‹ Le glorieux; comédie en cinq actes. Avec une prefaceChapitre 48 sur 105 · LE COMTE, PASQUIN · texte numérisé non relu

LE COMTE, PASQUIN

[Le Comte relit ce qu'il a écrit, et Pasquin lit la lettre.)

Le Comte, après avoir lu ce quil ccrivoit. Tu ne partiras point; et c'est une bassesse Dans les gens de mon rang d'outrer la politesse. Un homme tel que moi se feroit déshonneur Si sa plume à quelqu'un donnoit du Monseigneur. Non, mon petit seigneur, vous n'aurez pas la gloire De gagner sur la mienne une telle victoire. Vous pourriez m'assurer un bonheur très complet, Mais, si c'est à ce prix, je suis votre valet.

(// déchire la lettre. ) Ote-moi cette table. Eh bien, que dit l'épître ?

Pasquin.

Elle roule, Monsieur, sur un certain chapitre Qui ne vous plaira point.

Le Comte.

Pourquoi donc? Lis toujours.

Pasquin.

Vous me l'ordonnez, mais...

Le Comte.

Oh! trêve de discours. Pasquin lit.

Celui qui vous écrit...

6o LE GLORIEUX

Le Comte.

Qui vous écrit! Le style Est familier.

Pasquin.

Il va vous échauffer la bile.

[Il lit.) Celui qui vous écrit, s' intéressant à vous, Monsieur, vous avertit sans crainte et sans scrupule Que par vos procédés, dont il est en courroux, Vous vous rendez très ridicule.

Le Comte, se levant brusquement.

Si je tenois le fat qui m'ose écrire ainsi...

Pasq uin.

Poursuivrai-je?

Le Comte.

Oui, voyons la fin de tout ceci.

Pasquin lit.

Vous ne manquez pas de mérite.

Mais...

Le Comte.

Vous ne manquez pas! Ah ! vraiment je le croi. Bel éloge! en parlant d'un homme tel que moi. Pasquin lit.

Vous ne manquez pas de mérite, Mais, bien loin de vous croire un prodige étonnant, Apprenez que chacun s'irrite De votre orgueil impertinent.

Le Comte, donnant un soufflet à Pasquin. Comment, maraud?...

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