‹ Le globe terrestreChapitre 55 sur 87 · Joan., X, iG · texte numérisé non relu

Joan., X, iG

APPENDICE

sein du judaïsme contemporain, ont cru voir dans cette translbrma lion l'indice d'un prochain retour à TEvangile. L'affaiblissement des vieux préjugés de race et de religion, en supprimant les obstacles, ne peut, semble-t-il, que frayer une voie plus facile à la vérité. Il est certain que le judaïsme étroit de la Synagogue, le judaïsme talmudique, sous l'influence des idées modernes, a perdu du terrain dans la partie éclairée de la nation. Est-ce un progrès ? Est-ce un acheminement vers le terme désiré ? Avant de répondre, il faudrait savoir si et par quoi le vide a été comblé. Les coups portés au Talmud, à son esprit exclusif, n'ont-ils pas dépassé le but et frappé au cœur le judaïsme lui-même, en tant que religion surnaturelle et révélée P Or, mieux vaut la foi, celle même qui se trompe d'objet, que l'indifférence et le scepticisme. Celui qui croit à l'existence d'un Dieu personnel et créateur, à la Révélation divine, au dogme de la rémunération future, est moins éloigné de la vérité que le rationaliste orgueilleux qui a fait table rase de ses croyances et ne suit d'autre guide que sa raison individuelle. Le rationalisme n'a jamais rapproché personne du royaume de Dieu ; il laisse dans l'àme un vide plus difficile à combler que les négations du schisme, de l'hérésie et des cultes dissidents : ceux-ci gardent du moins la foi au surnaturel. Tel

réjouir. Le terrain perdu p:

pas un gain pour le Nouveau : c'est un recul, non un progrès. Il est des symptômes plus significatifs du mouvement intérieur opéré par la grâce au sein d'Israël : nous voulons parler des admirables conversions qui, dans ces derniers temps, ont étonné le monde et consolé l'Eglise. Puisse l'exemple des Drach, des Ratisbonne, des Lémann, inaugurer pour le peuple juif une ère nouvelle plus féconde que celle où cherche à l'engager l'incrédulité rationaliste.

Suivant une croyance assez généralement répandue, la conversion des Juifs précédera immédiatement le jugement dernier, suivi non moins immédiatement de la fin du monde actuel. Cette opinion sa concilie difficilement avec les oracles des prophètes sur l'avenir réservé à la nation juive, après sa conversion. Ils y rattachent la réintégration d'Israël dans la possession de la Terre Promise. Mais ils ne se contentent pas d'annoncer ce retour ; ils y ajoutent des promesses plus magnifiques encore. Cet événement inaugurera pour la postérité de Jacob une ère de paix, de grandeur et de prospérité. « Je ferai avec mes brebis une alliance de paix ; elles ne seront plus en proie aux nations, et les bêtes de la terre ne les dévoreront plus (i). » Ces oracles pris dans leur sens naturel supposent, entre la conversion des Juifs et la fin du monde, un laps de temps plus ou moins considérable pendant lequel les fils de Jacob, unis à la véritable Eglise,

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