, fig. 4). En faisant des dilacérations de cette région, on peut arriver à isoler des prolongements de cellules ganglionnaires de la moëlle, encore attachés à ces cellules (pl. 4, fig. 7 et 8). On peut constater aussi que les cellules ganglionnaires sont unipolaires (pl. 4, fig. 8). Elles sont pourvues d’un gros noyau ovale entouré d’une mince couche protoplasmique contenant quelques granulations. De la face interne du corps cellulaire, correspondant toujours à l’un des pôles du grand axe du noyau, part un prolongement ayant les mêmes caractères que le protoplasme lui-même. Au niveau de la moëlle ventrale, les cellules épidermiques superficielles paraissent être le plus souvent en contact direct par leur face interne avec les cellules nerveuses sous-jacentes. Cependant, j'avais déjà cru voir sur certaines coupes que des cellules épidermiques superficielles étaient pourvues d’un prolongement interne. Celui-ci paraissait se diriger vers la couche ganglionnaire de la moëlle tandis que d’autres avaient le même prolongement qui se perdait au contact de la membrane basilaire. On peut reconnaitre, apres dilacération, qu'il en est bien ainsi Même sur des coupes transversales J'ai pu suivre des
prolongements nerveux de la moëlle ventrale jusque dans le mésentere (pl. 6, fig. 6).
D. Plexus nerveux intermusculaire.
Un plexus nerveux compliqué règne dans l’épaisseur des champs musculaires longitudinaux dorsaux et ventraux chez le Polygordius. On peut reconnaître son existence par des dilacérations et des demi-dilacérations. Les prolongements nerveux cheminent entre les lames musculaires. Ce sont de minces filaments ramifiés et anastomosés, contenant, par ci, par là, quelques granulations et présentant sur leur parcours de cellules ganglionnaires multipolaires, à protoplasme peu granuleux, à noyaux ovales (pl. 4, fig. 13, «) Ce plexus est moins compliqué et présente moins d’anastomoses dans les champs musculaires ventraux (fig. 6) que dans les champs dorsaux fig. 9). Les dernieres ramifications se mettent en relation avec les éléments musculaires. Chaque lame musculaire est parcourue à sa surface par des traïnées protoplasmiques finement granuleuses, sur le trajet desquelles on rencontre quelquefois un noyau de cellule ovalaire.
C'est toujours au voisinage du noyau qu'une ou plusieurs branches terminales du ple-
xus aboutissent. Elles se mettent en relation avec le protoplasme recouvrant la lame muscu-