ACTE II, SCÈNE X
Pasquin.
Peste ! qu'elle est dodue !
A ce charmant objet je me sens l'âme émue.
(// ouvre la bourse et en tire quelques pièces.) Le Comte, le surprenant.
Que fais-tu?
Pasquin.
Je veux voir si cet or est de poids.
Le Comte, lui reprenant la bourse.
Vous êtes curieux.
(// fait plusieurs signes, et, à mesure qu'il les fait, ses laquais le servent. Deux approchent la table , deux autres un fauteuil; le cinquième apporte une écritoire et des plumes, et le sixième du papier ; ensuite il se met à écrire. ) Pasquin.
Monsieur, je puis, je crois, Sans manquer au respect, vous donner cette lettre Que pour vous à l'instant on vient de me remettre. Le Comte, continuant d'écrire après l'avoir prise. Ah! c'est du petit duc?
Non, un homme est venu...
Le Comte.
C'est donc de la princesse...
Pasquin.
Elle est d'un inconnu Qui ne se nomme pas.
Le Comte.
Et qui vous l'a remise?
Pasquin.
Un laquais mal vêtu...
Le Comte, lui jetant la lettre.
C'est assez; qu'on la lise, Et qu'on m'en rende compte. Entendez-vous? Pasquin.
J'entens.
{Il Ut la lettre bas.) Le Comte, toujours écrivant.
Monsieur Pasquin?
Pasquin.
Monsieur.
Le Comte.
Faites sortir mes gens.
Pasquin, d'un air suffisant.
Sortez.
La Fleur, au Comte.
Monsieur...
Le Comte.
Comment?
Oserois-je vous dire ?. . .
Le Comte.
11 me parle, je crois! Holà! qu'il se retire. Qu'on lui donne congé.
Pasquin , à La Fleur.
Je te l'avois prédit.
Va-t'en, je tâcherai de lui calmer l'esprit.