ACTE PREMIER
DON YELASQIJEZ, passant à droilo.
Le nom de votre père, jeune liomme?
DONA FLOR
Oui, oui, son nom!
DON FERNAND
Hélas! senor, ce n'est ni une joie ni un honneur pour mon père que d'enicndrc sortir de la bouclie d'un homme conmic moi le nom d'un vieil Espagnol qui n'a pas une goutte de sang maure dans les veines. N'exigez donc pas que j'ajoute ce chagrin et ce déshonneur au chagrin et au déslionneur qu'il me doit déjà.
{ Il rcmonlc la stène) DONA FLOR; allant à son père.
11 a raison, mon père.
(Elle passe J.Miére son père et se Ironvc à si gauclie.) DON VELASQUEZ.
Gardez donc le secret de votre nom ; mais, si vous n'avez pas un molir pareil de me cacher la cause de la vie étrange que vous avez embrassée; si votre bannissement de la société, si votre retraite dans ces montagnes ont été , comme je le présume, la suite de quelque étourderie de jeunesse; si vous avez, je ne dirai pas l'ombre d'un remords, mais l'apparence d'un regret de la vie que vous menez, j'engage ici, devant Dieu, ma parole de vous servir de protecteur et même de caution.
[U s'assied et allirc à lui sa fi le, qui se met à sa gauche.) DON FERNAND.
Merci, seîior... J'accepte votre parole, quoique je doute qu'il appartienne à un homme, excepté à celui qui a reçu de Dieu le suprême pouvoir, de me reuflre dans la société la place que j'y occupais, (c-mme à lui-même.) Hélas ! daus mes longues heures d'insomnie, quand la brise nocturne fait bruire la cime du chêne au pied duquel je cherche le repos sans trouver le sommeil; quand, à travers ses feuilles mouvantes, je vois dans l'azur profond du ciel trembler les étoiles, je rêve parfois que, par delà cet azur, par delà ces étoiles, siège un Dieu juste,
mis(?ricordieux Je rêve parfois k la possibilité d'un pareil miracle ! Je serais heureux de le voir s'accomplir par vous, et que ce fiYt à la suite d'un ange que, pareil au jeune Tobie, je revinsse à la maison paternelle. ^Dcn VL-ia>qucz s-aprrod.o de lui ci lui t .n.i
Il nuin. — Don Feinaud, au moment de la p:-i nilie, liosilc, puis rcprcn 1.1 Mais
vous êtes pressé, senor, d'arriver à Grenade, je ne veux pas vous retenir plus longtemps... Entrez tous!
(Tons les Uandils rcvionncnl.)