ACTE QUATRTKME
DON FERNAND
Ah! pour Grenade!... Vous les'avez suivis, n'est-ce pas cela, don Ramiro?
DON RAMIRO
Vous ne vous trompez que sur un point : au lieu de les suivre, je les ai précédés! Cela m'oflVait un avantage ; chaque halle qu'elle faisait me rappelait X son souvenir, chaque chambre où elle demeurait lui parlait de moi... Je me fis sou courrier d'amour!
DON FERNANDj fronçant le sourcil.
Voyez-vous cela!
DON RAMIRO
Oui... vous le savez, on ne trouve rien dans nos misérables auberges... eh bien, j'ordonnais les repas... Je savais le parfum qu'elle préférait... j'en brûlais dans les corridors qu'elle devait traverser! Je savais quelles fleurs elle aimait : de Malaga à Grenade, elle ne marcha que sur des fleurs!
DON FERNAND
Mais c'est du dernier galant. Et... la belle seiiora?...
DON RAMIRO
Ah î voilcà!... Seulement, vous pouvez me rendre un service que je n'oublierai de ma vie.
Moi?
DON RAMIRO
Vous! Le hasard... (Mouvement -le <lon Fernanil.) NOU , JB mC
Irompe... la Providence a combiné deux événements qui doivent, si quelque catastrophe inconnue* n'éclate pas sur mon chemin, faire de moi le plus heureux des hommes.
DON FERNAND, ossuv: nt la sueur qui 'ni couVe du front.
Et quels sont ces événements?
DON ftAMlRO.
Le père de celle que j'aime est l'ami de votre père, et vous, mon cher Fernande comme un ange sauveur, vous êtes arrivé d'hier.
DON FERNAND
Eh bien, après?
DON RAMIRO
Eh bien, votre père a précisément offert l'hospitalité...
DON FERNAND
A qui?
DON RAMIRO
Eh ! ne devinez-vous donc pas, cher ami ?
DON FERNAND
Je ne devine rien... il faut tout me dire.
bONA FLOR, paraissant sur la terras e, et jelanl un loger cri.
Ah!
DON RAMIRO, voyant dona Flor.
Est-il besoin de dire le nom du soleil, quand vous sentez sa chaleur?... (r. i monnant h t.Mras%) Tenez, levez les yeu\, don Fernand.
DON FERNAND, à pirt.
C'est bien elle l
(Tous deux la saluent respeclueusemeut. — UonaFlor laisse tomber une fleur et se relire. — Don Fernand s'élauce et ramasse la fleur.)
DON RAMIRO, len.lanl la main.
Merci, cher Fernand!... Uendez-moi cette fleur.
DON FERNAND
Et pourquoi vous la rcndrais-je?