YOICI QUE JE SUIS AVEC VOUS JUSQU'À LA CONSOMMATION
" DES SIÈCLES, pour VOUS donner en chaque temps et selon la " mesure de ces temps, l'étendue de lumière qui vous sera né- " cessaire afin que ma vérité soit toujours au milieu de vous " exempte des caprices humains et des erreurs de l'homme. " Quoi! dis-je, cette Église qui avait alors presque autant de héros qu'elle avait d'enfants, ne s'en rapportait même pas à ses plus nobles martyrs en matière dogmatique; de nombreuses réunions de Pasteurs et d'Ascètes ne lui paraissaient pas, malgré le respect qu'elles inspiraient, devoir revêtir la puissance" solennelle qui n'était réellement pas prom.ise à telle ou telle nombreuse fraction de l'Eglise, mais à la majesté suprême de l'assemblée tout entière! Que de débats, que de luttes pour défendre ce que l'on regardait, en ce temps de fervente simplicité, comme bien inaliénable de la foi! quelle sainte éloquence, vquelle admirable passion montraient les augustes dé-=
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positaires des trésors divins! — Ici, je parle du commencement, car ces assises suprêmes, où l'erreur devait être sagement condamnée, ne tardèrent pas à être envahies par la rivalité de l'orgueil et de la cupidité; mais encore, dans ces arènes les plus douteuses, on observait au moins l'aveuglante et omnipotente puissance des formes!
Aujourd'hui , plus rien ! Des touristes mitres , des abbés voyageurs, en berline et en coupé, viennent saluer et adorer le GRAND-PRÊTRE-EOi; traitent à sa table et à celle de ses princes, entre les vins brûlants du sol sacré et la clarté des bougies parfumées, la question qui ne peut même pas être soulevée sans une révélation spéciale et positive!
Combien de conciles généraux ont été formés pour élucider seulement la manière de bien concevoir tel ou tel doo-me reconnu par toute l'Eglise!... — Aujourd'hui, on fait un dogme; et, sans invoquer le concours universel de l'Église, une poignée de vieillards se réunissent, s'affublent de chamarures, et, choisissant la grande scène de la basilique de saint Pierre, jouent en face de Dieu et en face de la foi universelle cette bâtarde comédie dans laquelle trois ou quatre de ces vieillards s'agenouillent devant l'un d'eux, après qu'il s'est assis sur un TRÔ2^E honte et anathème de l'honneur chrétien; puis ils profèrent ces paroles : -— - « L'Église est à vos pieds: elle attend votre jugement suprême et infaillible! "
Et que dit donc saint Paul dans le premier chapitre de son épître aux Colossiens? comment interpréter ces paroles qui sont pourtant d'un formel absolu :
= « Jésus-Christ est le chef et la tête, " non seulement de l'âme et de l'esprit invisibles de l'Église, mais - du corps " visible " de l'église. « — Et l'Apôtre des gentils ajoute à ce dix-huitième verset du premier chapitre, celui-ci qui forme le dix-neuvième — « Parce qu'il a plu au Père que
» TOUTE plénitude RESIDAT EN LUI. "
Dans son deuxième chapitre à la même société chrétienne, ce vaillant athlète voyant sans aucun doute cet avenir nébuleux et obscur du domaine apostolique, dit: (versets 18 et 19)
= « Que nul ne vous ravisse le prix de votre avancement, »• en se mêlant de parler des choses qu'il ne sait point, et en » ne demeurant pas attaché à celui qui est la Tête et le Chef »' dont tout le corps doit recevoir Pinfluence. "
Frères bien-aiuiés, la plume me tombe des mains! je frissonne! quelle efrravante prophétie dont je trace en ce moment le fatal et terrible accomplissement! C'est saint Paul encore qui, ouvrant les cataractes de l'avenir, aperçoit, dans ce qui doit être le saint des saints, la splendeur et les ravages de l'homme de péché, du fruit de perdition. Mes bien-aimés, je n'exagère pas, je vous donne le texte lui-même. Confrontez la seconde épître aux Thessaloniciens, (ch. 2. vers, 3 et 4) avec ce que je suis contraint de vous écrire :
= » Que personne ne vous séduise en quelque manière que ♦' ce soit : car ce joue (de l'avènement de notre Seigneur Jé- " sus-Christ) ne viendra point que l'apostasie ne vSOIt con-
» sommés auparavant et qu'on n'ait vu paraître L'nOMME
» de péché, ce fruit de perdition, cet ennemi de dieu qui >' s'Élèvera au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu et " QUI est adoré, jusquà s'asseoir dans le temple de DiEUj M voulant lui-même passer pour Dieu! "
Je vous le demande, mes chers Bien-aimés, qu'est-ce que ce trône dans là maison divine? pour qui est-il dressé? est-ce la croix du Rédempteur devant laquelle on va se prosterner pour adorer le sang divin de celui qui n'a eu que ce lit nuptial pour enfanter l'Eglise chrétienne? est-ce pour j exposer l'auguste et divine Eucharistie, afin d'obtenir parla solennelle adoration de la présence suprême, la souveraine et infaillible lumière qui n'est que dans le Pontife éternel qu'elle contient? — Non.^ c'est pour Mr. Mastaï! c'est pour l'évêc^ue de
Koiïie, pour celai qui ose se dire le successeur de Pierre cet liumble Apôtre qui reconnaissant toute l'immensité qui existait entre lui et son Sauveur, supplie ses bourreaux de le crucifier la tête en bas, afin qu'en l'honorant du supplice de la croix, ils lui épargnent une similitude que son imperfection ne mérite pas! Eh bien! ce trône dressé dans le temple divin n'est pas pour le Maître, mais pour le disciple! Le premier professeur des gloires de la Crèche et de l'adorable martyre du Go]gotha vient solennellement et pompeusement avouer qu'il s'est trompé, qu'il a trompé tons les chrétiens; qu'il n'est ni le partisan de l'étable de Bethléem , ni le nls ni l'héritier de Jésus crucifié ! il l'avoue, il le confesse et il prend pour témoins de cette confession ceux qui sont présents et qui revêtent les glorieuses livrées niant le Calvaire et le Dieu de la croix. Il s'assied sur le trône pour insulter aux vieilles anecdotes du prétoire de Pilate; sa tête est chargée d'une tiare à trois couronnes, mépris public de la couronne d'épines que l'on assure avoir été la seule couronne de Jésus-Christ, cet emblème révélant son autorité divine dans le passé, dans le présent et dans l'avenir.
Suivez la foudroyante pro})hétie de saint Paul ; non seulement vous voyez l'envahissement de la maison de Dieu, riiomme élevé au-dessus de tout ce qui est appelé Dieu; mais encore, l'homme voulant lui-même passer pour Dieu; en un mot se faisant adorer.
Voyez ces vieillards pris parmi ce qu''on nomme les doyens des rangs les plus élevés de la hiérarchie canonique : ils ne s'approchent pas du tabernacle ou de l'autel pour adorer la présence divine de leur Chef, de celui que saint Paul appelle la Tête du corps de la société chrétienne! non, ils s'approchent du trône sur lequel le roi de eome est assis; en nobles courtisans et en complices fidèles, ils disent par ces simples paroles: — ♦♦Ce que l'église catholique désiee depuis si longtemps, »> CE qu'elle apopllle de tous ses vœux... ce n'est pas la pa-
» rôle de Jésus de Nazareth, ni un témoignage de Taorément >' divin; ce n'est pas la grâce d'obtenir par de ferventes prières " la continuité de cette divine révélation qui doit nous éclairer " sur le glorieux avènement de Jésus-Christ, sur cette science " promise dès le commencement de la mission des Apôtres, et »> par laquelle nous connaîtrons la suprême justice, l'admirable " saoesse, l'infinie miséricorde et l'invincible amour de Dieu " pour toutes ses créatures : tout cela nous importe peu. Ce » que nous voulons, c'est vous faire une ovation universelle qui " vous affirme le dieu visible dont nous serons chacun à notre " tour, si la mort nous le veut bien permettre, les radieux suc- » cesseurs et les potentats héritiers. C'est pourquoi nous vous " disons hautement et publiquement en ce siècle dix-neuviè- « me: Nous attendons avec tout l'univers yothe supeême kt