‹ Le genre PolygordiusChapitre 7 sur 58 · II. Caractères extérieurs · texte numérisé non relu

II. Caractères extérieurs

Les Polygordius ont le corps tres allongé, sub-cylindrique, légerement aplati du côté de la face ventrale. Le corps présente à peu près la même épaisseur dans toute son étendue, s’atténuant au niveau du segment céphalique pour se différencier en une tête et s’effilant légérement vers l'extrémité postérieure pour se renfler à nouveau au dernier segment. La segmentation transversale est très peu accentuée extérieurement ou fait complètement défaut chez la plupart des espèces (P. apogon, P12). Elle se marque sous forme d’une ligne droite transversale chez le P. lacteus (PS) et elle prend l'aspect d’une ligne noire visible seulement dans la région antérieure chez le P. erythrophthalmus (P16). Elle est assez visible chez le P. neapolitanus (pl. 1, fig. 6), surtout vers l'extrémité postérieure (pl. 1, fig. 7, 8). Les segments ont la forme de cylindres allongés dans la plus grande longueur du tronc quand le corps est étendu; mais à l'état de rétraction le diametre transversal peut devenir plus grand que le diametre longitudinal. La segmentation transversale devient tres manifeste extérieurement chez toutes les espèces quand l'animal se contracte.

Le segment céphalique est divisé en deux parties par un profond sillon oblique d'avant en arriere et de bas en haut, sillon qui ne comporte que la région moyenne sans intéresser les faces latérales. La portion antérieure constitue le lobe céphalique; la seconde c’est le lobe buccal. Le lobe céphalique est arrondi inférieurement et latéralement tandis qu'il est aplati dorsalement. Il est en retrait sur le reste du corps c'est-à-dire que son diamètre vertical est plus petit que celui du reste du corps (pl. 1, fig. 5, pl. 2, fig. 6).

Deux tentacules plus larges à leur base d'insertion qu'à leur extrémité libre émergent de l’extrémité supérieure du lobe céphalique. Ils sont tantôt courts et trappus (P. lacteus, P. apogon, P. neapolitanus) tantôt greles et longs (P. appendiculatus).

Le lobe buccal ne se distingue du reste du corps que par les organes qu'il porte. La bouche est infere; elle est située immédiatement en arrière du sillon qui sépare le lobe céphalique du lobe buccal. Suivant les espèces, elle se présente sous la forme d’un orifice cnculaire ou sub-circulaire (P. appendiculatus) où triangulaire (P. lacteus, P. Villoti, P. neapolitanus). Elle est limitée par un double bourrelet à bord multilobé. Les festons ou plis sont ou bien gros et peu nombreux (P. neapolitanus) où bien petits et en grand nombre (P. appendiculatus).. Le bourrelet extérieur est très extensible chez le P. neapolitanus. I peut s’allonger eu une espece de groin à bords iréguliérement bosselés (pl. 3, fig. 14). Ou bien il peut s’etfacer en partie et former alors un simple bourrelet inscrivant un second interne (pl. 1, fig. 4). L'orifice buccal proprement dit a la forme d'un triangle rectangle à côtés concaves, à base

dirigée en avant, à sommet en arriere. Vers le milieu de la base se trouve une grosse tache

IT. Caractères extérieurs. 5)

pigmentaire orangée. Sous cette tache se trouve une tubérosité sub-triangulaire et bosselée. Puis la cavité buccale se prolonge dans le pharynx en forme d’un entonnoir à sommet dirigé obliquement d'avant en arrière vers la face dorsale. On remarque encore sur le segment céphalique ou bien une tache oculaire sur la ligne médio-dorsale (P. appendiculatus) ou bien deux taches oculaires enkystées dans l'épaisseur de l’hypoderme. Ces taches sont situées ou du côté de la face dorsale (P. apogon) où du côté de la face ventrale (Razewskr). La matiere pigmentaire qui les constitue est colorée en rouge, orange, brique, ou noir. Il ya des Polygordius aveugles (P. Vüloti, P. neapolitanus).

Enfin, le segment céphalique porte encore une paire d'organes qui sont situés à l’extrémité postérieure du lobe céphalique (P. appendiculatus), où à l'extrémité antérieure du lobe buccal (P. lacteus, P. neapolitanus, etc.). Ils sont placés ordinairement sur les faces latérales de la tête, plus ou moins près de la face dorsale. Ce sont de simples diverticules de la paroi du corps en forme d'infundibulum. Leur orifice extérieur délimité par un petit bourrelet se présente sous la forme d’un ovale dont le grand axe est subvertical, ou sous la forme d'une simple fente quand les organes sont contractés. Le bord externe et la paroi de ces cupules sont recouverts de cils vibrant avec intensité. Ce sont là les fossettes vibratiles, organes que l'on rencontre encore chez d’autres Annélides (Protodrius, Saccocirrus, Ammotrypane et beaucoup d'Ophelidæ). La paroi du fond des fossettes vibratiles est chargée, chez le P. neapolitanus, d'un pigment jaune sale ou rouge-brique.

Le dernier anneau du tronc offre une constitution et des caractères sur lesquels nous devons nous arrêter quelque peu. Il est fortement renflé vers le milieu de sa hauteur. Il présente à ce niveau un anneau complet de petites papilles glandulaires réunies en touffes dont le nombre varie d’une espèce à l’autre (pl. 1 fig. 7, 8, pl. 2, fig. S, 9). Chaque papille a la forme d’une petite verrue arrondie ou tubulaire.

L'anus qui est situé à l'extrémité postérieure du corps est infere chez certaines espèces (P. neapolitanus), terminal chez d'autres (P. lacteus, P. appendiculatus). WU affecte la forme d'une fente transversale (P. appendiculatus, où d'une orifice circulaire (P. neapolitanus, ete.). A est délimité par une levre à bords multilobés, très extensibles et très retractiles qui permettent à cet organe de fonctionner à la façon d'une ventouse (P. neapolitanus, P. appendiculatus). Les bords peuvent avoir la forme des crenaux d'une muraille ou d'une tour (P. lacteus).

Le segment anal, chez certaines espèces (P. appendiculatus), porte latéralement deux appendices filiformes, plus épais à leur base qu'à leur extrémité libre. Ces filaments prennent naissance sous la partie renflée du ségment anal, c'est-à-dire un peu en dessous de l'anneau glandulaire.

De petites soies rigides, qui sont probablement des organes tactiles, existent irrégulierement disséminées à la surface du corps. Ces soies sont les plus nombreuses sur les tentacules (P. lacteus, P. neapolitanus etc.).

Certaines espèces possèdent des cils vibratiles en certains points du corps. Ainsi PERRIER (P13) en renseigne dans le voisinage immédiat de la bouche et sur une petite partie de l’extré-

mité postérieure. Grarp (P16) a constaté chez le P. erythrophthalmus des traces de bouquets

1° Partie. Anatomie, histologie et physiologie. } D à 5

ciliaires analogues à ceux des Polyophthalmus. Var contre le P. neapolitanus me possède de cils vibratiles à la surface du corps qu'au niveau des fossettes vibratiles.

Un caractere constant chez tous les Polygordins e'est l'absence complète de piquants, soies ou brosses correspondant à des parapodes.

Tous les Polygordius actuellement connus ont une coloration rougeñtre plus où moins accentuée. Elle est ordinairement plus vive chez les femelles que chez les mâles arrivés a maturité sexuelle. Quand les oeufs ayant un vitellus coloré en orange, rose ou rouge, remplissent toutes les cavités des segments, ils renforcent la teinte de la paroi du corps. Au contraire les mäles dans les mêmes conditions paraissent plus päles à cause des masses spermatiques blanches qu'ils renferment. C'est ainsi que les mäles de P. lacteus sont blancs tandisque les femelles sont rosées. Il ne faudrait cependant pas croire que ce’est la couleur des oeufs ou des spermatozoïdes qui détermine celle des animaux. La paroi du corps a une coloration propre qui provient de la présence d'un pigment rose, rouge-orange, ou briqué qui existe dans les différents tissus du corps, spécialement dans l'hypoderme, dans la couche cellulire sous-jacente aux champs musculaires longitudinaux, dans les dissépiments ete. Le P. apogon à une coloration pourpre bien marquée: le P. Viloti est rouge de chair; le P. erythrophthalmus est dune teinte rose vif, le P. appendiculatus est rouge-saumon et le P. neapolitanus est jaune-orangé. La plupart des Polygordius ont le corps tres iridescent. Quand on examine ces vers en mouvement sous un rayon de lumiere réfléchie, la surface de leur corps est le siège des jeux de couleur les plus riches et les plus variés. Au milieu de ces couleurs châtoyantes à reflet métallique le rose, le vert et le lilas dominent. C’est l’épaisse cuticule de ces vers qui est le

siege de ce phénomene (pl. 1, fig. 1, pl. 2, fig. 3).

HT, Coup d'oeil sur l'organisation.

Les Polygordius sont suffisamment transparents pour que l’on puisse à l’aide du microscope composé reconnaitre sur le vivant les caracteres généraux de lorganisation. Il faut observer des individus non arrivés à maturité sexuelle pour obtenir ce résultat. A la simple inspection de l'animal avec un faible grossissement (30 à 40 diametres) on peut reconnaître que le corps est recouvert dans toute son étendue par une cuticule épaisse mais tres extensible, très élastique. Elle s’amincit à la surface des tentacules, vers la bouche, vers l'anus et au niveau du cerele glandulaire préanal. Sous la cuticule se trouve l’hypoderme qui affecte l'apparence d’une couche granuleuse épaissie dans le lobe céphalique du premier segment et dans le dernier. De petites masses pigmentaires rouge-brique sont disséminées dans l’hypoderme chez le P. neapolitanus. (pl 3, fig. 3). — On distingue sous l’hypoderme, dans toute l'étendue du tronc, une région plus claire, légerement jaunâtre: c’est la couche des muscles longitudinaux. On remarque, à la coupe optique, sous cette bande musculaire, une couche granuleuse irégulierement épaisse. Elle est chargée de ei et de là d’un pigment orangé ou rouge-brique. Cette couche délimite la cavité

du corps. L'axe du corps est occupé par un tube d'apparence moniliforme d’une coloration

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