XI. Système nerveux
laire (pl. 4, fig. 16). Ce plexus n’est pas seulement en rapport avec les prolongements des cellules ganglionnaires de la moëlle ventrale. Un grand nombre de cellules superficielles de l'épiderme sont directement en continuité de substance avec des branches de celui-ci. J'ai pu constater ce fait sur des sections (pl. 4, fig. 9) et à l’aide de dilacérations (pl. 4, fig. 11). On peut trouver des cellules superficielles épidermiques, renflées vers la base (fig. 11) où se trouve le noyau, ou bien en forme de massue (fig. 12), unies à des branches du plexus intermusculaire. Celles-ci sont en relation avec des cellules ganglionnaires qui sont en communication avec les éléments musculaires par d’autres branches du plexus. On peut considérer les prolongements en continuité avec des cellules de l’épiderme comme nerfs sensibles, ceux qui aboutissent aux lames musculaires comme nerfs moteurs, les cellules intermédiaires comme organes centraux. De cette disposition il résulte que les muscles ne sont pas exclusivement en relation avec les éléments de la moëlle. Dans la région dorsale notamment, les impressions reçues de l'extérieur peuvent être transmises directement aux cellules ganglionnaires du plexus intermusculaire, sans avoir besoin de passer par les éléments centraux de la moëlle. Les cellules nerveuses de ce plexus pourraient commander directement les muscles.
Dans la région du corps située immédiatement en arriere du bourrelet glandulaire postérieur, la moëlle ventrale n’existe plus et le second mode d’innervation des organes externes et internes subsiste seul. Il y a des cellules ganglionnaires dans l'épaisseur des muscles de la couche circulaire de cette région. Ces cellules sont, d’une part, en rapport avec les cellules épidermiques, de l’autre avec les organes internes, par des prolongements fibrillaires tels que ceux dont il a été question plus haut. On peut les reconnaître même sur des coupes (pl. 4, Ho RS Ce 7).
E. Organes de sens.
Les yeux manquent chez l'adulte de P. lacteus (PS), de P. Villoti (P 13) et de P. neapolitanus. Ts n'existent pas d’une façon constante chez le P. appendiculatus. Le P. apogon (P 12) et le P. appendiculatus P11) d'apres certaines observations ont des yeux noirs. Ils sont rouges chez le P. erythrophthalmus (P 16). D’après M° Ixtosn (P12) les yeux du P. apogon se présentent sous la forme de deux masses pigmentaires noires enkystées aux environs de la surface dorsale du groin. »Two eyes consisting of encapsulated masses of black pigment, are situated near the dorsal surface of the tissues of the snout.« — Rasewsxr renseigne et figure deux yeux noirs situés à la face inférieure de la tête chez l’un des Polygordius par lui étudiés et que je rapporte au P. appendiculatus (P 11, fig. 6 et 10). Ne s’agirait-il pas de jeunes animaux n'ayant pas encore perdu ces organes qui ne font jamais défaut chez les larves de toutes les espèces connues jusqu'ici? Ces yeux sont remplacés physiologiquement chez l'adulte de P. neapolitanus pax les masses pigmentaires oranges situées dans le fond de l'épithélium des fossettes vibratiles et sur la région antérieure de la levre buccale. Des corpuscules pigmen-
taires de même nature et de coloration identique sont répandus dans les principaux tissus du
3S 1° Partie. Anatomie, histologic et physiologie.
corps. Leur dissémination est irrégulière dans l’hypoderme est dans les dissépiments. Ils sont groupés en deux masses latérales allongées situées en arriere de chaque septum dans la couche somatique du péritoine. Cette dernière disposition est surtout très nette sur le tronc de P. appendiculatus. IL faut rapporter encore probablement à cette catégorie les corps pigmentaires qui flottent dans la cavité des somites. Les yeux cités par M£ Ixrosn, par Rasewski et par Grarp sont vraisemblablement les organes visuels proprement dits des larves qui persistent chez l'adulte. Il ne peut être question de considérer les taches pigmentaires du P. neapolitanus comme capables de pouvoir reproduire des images. Ce sont de simples masses pigmentaires contenues dans des cellules non différenciées des tissus les plus divers. Il est évident toutefois que ces cellules contenant du pigment doivent être affectées par la lumière différemment des cellules qui n’en contiennent pas. Comme ces cellules et notamment celles de l'hypoderme sont en rapport avec des centres nerveux, il suit que le ver peut avoir conscience de l’action de la lumiere sur ces éléments par l'intermédiaire du protoplasme de ces mêmes cellules. Ainsi suivant que la lumière affecte plus ou moins le pigment, l'animal pourrait constater quand il change de place, sil se rapproche de la surface de l’eau ou s'il s'enfonce plus profondement. Sans doute ces organes ne doivent plus être d'une grande utilité pour des animaux vivant enfouis dans le sable, mais ils doivent Ôtre précieux pour les larves qui menent une vie errante à une tres faible distance de la surface de la mer. Or comme nous le verrons ils apparaissent tres tôt lors du développement larvaire de Polygordius. Peut-être faut-il les considérer comme des organes n'ayant plus de raison d’être ni par conséquent de fonction déterminée chez l'adulte. — Le P. appendiculatus porte, au niveau des fossettes vibratiles, une masse rose, ovale, dorsale et impaire qui n'est pas comparable aux yeux proprement dits.
D'autres organes de sens enkystés dans le ganglion syncipital existent chez la larve de Polygordius (organes auditifs ?). Ils ne persistent pas chez l'adulte. Cependant Rasewski figure sans les décrire chez un Polygordius d'Helgoland (P 11, fig. 10) deux petits corps arrondis situés sur le lobe céphalique, en avant des yeux et vers la base des tentacules. Peut-être représentent-ils ces organes. Comme appareils du tact il faut citer les tentacules et les poils rigides disséminés sur toute la surface du corps. J’ignore la fonction des fossettes vibratiles et je ne
connais pas davantage la signification des deux filaments postérieurs du P. appendiculatus.