I. Méthodes employées
a) Animaux vivants. Chaque jour quand je recevais des Polygordius vivants, je les plaçais dans de petits aquariums dans lesquels circulait continuellement de l’eau fraiche. Le fond de ces aquariums était garni de sable grossier provenant de l'endroit où les Polygordius avaient été dragués. — Les observations sur le vivant ont été faites d’abord à l’oeil nu, ensuite à l’aide de la loupe de Brücke et du microscope simple. Un individu était placé à cet effet
J'ai étudié ensuite
dans un petit cristallisoir à bords peu élevés contenant de l’eau fraiche. le vivant par transparence au point de vue de l’organisation générale et au point de vue physiologique. Dans ce but je plaçais l'individu à observer sur un porte-objet pourvu d'une rainure longitudinale étroite. Le ver une fois étendu dans la gouttiere était recouvert d’un long couvre-objet et la rainure fermée à ses deux extrémités. Le couvre-objet ne portait que légèrement sur l'animal de facon qu'en faisant glisser tant soit peu le couvre-objet en avant ou en arriére, j'obtenais l'animal couché sur le ventre, sur le dos ou sur le flanc. Quatre gouttes de paraffine placées aux quatre angles du verre-couvreur suffisaient alors pour fixer l'animal dans la position voulue pour l'étude. Le Polygordius neapolitanus (nov. sp.) supporte tres bien ces manipulations. Contrairement à ce qui arrive à la plupart de ses congénères, il ne se brise ordinairement pas en fragments pendant ces opérations. En plaçant des individus dans des sillons plus ou moins profonds creusés dans des porte-objets et par conséquent en comprimant plus ou moins fort les animaux entre le porte-objet et le couvre-objet, J'ai pu ainsi reconnaître certains détails de structure chez le vivant, qui échappent complètement sur le sujet mort, quel que soit le mode de préparation qu'on lui ait fait subir. C’est ainsi que sur cent sections transversales du tronc on ne peut souvent sur une seule reconnaitre avec certitude la coupe des organes segmentaires.
b) Préparations d'individus entiers. — J'ai préparé ensuite par diverses métho-
des plus de deux cents Polygordius adultes. J'ai monté en préparations permanentes un cer-
Zool. Station z. Neapel, Fauva u. Flora, Golf v. Neapel. Polygordius. 1
2 1° Partie. Anatomie, histologie et physiologie.
tain nombre d'individus mäles et femelles entiers, après les avoir traités par les mêmes réactifs que ceux employés pour les sections microscopiques. En général les préparations les plus instructives sont celles faites au moyen de l'acide osmique 1,, lavage à l’eau, coloration au picrocarminate d'ammoniaque, traitement par les alcools, essence de térébenthine et enfin inclusion dans le baume de Canada.
c) Dilacérations. Les dilacérations m'ont donné les meilleurs résultats surtout pour reconnaitre d'abord l'existence d'un système nerveux périphérique, ensuite pour étudier les rapports entre les éléments du système nerveux central et les parties constitutives du système nerveux périphérique.
J'ai employé avec succes l'alcool à 40° (alcool à 16° de Ranvier). Les vers après avoir séjourné dans ce liquide de 36 à 4S heures se laissaient dissocier assez facilement. L’'acide chromique, à 1 pour 10,000, m'a donné les meilleures préparations. Après macération pendant 24 heures dans ce réactif, la dissociation des tissus se faisait encore mieux qu'après l'action de l'alcool faible. J'ai employé aussi comme agent dissociateur une solution faible de bichromate de potasse (48 heures). La méthode employée avec un si brillant succès par HerrwiG dans ses belles recherches sur le système nerveux des Actinies ne m'a conduit qu'à des résultats défectueux et j'ai dû l’abandonner. Un fragment déterminé de Polygordius préparé par un de ces systèmes était porté sur une lame de verre, puis dissocié à l’aide d’aiguilles trés fines, sous le microscope simple, enfin étudié directement dans une goutte du liquide où il avait été macéré. Ou bien un morceau ayant subi une demi-macération, était placé sur un porte-objet; il était séparé de sa cuticule, puis recouvert directement d’un couvre-objet. Je comprimais alors progressivement et lentement entre les deux lames de verre, le fragment qui s'étalait petit à petit. Les tissus se désagrégeaient tout en me permettant de reconnaître encore les rapports existant entre les différentes couches des tissus et les éléments constitutifs de ceux-ci. J'ai encore obtenu, dans certains cas, de bons résultats, en plaçant le morceau à examiner entre deux lames de verre, puis en donnant de légères secousses au couvre-objet avec la pointe d’une aiguille, pendant dix minutes où davantage. En employant ces deux dernieres méthodes, on peut suivre la marche de la dissociation sous le microscope composé. J'ai aussi employé le système dont s'étaient déjà servi les HerrwiG dans des circonstances analogues. Un fragment de ver, après macération est placé dans un tube rempli au tiers ou au quart du liquide dissociateur. On agite le tube, pendant un temps plus ou moins long, et on laisse reposer. On fait ensuite une série de préparations avec le dépôt qui se trouve au fond du tube. Cette méthode à un double inconvénient. Comme on ne peut suivre la marche de la désagrégation des tissus, il arrive souvent que la dissociation est portée trop loin; les cellules sont trop isolées et altérées; les prolongements nerveux délicats et les fibres musculaires sont brisés. De plus. on ne peut reconnaitre les relations existant, par exemple, entre cellules ganglionnaires et fibres nerveuses, entre celles-ci et les éléments musculaires. J'ai traité encore le vivant par le chlorure d'or 1°, en suivant la méthode au jus de citron renseignée par
RaxviER dans la recherche des éléments nerveux; puis j'ai pratiqué directement des dissocia-