‹ Le Gentilhomme de la montagneChapitre 32 sur 105 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, DON FERNAND, GINESTA.

(Le rocher place dans la seconde portion obscure du thi'àlrc tourne sur lui-même et découvre un escalier. Gin''sta paraît la première, suivie de Fernand, qui vient s'asseoir sur le petit accidcitt de terrain ; il parait accable. )

TORRIBIO, aux Bandits, qui mangent.

Dites donc, mes enfants, je propose, avant tout, la santé du capitaine !

TOUS

Oui! oui! A la santé du capitaine

DON FERNAND

Merci de l'intention, mes enfants !

TOUS , se levant.

Le capitaine!

DON FERNAND, se kvant et les reconduivint jusqu'à leurs places.

Ne vous dérangez pas, vous avez bien gagné de souper tranquillement.

COMACHO.

Mais vous, capitaine, n'avez-vous pas faim?...

FERNAND

J'avais faim... mais ma bonne petite fée Ginesta y a pourvu ! (a part, ou desc-îniiui.) Faillie rcncoiitrc, oij le courage n'a pu trioriiplicr du nombre!... (a ciî.c-ta assi-c) Le ciel me puniia de l'avoir fait parlager mes dangers, d'avoir soulfert que lu me suivisses au milieu des balles.

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GINESTA, souriant.

Ne sais-tu pas bien qu'à tes côtés je suis invulnérable?... Et si je t'avais quitté, alors que tous tes compagnons avaient fui et que, le dernier, tu reculais pas à pas, quel autre que moi eût pu te guider vers celte grotte où tu as trouvé un asile?

FERNAND

Oui, je te dois mon salut. Merci, merci, Ginesta!... Quelle 631 cette grotte?... et comment, par qui a-t-elle été creusée dans le rocher?

GINESTA.

Par la main de Dieu probablement... Les hommes y ont ajouté l'escalier auquel ce rocher, en tournant sur lui-même, donne accès.

FERNAND

Et, avant toi, qui habitait cette grotte?...

GINESTA.

Ma mère !

FERNAND

Ta mère était bohémienne?

GINESTA.

Oui.

Elle est morte?

Elle est morte!

FERNAND

FERNAND, s asseyant près d ellp.

Pauvre enfant, qui n'a plus de mère I

GINESTA.

Quelques jours avant de mourir, elle s'enfonça avec moi dans la montagne, par le même chemin où je t'ai conduit, et qui n'est connu que de moi seule, et de toi maintenant. « Mon enfant, me dit-elle quand nous fûmes arrivées dans la grotte, il se peut qu'un jour tu aies un refuge à demander à la

montagne : celui-ci est inaccessible, ne le révèle à qui que ce soit au monde... Qui sait les persécutions auxquelles lu peux être exposée!... Cette grotte... c'est la vie, plus que la vie... peut-être... c'est la liberté!... »

DON FERNAND

VA ce secret que ta mère t'avait, en mourant, recommandé de garder pour toi seule, tu me l'as révélé, cependant !

GINESTA.

Toi, n'es-tu pas mon frère... ou du moins ne m'appelles-tu pas ta sœur?...

DON FERNAND

Chère enfant!... (ll l'embrassc; — elle fail uu mouvement.) Mais,

qu'as-tu donc?...

GINESTA, se levant.

Rien!... (a pan.) Seulement... c'est la première fois que ses lèvres...

DON FERNAND, à part.

Que dit-elle?

GINESTA.

J'ai cru que j'allais mourir!

DON FERNAND

Mais qu'as-tu donc?...

GINESTA, se rasseyant.

Rien, rien...

DON FERNAND

A la bonne heure'... Voyons, voyons, réponds-moi! Cette demeure souterraine est étrangement ornée; quels sont ces deux portraits que j'y ai vus?

GINESTA.

Les mômes que ceux que je porte à mon cou et qui sont enfermés dans ce médaillon.

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