‹ Le genre PolygordiusChapitre 28 sur 58 · XII. Organes sexuels · texte numérisé non relu

XII. Organes sexuels

couche épithéliale des cellules plattes qui les recouvrait primitivement s’atrophie graduellement Jusqu'à complète disparition (pl. 9, fig. 12). On trouve aussi par ei par là une cellule-oeuf qui ne se développe pas comme telle et qui dégénère. C’est surtout le cas pour la portion des ovaires située sous les muscles obliques chez le P. neapolitanus (pl. 9, fig. 12). — Quand les oeufs ont atteint leur taille définitive et qu'ils sont mürs, ils remplissent toute la cavité de chaque somite. Ils sont alors tassés les uns contre les autres et pour ainsi dire emboîtés les uns dans les autres, comprimant tous les organes adjacents (pl. 9, fig. 14 et 15). — La plupart des tissus du P. neapolitanus et du P. appendiculatus femelles, arrivés à maturité sexuelle, entrent en voie d'atrophie. Les cellules de l’épiderme se résolvent en une masse liquide claire, tenant en suspension des corpuscules réfringeants de diverses tailles. Les couches somatique et splanchnique du péritoine se résorbent. Les muscles longitudinaux fortement comprimés suivant leur hauteur ont perdu leur contractilité (pl. 3, fig. 4). Le tube digestif seul parait encore intact. Enfin, sous chaque dissépiment réduit à une simple lame brillante, se fait une véritable déchirure latérale de la paroi du corps, tantôt unique, tantôt paire. (C’est par ces fentes que les oeufs font hernie (pl. 9, fig. 3). Cette sorte de déhiscence ne s'opère pas à la fois dans tous les segments du tronc. Klle semble résulter de la pression mécanique des oeufs contre la paroi du corps. J'ai pu voir sur un espace de deux heures, une vingtaine de ces déchirures se produire dans différents anneaux et toutes à la même place, sous le dissépiment. J'ignore pourquoi le maximum de pression a lieu en ce point déterminé. Les oeufs qui dans la cavité du corps ont les formes les plus asymétriques, deviennent sphériques des qu'ils sont libres.

L'individu femelle ne survit pas à l’évacuation des oeufs. Il arrive même qu'il ne manifeste plus aucun signe de vitalité alors que tous les somites ne se sont pas vidés. La maturité sexuelle est la limite de la vie chez le P. neapolitanus et chez le P. appendiculatus.

L’expulsion des oeufs aussi bien que des spermatozoïdes se ferait chez le P. Villoti d'une toute autre façon. D’après Prerrter (P 12) les produits sexuels seraient évacués par les organes segmentaires. J'ignore si le savant professeur du Muséum est arrivé à cette opinion par observation directe où par rapprochement de ce qui se passe chez d’autres Annélides. Je dois faire remarquer que ce mode d'évacuation est matériellement impossible chez les espèces de Naples, puisque les organes segmentaires sont atrophiés lors de la maturité des oeufs tout au moins. Il me reste des doutes sur la possibilité que des oeufs d’un volume relativement si considérable puissent suivre cette voie chez d’autres espèces, étant donné surtout la ténuité

et le faible diamètre des canaux segmentaires.

Zool. Station z, Neapel, Fauna und Flora, Golf von Neapel. Polygordius, (n

2° Partie.

Développement.

A. L'Ovule,

Les ovules arrivés à maturité et expulsés du corps de la femelle comme il a été dit plus haut, se présentent chez le vivant sous forme de petites sphères. Le vitellus finement granuleux à une coloration qui varie d’une espèce à l’autre depuis le jaune päle jusqu’au rouge. Il est d’un jaune sale chez le P. neapolitanus, orange chez le P. Villoti, rose-saumon chez le P. appendiculatus. Tandis que les ovules non encore mürs laissent voir à leur intérieur une tache claire située vers la surface, la vésicule germinative, il est fort difficile de découvrir un noyau Sur les oeufs pondus. D'ailleurs, je n'ai pu suivre aucune phase du processus de la maturation de l’ovule, à cause de l'opacité du vitellus. Ces phénomènes doivent s'accomplir fort peu de temps avant l'expulsion des produits sexuels, car j'ai observé des ovules chez des individus préts à se déchirer, qui contenaient encore une vésicule germinative ayant tous les caracteres de non-maturité. Voici comment se présente un tel ovule après l’action de l'acide osmique et du picrocarminate d'ammoniaque. Il est délimité par une mince membrane, à double contour qu'il faut considérer comme provenant d'une différenciation de l’ovule et non d'origine extra-ovulaire. A aucun moment du développement des produits sexuels femelles, les oeufs ne sont séparés les uns des autres par une membrane cellulaire. Ils n’ont pas d’enveloppe folliculaire. On pourrait cependant faire erreur si on se basait sur un examen superficiel des ovaires chez de jeunes sujets. Alors la membrane péritonéale qui recouvre l'organe sexuel peut pénétrer plus où moins profondement entre les ovules périphériques. Mais au fur et à mesure que l'organe prend du développement et qu'il envahit la cavité de chaque somite, cette membrane péritonéale s'atrophie progressivement comme tous les tissus d’ailleurs. On pourrait peut être voir, ici, une ébauche de ce que l’on appelle un follicule ovarien. Dans le cas présent, il ne joue aucun rôle précis et il disparaît avant de présenter les caractères anatomiques d'un vrai follicule. 11 faut toutefois considérer la membrane épithéliale du péritoine comme représentant le tissu folliculaire d'animaux plus élevés en organisation. Autre chose est la membrane qui recouvre immédiatement le vitellus, aussi bien chez les ovules jeunes que chez ceux qui sont mürs; aussi bien qu'ils proviennent de la surface de l'organe ou de la profondeur. C'est une membrane vitelline dans le sens que lui a assigné Ep. van BENEDEN (D. 2) —

Le vitellus est uniformément granuleux. La vésicule germinative est sphérique, très volumi-

B. Fécondation. UC. Segmentation, 43

neuse. Elle a aussi une membrane propre à double contour. Son contenu consiste en une substance claire tenant en suspension de fines granulations et un nombre variable de granules

plus gros, qui retiennent fortement les matières colorantes (pl. 10, fig. 5). l US

B. Fécondation.

J'ai opéré la fécondation artificielle. Une femelle arrivée à maturité sexuelle est placée dans un petit cristallisoir contenant un ou deux centimètres cubes d'eau de mer bien fraiche. On s'assure que le moment de la ponte est arrivé en excitant légerement l'animal à l’aide d’une aiguille. Celui-ci, sil se trouve dans les conditions voulues, ne tarde pas à se déchirer comme nous l'avons vu précédemment. Les oeufs sont évacués et tombent au fond du cristallisoir. S'il s'agit d’un P. neapolitanus dont les produits ne sont pas mürs, cette excitation ne détermine pas la déhiscence. Si l'irritation est trop violente, l'animal se brisera en plusieurs fragments mais nullement d'après le processus connu. Une fois les oeufs expulsés, il suffit d'ouvrir dans le même vase un male arrivé à maturité sexuelle. Les spermatozoïdes se répendent en quantité prodigieuse dans l’eau et se meuvent avec une grande vélocité. Il suffit alors de recueillir à l’aide d'une pipette une gouttelette du liquide du fond et de la porter sur un slide. On s'assure que la goutte d’eau contient des oeufs et des spermatozoïdes. On voit au bout de quelques secondes des spermatozoïdes accolés en plus où moins grand nombre à la membrane vitelline de l'ovule. Je n'ai pu malheureusement constater les phénomènes intimes de la fécondation à cause de l’opacité du vitellus.

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