‹ Le Gentilhomme de la montagneChapitre 83 sur 105 · ACTE QUATRIEME !2Î · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME !2Î

DON A MERCEDES, avec effioi cl te Icvaiil.

Don Ruiz !

DON RUlZ.

Silence!... on poiUTait nous entendre. Tantôt, le péril du coupable, la menace du roi don Carlos ont failli vous arracher un aveu que j'ai arrêté sur vos lèvres. Cet aveu, je demande, j'exige qu'il n'en sorte jamais. Vous comprendrez, madame, que c'est bien assez pour moi d'avoir été outragé par le fils, sans que je me résigne encore à m'en tendre déshonorer par la mère !

DONA MERCEDES

De grâce...

DON RUIZ

Laissez-moi parler. Par un mot, par la révélation d'un secret gardé depuis vingt-cinq ans, vous réussiriez sans doute à diminuer aux yeux de tous la grandeur du crime et à désarmer la rigueur du châtiment; mais, ne l'oubliez pas, ce mot qui sauve est en même temps un poignard qui tue. Votre position est telle, que vous ne pouvez préserver la tête du fils qu'en immolant l'honneur du père. Or, cet honneur, madame, je le défendrai, non pas seulement comme mien, mais comme appartenant à ceux qui me l'ont transmis pur et sans tache avec leur nom. (Moim-mi une pe iie croix.) 11 y eut un jour, dona Mercedes, où, debout devant moi et détachant de la muraille cette croix pendue au chevet de votre lit, vous me dîtes : (( Don Iiuiz, jurez-moi que jamais un mot relatif au passé ne sorlira de votre bouche. » J'en pris l'engagement devant Dieu j'ai tenu parole, madame. Aujourd'hui, à mon tour, c'est moi qui viens à vous cette croix à la main, et qui vous dis : Au nom du Dieu sauveur, jurez-moi de garder enseveli au fond de votre cœur le secret qui, vingt-cinq ans, a dormi dans le mien?

DONA MKRCÉDÉS, avec (le'bcspoir.

Fernand I Fernand !

DON RUlZ.

Jurez-le, madame, et que Dieu vous fasse la grâce d'être lidèle à votre serment comme je l'ai été à ma parole.

DOISA MlvUCÉDÉSj dlendaiil Icnlcmcrl la niaia sur la croix que lui presculc don Ruiz.

Ah! ah!...

[Elle cache, en sanglotant, sa figure dans ses mains.)

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