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LE DERNIER JUGEMENT

saints. Qu'y a-t-il là de contraire au spiritualisme chrétien Jésus-Christ a paru une première fois dans l'infirmité d'une ehair mortelle ; n'est-il pas juste qu'il reparaisse un jour dans la gloire de son corps ressuscité, avec tout l'appareil de la souveraine puissance ? « Nous n'annonçons pas seulement un premier avènement du Christ, dit saint Cyrille de Jérusalem, mais un second avènement, bien plus glorieux que le premier. L'un portait les caractères de la patience ; l'autre portera les insignes de la royauté céleste ; car presque tout est double en Jésus-Christ. Sa naissance est double, l'une divine et éternelle, l'autre humaine et temporelle ; son avènement est double : l'un obscur comme la pluie qui tombe sur une terre desséchée, Tautre resplendissant comme le soleil. Au premier avènement, il est couché dans la crèche, enveloppé de langes ; au second, il sera revêtu de lumière comme d'un manteau. Au premier, il subit l'ignominie de la mort sur la croix ; au second, il arrivera entouré de la multitude des anges. Ne nous arrêtons donc pas au premier avènement ; mais attendons également le second (i). )î

Quant à l'évangile de sa'nt Jean, il confirme, bien loin de la contredire, la doctrine eschatologique des trois premiers. Le but principal de l'auteur, sa préoccupation la plus constante est d'alTirmer la réalité de Flncarnalion contre les gnostiques et les docètes. Il croit fermeme? t que le Christ est venu une première fois dans la chair : nier ce point fondamental de la foi chrélienne, c'est se ranger parmi les précurseurs de l'Antéchrist. Il croit fermement à la réalité de la mort et de la résurrection du Sauveur. Pourquoi donc ne croirait-il pas à son retour visible, à la résurrection des morts, au dernier jugement ?

Soutenir, avec certains critiques, que le spiritualisme de saint Jean ne laisse aucune place à l'attente de la Parusie, telle que l'admettent et la décrivent saint Paul et les trois premiers évangélistes, c'est non seulement méconnaître l'ensemble de sa doctrine, mais contredire formellement le texte du quatrième évangile et des épi très du même auteur. Selon saint Jean, le terme final de la foi, de l'espérance et de l'amour du

I, Catéchèse, V, r

Thomas. — Fin Mon dû 4

chrétien est la révélation du Christ au dernier jour (i). Quand Jésus-Christ déclare qu'il ressuscitera à la fin des temps ceux qui croient en lui, ceux que son Père lui a donnés, il a en vue non pas seulement la régénération spirituelle, œuvre de la grâce, mais la résurrection proprement dite, la résurrection corporelle, comme l'indiquent manifestement les mots in novissimo die, au dernier jour. Nous pensons qu'il faut entendre du second avènement la promesse faite à ses disciples de ne les quitter que pour un temps et de les revoir bientôt (2). Cette promesse est faite à l'Eglise en général, et non pas seulement aux disciples présents. Mais voie: un texte plus décisif : a Le Père a donné au Fils le pouvoir de juger parce qu'il est le Fils de l'homme. Ne vous étonnez pas de ceci, car le temps vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui auront fait de bonnes œuvres sortiront du tcmbeau pour ressusciter à la vie, et ceux qui en auront fait de mauvaises ressusciteront pour leur condamnation (3). » Toute l'eschatologie chrétienne est renfermée dans ce peu de mots ; la résurrection générale, le dernier jugement, la fonction de juge dévolue au Fils, la double sentence dont les justes et les pécheurs seront l'objet les uns pour la vie, les autres pour la mort éternelle. C'est jbien de la résurrection corporelle, d'un jugement public extérieur, non de la renaissance à la vie de la grâce, ni des arrêts de la conscience, qu'il est question dans le passage cité. Détourner ces paroles de leur sens propre et littéral, c'est faire violence au texte.

Dans la première épitre de saint Jean, il est fréquemment question de la dernière heure (4), de la Parusie du Seigneur (5), du jour du jugement (6), « Demeurez en Jésus- Christ, afin que lorsqu'il paraîtra dans son avènement, nous ayons confiance devant lui, et que nous ne soyons point con-

i. II. Joann., II, 18, 20 ; III. 5, 3. Joann., VI, 39-44 VI, 22.

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