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ESTOUCHES avait déjà fait représenter une dizaine de grandes comédies ' avant de donner LE Glorieux, qui demeure ^^^^son chef-d'œuvre^ bien que cette pièce n'ait pas été reniise au répertoire aussi souvent que LE Philosophe marié, qu'on joue encore quelquefois
I. En voici la liste : Le Curieux impertinent (17 décembre I 7 I o), I 3 représentations. — L'Ingrat (28 janvier 1712), I 5 représentations. — L'Irrésolu (S janvier 171 3), 6 représentations. — Le Médisant (20 février 171 5), 14 représentations. — Le Triple Mariage (7 juillet 1716), 7 représentations. — L'Obstacle imprévu (18 octobre 1717), 6 représentations. — Le Philosophe marié (i5 février 1727), 36 représentations. — L'Envieux, critique de la pièce précédente [i mai 1727), 3 représentations. — les Philosophes amoureux (26 novembre 1729), comédie retirée à l'issue de la première représentation. Nous ne parlons pas d'une tragédie de jeunesse , les Macchabées, non imprimée, ni de trois intermèdes représentés chez la duchesse du Maine en 17 14.
Le Glorieux. a
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de nos jours ^. Plusieurs de ces comédies, antérieures au Glorieux^ avaient même donné à Destouches une réputation d'écrivain dramatique suffisante pour que l'Académie française l'ait appelé à remplacer le poète Campistron au vingt-sixième fauteuil, /e 2 5 août 172 3, c'est-à-dire neuf années avant la composition de son meilleur ouvrage. D'ailleurs, Destouches s'était acquis, en même temps, une haute situation politique et sociale qui n'avait pas nui à l'éclat de son renom littéraire.
Il n'avait pas été destiné aux lettres. Né à Tours, le 22 avril i6So, Philippe Néricault-Destouches était devenu un bon élève du célèbre collège des Quatre- Nations, et à dix-neuf ans il s'était engagé comme volontaire, et avait fait alors les campagnes de 1701 et de 1702 en Espagne. C'est dans ses loisirs de garnison, à Huningue, que, lisant un peu plus tard le célèbre roman de Cervantes, Don Quichotte, il avait cru trouver dans un de ses épisodes, intitulé LE Curieux impertinent, le sujet d'une grande comédie qu'il composa en cinq actes et en vers, et qu'il dédia au lieutenant général marquis de Puysieulx, gouverneur de Huningue et ambassadeur de Louis XIV en Suisse. Ce fut l'origine de la fortune
I . La dernière reprise de cette belle comédie au Théâtre- Français date du i 5 mars 1859. Les principaux rôles étaient joués par Provost père, Bressant, Leroux, Maillart, j^me» A.. Plessy, Aug. Brohan et Judith.
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diplomatique de Destouckes. Le marquis de Puysieulx rattacha^ en effet, à sa personne comme secrétaire, puis le recommanda au Kégent, lequel l'envoya en Angleterre avec l'abbé Dubois, qui s'y rendait en qualité d'ambassadeur extraordinaire auprès du roi George /«'". Dubois revint en France peu de temps après, mais Destouches reçut le titre et les pouvoirs de ministre plénipotentiaire et en remplit les fonctions pendant sept ans à Londres. C'est durant ce séjour qu'il épousa secrètement une jeune Anglaise catholique nommée Dorothée Johnston. Il dut tenir, pour des raisons politiques, son mariage caché jusqu'à son retour en France. Cette aventure lui fournit plus tard le sujet de sa remarquable comédie le Philosophe marié, ou le Mari honteux de l'être.
En revenant à Paris rendre compte de sa mission. Destouches quitta définitivem.ent la diplomatie et les affaires pour se livrer tout entier à son goût pour le théâtre. Il avait d'ailleurs une assez belle fortune, encore accrue par un don de 100,000 francs dont le roi récompensa ses services en Angleterre. Il put donc acquérir une grande propriété dans le Maine, et il devint même seigneur de plusieurs villages. Un peu plus tard, il obtint l'important gouvernement de Melun et acheta dans les environs de cette ville le domaine de Fortoiseau, où il mourut le 5 juillet i 754, à l'âge de soixante-quatorze ans.
Parmi les nombreuses pièces qu'il composa postérieurement au Glorieux^ on ne peut guère citer que