ACTE I, SCÈNE III i
Et nous vivions tous deux de pair à compagnon. Mais, pour monsieur le Comte, au diantre si je l'aime ! Il est toujours gourmé, renfermé dans lui-même, Toujours portant au vent, fier comme un Ecossois. Je ne puis le souffrir, à vous parler françois; Et, dût-il m'enrichir, que le diable m'emporte Si je voulois servir un maître de la sorte!
Pasquin.
Patience; à ta face on s'accoutumera, Et tu verras qu'un jour monsieur te parlera. Mais ne t'échappe point. Attends l'heure propice. Depuis dix ans au moins je suis à son service, Et n'ose lui parler que par occasion.
Lisette, à Pasquin.
Ce pauvre garçon-là me fait compassion.
Faites que l'on lui dise au moins quelques paroles.
La Fleur.
Tenez, j'aimerois mieux deux mots que deux pistoles.
Pasq^uin.
J'y ferai de mon mieux. *
Enfin point de milieu; Il faut ou qu'on me parle, ou qu'on me chasse. Adieu, Voilà mon dernier mot; c'est moi qui vous l'annonce; Et je parlerai, moi, si je n'ai pas réponse.
i6 LE GLORIEUX