LE ROI, DONA MERCEDES, DON VELASQUEZ, DON RUIZ
DON RUIZ, qui s'est avance lonicmenl.
Relevez-vous. Mercedes. Vous avez quelque chose à ajouter au récit de cet homme...
(W la fait passer près du Roi, el descend loul à fiil à droile.) DONA MERCEDES.
Oui, car il fut bien noble, celui qui, erj apprenant la ruine de mon père, vint lui demander ma niain, c'est-à-dire le droit (le substituer sa fortune à celle (]ue nous avions perdue. Il fut bien généreux, celui qui, froidement accueilli par moi... et presque repoussé, n'en témoigna ni dépit ni ressentiment, et qui, m'aimant enfin, et pressé par mon père de nVarracher .une réponse, entendit, sans paraître m'en respecter moins, le terrible aveu que j'avais à lui faire. Oui, sire, il fut bien grand, l'homme dont je déchirais le cœur en ce moment, et qui, me prenant les mains, me dit : « Mercedes, votre père \eut ûtre obéi. Je retirerais bien ma demande; mais à quoi
AGTK OIATIUKMK 131
cela scrvirnit-il? Un jour ou Tautro, il faudra que le monde sache toul... ni alors, vous serez déslionorée !... Un honuue j)eut vous i^auver, qui vous soit assez dévoué pour êlri' votre épouv aux yeux du niouilc, et un frJre seulenunt vis-à-vis de vous. Je vous offre d'êlre ce frèi'e. cet époux. Lorsque j'aime, .Mercedes, c'est avec loutos les passions, non-seulemeut du cœur, mais encore dj rà:no, et le dévouement est au nombre de CCS passions... — Ah! mon fière, m'écriai-je, ayez pilié de Aolre femme, et sauvez l'honneur de mon piire!... » Voilà ce qu'est don Ruiz, sire, et voilà ce que je lui dois!...
DON RUIZ, pas-anl au mi'i»u; à don Cirlo?.
Et maintenant, roi don Carlos, à vous d'apprécier le crime, et de savoir ce que vous ferez du nom que je porte,
LE ROI
Demain, Grenade connaîtra ma sentence!