‹ Le globe terrestreChapitre 12 sur 87 · I. Rom. VIII. 19, 24. — 2 Cor, V, i et suiv · texte numérisé non relu

I. Rom. VIII. 19, 24. — 2 Cor, V, i et suiv

d'après le dogme révélé 5

serons les prémices de l'Esprit, nous soupirons en nousmêmes en attendant l'efTet de l'adoption divine, la rédemption de nos corps. »

La conclusion qui ressort de ces dernières paroles est que la rénovation future comprendra le monde des corps comme celui des esprits. L'Eglise au cinquième concile œcuménique a condamné la doctrine des origénistes d'après laquelle le jugement dernier aura pour conséquence l'anéantissement de tout ce qui est matériel (i). D'ailleurs la permanence du monde physique résulte manifestement du dogme de la résurrection. « Le Christ ressuscité ne meurt plus, dit saint Paul (2) ; la mort n'a plus sur lui aucun empire. » Ce qui est vrai du chef est vrai aussi des membres : les justes ressuscites n'auront point à passer une seconde fois par l'épreuve de la mort ; leurs corps vivront aussi longtemps que les âmes bienheureuses auxquelles ils sont désormais inséparablement unis, c'est-à-dire pendant les siècles des siècles. Or le corps des saints, transfiguré dans la gloire, de quelque manière qu'on l'explique, n'en restera pas moins une substance matérielle, occupant un lieu déterminé, en rapport nécessaire avee l'espace et les corps qui s'y meuvent. Pourquoi cette réunion de l'âme et du corps si le monde physique doit être anéanti ? Saint Paul à la vérité fait mention de la spiritualité parmi les prérogatives des corps ressuscites, siirget corpus spiritale, mais il faut se garder de confondre la spiritualité dont parle ici l'Apôtre avec l'immatérialité proprement dite. Il s'agit de la vie spirituelle par opposition à la vie sensuelle ou animale. Gela revient à dire qu'affranchi des impulsions désordonnées de la concuspiscence et revêtu d'incorruptibilité, le corps, d'ennemi qu'il était, deviendra l'auxiliaire de la vie supérieure de l'âme, de la vie surnaturelle. En ce sens il sera spiritualisé sans pour cela devenir un esprit au sens propre du mot.

Nous pouvons déjà de ce qui précède conclure que la fin du monde ne doit point s'entendre de l'anéantissement mais de la transformation du monde actuel. Voici d'autres textes non moins décisifs. « Le monde primitif, dit l'apôtre saint

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