A. HENRY
rapporter au thermomètre pour juger de la gravité de ces phénomènes ; l'accélération du pouls peut être le signe précurseur de l’empoisonnement grave.
Les symptômes d’'empoisonnement peuvent se présenter après là suppression du pansement (observation de Schede).
Les phénomènes cérébraux se présentent sous deux formes principales : la forme méningitique et la forme délirante.
C’est surtout chez les enfants qu’on a observé la première caractérisée par le coma, la contracture, l'inégalité pupillaire, la rapidité du pouls sans élévation notable de température.
MM. Cazin et Iscovesco (1) en ont observé deux cas à Berck. Observation de Billroth.
Chez l'adulte les troubles cérébraux ne sont pas moins curieux. Il existe tantôt de l'excitation tantôt de la dépression, mais à un degré moindre que chez l’enfant.
On observe surtout de l’angoisse, de l’excitation, les malades essayent de se débarrasser de leur pansement. Il peut y avoir un véritable délire lypémaniaque, avec tendance au suicide (observations de Schœnborn, Max Schede, Czerny, Kuster, Wille, Kœnig, Van der Heven, Langenbeck, Schinzinger, Schwartz.)
La relation des intoxications iodoformiques mortelles est peut-être fastidieuse, mais un nécrologe a une éloquence qui s'impose et vaut à lui seul plus que toutes les théories, toutes les expériences.
Nous avons pu réunir cinquante-deux observations et
(1) France médicale, AS89,
mie nite
à les voir rapportées parfois si nombreuses aux mêmes chirurgiens on est à se demander si certains chirurgiens n'ont pas souvent reculé à accuser de semblables mécomptes ou n’ont pas un peu légèrement peut-être rapporté un accident fatal à une autre cause.
BILLROTH
I. — Fille de neuf ans. Curage d’abcès froid sous-trochantérien. Poudre d’iodoforme, 40 grammes.
Accidents à forme méningitique débutant le vingtième jour. Mort le vingt-huitième jour.
À l’autopsie : rein brightique. Rien aux méninges, ni au cerveau, pas de tuberculose miliaire.
IL. — Garçon de cinq ans. Résection de la hanche, Poudre d’iodoforme 120 grammes. Les accidents à forme méningitique débutent le vingtième jour, la mort arrive au vingt-huitième. Autopsie négative.
FISCHER (Breslau)
IT. — Homme, cinquante-sept ans. Alcoolique. Résection du coude. Poudre d’iodoforme 150 à 200 grammes. Au deuxième jour, agitation, délire. Le septième jour, mort dans le coma.
On trouve le cœur, le rein et le foie gras, un peu de méningite.
IV. — Femme de soixante ans. Abcès para-articulaire du genou. Poudre d'iodoforme 100 à 150 grammes, Au neuvième jour, coma, fièvre modérée, pouls fréquent. Mort le vingtième Jour.
Foie et rein gras, cœur petit et mou.
SCHOENBORN ;
V. — Femme, quarante ans. Carcinome de la mamelle, Poudre d’iodoforme 40 grammes.
Accident de manie aiguë le deuxième jour. Pouls 120- 130, Mort le neuvième jour.
VI. — Femme, quarante ans,Carcinome de lovaire. Poudre d'iodoforme 20 grammes. Manie aiguë. Coma, pouls 140. Mort le troisième jour.
Autopsie négative.
MAX SCHEDE -
VIE: — Homme. Carcinome de l'orbite.
Poudre d’iodoforme, 20 grammes. Folie de la persécution, se précipite par la fenêtre.
A j'autopsie: foie hypertrophié, néphrite suppurée,
méningite.
VIE — Garçon, Extirpation d’un bubon. La mort suivant une semaine après la suppression de l'iodoforme.
IX-XVI. — Max Schede accuse encore huit intoxications mortelles par l'iodoforme dont il ne donne pas lPobser-
vation,