II. De la signification de la larve du Polygordius
térieur du corps alors que son étendue en longueur est beaucoup plus considérable. Enfin. imaginons que les deux muscles de la plaque syncipitale soient presque toujours contractés et que, par conséquent, le tronc soit presque toujours invaginé, nous touchons à la larve de Rasewsxi. Nous pouvons considérer celle-ci comme une larve dont le tronc, par raccourcissement dans son évolution ontogénique, se développe directement contracté, plissé à l’intérieur de l’invagination de l'hémisphère inférieur du corps, et n'en sort qu'au moment de la dernière métamorphose. Cette interprétation des observations de Merscanicorr et de Rayewski et des figures de celui-ci me paraît tres probable. Quant à la soudure primitive de la paroi du corps avec celle du tronc au niveau de l'anus, elle n'existerait pas, mais l'erreur des auteurs russes s'expliquerait par l’adhérence intime du bord d’'invagination. Peut-être, en acceptant même l'observation de RaJEwski comme absolument exacte, pourrait-on encore considérer cette soudure comme secondairement acquise. — Ainsi nous pouvons rattacher l’évolution de la larve du P. neapolitanus à celle du P. appendiculatus. Je pense qu'il faut considérer celle du premier comme primordiale et l’autre acquise par adaptation et par raccourcissement dans le développement. L'opinion contraire est soutenable mais présente, à mon sens, moins de probabilité.
Je me suis arrêté sur ces faits plus que ne le comportait le chapitre présent et à propos de la théorie de KLEINENBERG, parce que grâce à ces observations de KLEINENBERG, que jignorais lorsque j'ai fait la partie descriptive du présent travail, je peux rapprocher deux types de développement larvaire qui semblaient presqu'impossible de déduire l'un de l’autre.
Revenons à la théorie de KIEINENBERG. Celui-ci se basant sur ses observations chez la larve de ZLopadorkynchus, de P. appendiculatus etc. et sur celles de Harscmex chez Eupomatus (D 41) conclut à l’apparition primordiale de l'anneau nerveux du Prototroch avant la formation de tout autre organe nerveux central. De plus, se basant sur ses recherches chez le Lombric et chez ZLopadorkhynchus 1 conclut à l’origine indépendante des trois parties du systeme nerveux central de la jeune Annélide : cerveau (ganglions sus-oesophagiens), moëlle ventrale et commissures. Il combat vivement l'opinion de Semper et de HArscHEk, qui dans deux sens opposés, admettent une origine unique, double tout au plus du système nerveux central. J'ai défendu, dans la partie descriptive de ce mémoire, la même idée que HATSCHEK, en me basant avec lui sur ce qui existe chez le Protodrius et le Polygordius, abstraction faite même des nerfs latéraux. Il est vrai que, pour KLEINENBERG. il ne lui est pas prouvé que les Archiannélides soient les plus primitifs des Chaetopodes. Il se fonde notamment sur ce fait que le Polygordius adulte, pas plus que sa larve, ne possede un sillon vibratile médio-ventral, comme on en connait cependant chez beaucoup de larves de Polychetes.
KLEINENBERG fait encore remarquer qu'il faut se garder de confondre ce cerveau définitif ou ganglions oesophagiens supérieurs avec la place où sont groupées quelques cellules primordiales sensorielles et ganglionnaires, avec la plaque syncipitale elle-même, comme l'aurait fait Sazensk1 (D 15) et Gürre (D 42) dans leurs derniers travaux.
La théorie de KLEINENBERG prend comme point de départ d'origine des Annélides un
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organisme médusoïde du groupe des Zoophytes, tout comme Barrour. Mais ces deux théories sont complètement différentes, à l’exclusion du point de départ. En effet, pour le savant embryologiste de Cambridge l’organisme médusoïde à symétrie radiaire donnait directement naissance, par différenciation progressive de ses organes constitutifs, à l'organisme Annélide bilatéral; tandis que pour KLeINENBERG la larve médusoïde radiée représentant la forme ancestrale médusoïde, ne contribue que pour une tres petite part à la construction de l'organisme Annélide bilatéral. La larve de l'Annélide n’est pas une Annélide, c’est une Méduse.
Telle est la théorie de N. KLEINENBERG sur l'origine phylogénique des Chaetopodes.
III, Conclusions.
Dans cet exposé des diverses théories sur la phylogénie des Annélides je ne me suis arrêté qu'aux plus récentes et aux plus différentes émises sur ce sujet. Je n'ai pas cru devoir rappeler les spéculations théoriques importantes, mais plus anciennes exprimées par GEGENBAUR, Hickez, Ray Lankesrer, Huxzey, SEmPER, etc. Elles ont d’ailleurs été reprises et développées par les auteurs dont j'ai parlé et rentrent dans l’une ou l'autre de ces théories que J'ai examinées. Celles-ci, pour la plupart, ont une portée beaucoup plus générale que celle que je leur ai donnée ici. ÆElles embrassent non seulement la phylogénie des Annélides, mais de tous les Métazoaires segmentés, si pas de tous les Bilatéraux, comme celle de HarscHex, de Barrour, de SEepewicx et de KLEINENBERG. Dans les limites de mon sujet, je n'ai eu à appliquer ces théories qu'à l’évolution des Annélides.
L'interprétation de la larve du Polygordius et de celle des Chaetopodes en général, sera toute différente, selon que l’on adoptera la théorie de Harscnex, de Barrour et de KLEINEN- BERG, ou bien celle de LaxG et de SEp@wicx.
Dans le premier cas, la larve est à caracteres ancestraux; elle retrace dans ses métamorphoses l'histoire phylogénique de l'Annélide. Elle nous montre, d’après HATsCHEK, comment l'organisme ancestral, Trochozoon, non segmenté, a donné naissance au ver segmenté. Elle nous fait voir, d'apres Barrour, le type ancestral médusoïde, à symétrie radiée, se transformant directement en un organisme métamérique, à symétrie bilatérale, en un Chaetopode. Elle nous rappelle, pour KLEINENBERG, l'ancêtre médusoïde, radié, d'où provient l’'Annélide vermiforme, segmentée et à symétrie bilatérale, par néo-formation de tous les organes à l'exception du tube digestif.
Dans le second cas, la larve est à caractères adaptifs; elle n’a aucune signification pour la phylogénie de l’Annélide. C’est un stade embryonnaire, ou une série de stades plus ou moins compliqués, plus où moins longs, gagnés par adaptation, résultant du mode de vie pélagique et errante, auquel est soumis l'embryon avant d'attendre la forme caractéristique
du parent. Pour LaxG, l'ancètre du Chaetopode est un organisme Hirudinoïde, qui provient