‹ Le Gentilhomme de la montagneChapitre 73 sur 105 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

DON RAMIRO

Mais.... parce qu'il me semble que c'est à mon intention qu'elle l'a laisst^e tomber...

DON FEllNAND.

Qui vous a dit cela? «

DON RAMIRO

Personne... mais personne non plus ne dit le contraire.

DON FERNAND

Si fait! quoiqu'un le dit.

Qui cela?

DON FERNAND

Moi :

DON RAMIRO, recnlani on voyaui don FemauJ pâle el le visage bouleverse.

Vous ! pourquoi vous ?

DON FERNAND

Parce que... celle qui vous aime... je l'aime I

DON RAMIRO

Vous aimez dona Flor?..,

DON FERNAND

Je l'aime!

DON RAMIRO

Et où l'avez-vous connue?

DON FERNAND

Que vous importe !

DON RAMIRO

Mais il y a deux mois que je l'aime, moi !

DON FERNAND

Et moi, il n'y a que deux jours!... mais, en deux jours, j'espère avoir fait plus deche:;iiM dans son cœur que vous n'en avez fait en deux mois.

110 LK GENTlLHOMiME DE LA MONTAGNE

Prouvez-le-moi, don Fernancl, ou je dirai tout haut... que vous files un liomme qui ne respecte rien... pas même la réputation d'une jeune fille !

DON FERNAND

Vous m'avez dit que vous aviez couru devant elle, n'est-ce pas, de Malaga à Grenade ?

DON IIAMIRO.

Je viens de vous le dire.

DON FERNAND

Vous avez passé ù la venta du Roi maure ?

DON RAMIRO

Je m'y suis arrêté même.

DON FERNAND

Vous avez commandé un repas pour don Velasquez et sa fille... un bouquet pour dona Flor ?

DON RAMIRO

Oui...

DON FERNAND

Dans ce bouquet , il y avait une anémone pareille à celle-ci?...

DON RAMIRO

Eh bien?

DON FERNAND

Cette anémone... elle me l'a donnée 1

Donnée de sa main ?

DON FERNAND

De sa main! et la voici sur mon cœur, où elle s'est fanée, comme celle-ci s'y fanera.

ACTK Oi ATUIKMK 111

nO> HAMIRO.

Celle anémone, vous l'avez prise, don Fernand... arracliée à son bonqucl... sans qu'elle le sût., ramassée sur son clieuiin, où elle l'avait laissée tonibei* par mégarde... Avouez cela^ et je vous pardonne.

DON FERNAND, avec force.

Vous me pardonnez!... D'abord, il n'y a que de Dieu et du roi que j'accepte un pardon... VA, quant à la fleur, elle me l'a donnée !

( A c».^ mnm.>nl piraissent quelques p'^r<onnes qui circulent, el qui, entendant la provoculioii onire <lon Fi-rnaud tt ilon namiro, appellent d'autres bourgeois cl gens du peuple, pour être tcuioins.)

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