S IV
« On sait, dit M. de Kirw^an, que le soleil voyage dans l'espace suivant une trajectoire non encore déterminée entraînant avec lui tout son cortège de planètes ; celles-ci décrivent donc en réalité non des courbes fermées, mais bien d'immenses spirales, et, par suite, ne repassent jamais par le chemin généralement suivi. L'on n'ignore pas non plus que, en outre des astres perceptibles à notre vue, directe ou rendue plus puissante par le secours des instruments, une foule de corps et de corpuscules solides ou gazeux, de masses et de volumes plus ou moins grands, circulent à travers les es-
1. M. de Kirwan. Revue des Questions scientifiques, « La fin da
monde d'après la Science. »
d'après la SCIENCB Î7
paces. H peut donc arriver que notre sphéroïde avec la vitesse prodigieuse qui lui a été imprimée à l'origino (29.460 mètres par seconde) soit heurté par d'autres corps dj masses plus ou moins considérables et animé de vitesses do sens différent ou même contraire : essaims d'astéroïdes, comètes, nuages cosmiques, par exemple. Il n'en faudrait pas davantage pour amener, sur notre globe, des bouleversements dont nous ne saurions facilement nous faire une idée. Les chutes d'étoiles pourraient être réalisées par d'innombrables astéroïdes, bolides, uranolithes. Le choc violent résultant de la rencontre par notre planète de corps offrant des masses importantes amènerait, outre un changement probable dans la position relative de la terre par rapport au soleil et aux autres planètes, un développement de chaleur suffisant pour embraser notre atmosphère, vaporiser les mers (d'où nuées épaisses interceptant toute lumière), enfin tout dissoudre par le feu, comme le prédit l'Apôtre. »
(( La science reconnaît donc comme non invraisemblable, ou tout au moins comme non impossible, la destruction violente de notre planète, et même le bouleversement plus ou moins profond de notre système solaire par quelque événement cosmique imprévu, mais pouvant toujours se produire, et capable, non seulement de susciter sur la terre un dégagement de chaleur assez puissant pour tout embraser, mais en même temps d'en changer la trajectoire, ce qui aurait pour conséquence de modifier d'une manière plus ou moins grande les conditions d'équilibre du système entier. A la suite d'une telle perturbation, de nouvelles conditions d'équilibre peuvent s'établir, une nouvelle vie se répandre à la surface des mondes, soit par le jeu régulier des forces de la nature lancées dans une direction différente, soit par une intervention plus directe et plus spéciale du Créateur. »
La totalité de la race humaine est-elle destinée à périr dans le vaste incendie qui précédera le second avènement du Fils de l'homme ? Si l'on entend k la rigueur les paroles de saint Pierre, nul être vivant ne sera épargné, ni les hommes ni les plantes ni les animaux : ce La terre sera consumée avec tout ce qu'elle contient (i). » La dernière génération, témoin