‹ Le globe terrestreChapitre 11 sur 87 · CHAPITRE PREMIEh · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIEh

LA FIN DU MO:<DE D*APRES LE DOGME REVELé

Le monde p'-ésent cessera un jour d'exister, du moins quant à sa forme actuelle, tel est l'enseignement de l'Ecriture, en particulier du Nouveau-Testament, la tradition universelle et constante de l'Eglise chrétienne, la croyance unanime des fidèles : « Le ciel et la terre passeront, » dit 1^ Sauveur (i). Aux prédictions qui concernent les derniers temps se rattachent celles qui ont pour objet les fins dernièrede l'homme, la Parusie (2) ou second avènement du Christ la résurrection générale, le jugement universel et ses conséquences. Le fils de Dieu réapparaîtra visiblement sur la terre, glorieux et triomphant, pour juger les vivants et les morts ressuscites : ce jugement définitif marquera la fin du monde présent et la transformation de l'Eglise militante en royaume éternel. Alors le royaume de Dieu sera consommé par la glorification des justes et le châtiment des pêcheurs, glorification et châtiment qui dureront autant que Dieu même.

I Matth. XXIV, 35.

2. Parusie, du grec, TrapO'Jo-ta, est Texpressioii dont se serrent habituellement les écrivains sacrés pour désigner le second avènement de Jésus-Christ et sa manifestation à la fin des temps. I Thess V, 23 ; II, 19 ; III, i3. — I Cor., XV. a3. — I Tim., VI, i4.— II Tim., IV, I. — I Tit. II, i3.

Il suffît d'un regard jeté sur l'histoire de l'Eglise chrétienne pour se convaincre que la cité de Dieu, telle qu'elle a été jusqu'à présent réalisée sur la terre, ne remplit qu'imparfaitement les vues de son Fondateur, qu'elle ne répond pleinement ni aux exigences de sa justice, ni aux intérêts de sa gloire, ni à l'immensité de son amour. Le Christ ne voit-il pas trop souvent son autorité méconnue, son nom blasphémé, son Eglise en butte à la persécution, ses fidèles serviteurs opprimés, ses ennemis triomphants ? Un jour doit venir, et il viendra, où sa justice sera satisfaite et sa gloire hautement proclamée par le triomphe de la cité de Dieu : c'est la conclusion à laquelle conduit nécessairement l'idée du gouvernement divin de la Providence.

Or le Messie n'a jusqu'à ce jour rempli qu'une partie de sa mission. Il a posé la base, mais il manque à l'édifice son couronnement. Tous les jours par le ministère de son Eglise et par l'onction intérieure de sa grâce il recueille les pierres vivantes destinées à la construction de la Jérusalem céleste, précieux matériaux qui attendent leur mise en œuvre et leur transformation finale. Le règne de Dieu est fondé ; Jésus-Christ par sa mort et sa résurrection a remporté une triple victoire sur le démon, sur le monde, sur le péché, et par conséquent aussi sur la mort que saint Paul appelle la solde du péché. Il nous a mis entre les mains les armes victorieuses avec lesquelles nous vaincrons avec lui. Mais si le royaume de Dieu est fondé quant à ses principes essentiels, ces principes n'ont point encore déroulé toutes leurs conséquences, ni la divine semence de l'évangile porté tous ses fruits.

« Toutes les créatures, dit saint Paul (i), attendent avec un grand désir la manifestation des enfants de Dieu, parce qu'elles sont assujetties à la vanité, et elles ne le sont pas volontairement, mais à cause de celui qui les y a assujetties, avec ^^spérance d'être délivrées aussi elles-mêmes de cet asservissement à la corruption, pour participer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu. Car nous savons que jusqu'à présent toutes les créatures soupirent et sont comme dans le travail de l'enfantement ; et non seulement elles, mais nous qui pos-

Page 1