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trée plus reconnaissante, plus enlliousiaste. Rose et Yilder l'avaient ccoutée en silence, et lorsqu'elle se tnt , tous deux, restèrent plongés clans de graves réflt-xions. Henri lui-même, après avoir cherché avec modestie à interrompre madame Delmar, paraissait rêver profondément. jMadame Delmar qui, toujours préoccupée de ses sentimens , ne s'apercevait pas de ce qui se passait autour d'elle, dit tout bas à madame Lefèvre : «Il faul que j'aie un entre- » tien avec vous ; je voudrais vous voir » seule. )) INIadame Lefèvre promit que le lendemain de bonne heure elle se rendrait chez madame Delmar ; on se sépara.
Quel embarras éprouva madame Delmar dans cet entretien qu'elle avait sollicité ! a Mon père , dit-elle , me rappelle auprès » de lui; je ne peux résister à ses désirs. » Partirai-je donc avec le regret de n'avoir » pu reconnaître d'une manière éclatante » les services de votre cher neveu?» Alors , tantôt en hésitant, tantôt avec précipita-
lion, comme si elle eût voulu se hâter de s'expliquer, elle apprit à madame Lefèvre que sa famille désirait qu'elle se remariât ; qu'on la laissait maîtresse de son choix ; que jusque-là elle avait résisté à toutes les
instances; mais qu'aujourd'hui Enfin,
la riche et helle madame Delmar n'alla pas jusqu'à offrir sa main et sa fortune; mais cile alla jusqu'à faire entendre à madame Lefèvre qu'il n'était point de prix qu'elle ne regardât comme au-dessous du mérite de Henri envers elle. Madame Lefèvre était tout éhloiiie de ces offres généreuses qui étaient faites d'une manière trop claire pour n'être pas devinées; toutefois, comme elle Ta dit ensuite, involontairement elle trouvait au fond de son cœur un sentiment de tristesse; elle se garda hien de le laisser voir à madame Delmar ; elle promit d'instruire Henri de son entrevue avec l'aimable veuve.
Involontairement encore, madame Lefèvre ne voulut pas faire la confidence de
cette entrevue en présence de sa fille. ^ Henri écouta sa tante avec une émotion toujours croissante : « Digne et excellente M femme! s'écria-t-il. Tant de générosité » pour moi , pauvre , sans état encore , » sans famille ;... et pourquoi ? parce que je » me suis conduit comme l'aurait fait tout » soldat français. » Puis, pressant avec tendresse les mains de madame Lefèvre : « Ma chère tante , lui dit-il, j'ai besoin de » sortir, de réfléchir; je rentrerai peut- » être un peu tard ; ne m'attendez » pas. »
Henri courut chercher M. Vilder. Il lui proposa de faire un tour de promenade ; ils allèrent ensemble aux Tuileries. Là, en se gardant bien de révéler à son ami l'entretien que madame Delmar venait d'avoir avec madame Lefèvre, Henri se fît répéter de nouveau tous les détails de la longue amitié qui existait entre Vilder et la belle veuve, et qui remontait jusqu'à leur enfance. Avec autant d'adresse que deména-
TOM. IV. Le Gdblas 2