I. Apoc, XX, s
bases essentielles de Tordre social, Dieu, la conscience, la distinction du bien et du mal, le libre arbitre, la sanction de la vie future. Ce qu'on veut édifier sur ces ruines, c'est l'état social sans Dieu, c'est le droit à la jouissance remplaçant l'obéissance au devoir ; de là le mouvement qui entraîne les générations modernes à la recherche exclusive du bien-être matériel ; jamais peut-être le côté terrestre de l'existence n'a tenu une aussi large place dans les préoccupations des hommes Le triomphe de pareilles doctrines, c'est, à bref délai, le retour à l'état sauvage.
Ce sombre tableau, dira-t-on, ne convient pas seulement à l'époque présente ; il a existé dans tous les temps des incrédules et des matérialistes, des fatalistes et des athées, des sophistes et des persécuteurs, sans parler des chrétiens relâchés, tièdes ou indifférents ; l'Eglise, dès son origine, n'a cessé de lutter contre le monde, l'enfer et ses suppôts, sans qu'on ait vu paraître l'Antéchrist. La tempête actuelle a-t-elle un caractère plus alarmant? Suffit-elle à justifier les sombres prévisions de ceux qui voient poindre à l'horizon la lutte «uprême des derniers jours ? Loin de nous la prétention de nous ériger en prophète, mais nous savons que Dieu veille sur son œuvre et fait succéder quand il lui plaît le calme à Torage. Sans méconnaître la gravité de la situation présente, ni le caractère particulier qui distingue la lutte actuelle des luttes antérieures, nous avons la ferme confiance que ce déchaînement des passions ne servira qu'à faire éclater davantage l'indéfectible vitalité du christianisme.
<( Ayez confiance, j'ai vaincu le monde (i). » « Allez, enseignez toutes les nations ; je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles (2). » Voilà l'inébranlable fondement de notre espérance. Assaillie par la tempête, l'Eglise, comme autrefois les Apôtres, crie vers le Rédempteur : « Sauveznous, nous périssons. » Et il nous répond : « Hommes de neu de foi, pourquoi ces craintes ? Et il commanda aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme. » Les jours mauvais sont venus; ils en font prévoir de plus mauvais encore, mais Jésus-Christ est fidèle dans ses promesses ; il n'aban-