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tion iodoformée poussée dans les Iymphatiques ayant infiltré toute la séreuse. I serait impossible d'observer la plus petite surface péritonéale exempte de la coloration jaunâtre.
Ce qui nous reste à dire est assurément peu de chose, à côté des faits que nous venons de citer. Toutefois en chirurgie il n’est pas de détail qui n'ait son importance surtout quand d’un détail peut dépendre le résultat cherché.
C’est ainsi que beaucoup de chirurgiens ont constaté que la présence de cristaux d'iodoforme sur les lèvres d'une plaie opératoire retardait la cicatrisation soit mécaniquement, soit par les accidents inflammatoires qu'ils déterminaient.
Une cicatrice que l’on espérait rectiligne et presque invisible devenait dentelée et apparente sur une largeur trop considérable (1). Ce n’est qu'un détail assurément, mais combien important dans les interventions où l’esthétique est aussi intéressée que la santé, et c’est le cas d’un grand nombre d'interventions.
De tout temps on a reproché à l’iodoforme son odeur désagréable et tenace, trahissant une quantité même infime de cette substance, persistant après un simple contact, malgré les soins de propreté les plus minutieux, retentissant souvent d'une facon fâcheuse sur les fonctions disgestives.
Qu'un chirurgien, par le fait de ses fonctions, soit ainsi condamné à une gêne perpétuelle, c’est tout au moins
(4) Lucas Caampronnière. — Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 1887,
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inutile, mais l’inconvénient est plus grave encore pour le malade. Un rien, une plaie légère et sans importance fonctionnelle, un chancre se transforment souvent, du fait d'un pansement iodoformé, en véritable infirmité, obligeant le malade à renoncer à la vie commune, à quitter ses habitudes, son travail quelquefois, le forçant à s’isoler spontanément s'il ne veut s’exposer au désagrément d’un isolement forcé et souvent mal interprété.
Nous avons été témoin plusieurs fois de cas de ce genre. Ajoutons que les divers procédés employés à pallier ce côté défectueux de l’iodoforme quand ils n'ont pas dénaturé ses propriétés n’ont jamais atteint d’une façon satisfaisante le but désiré.
Voilà donc ce qui reste des espérances exagérées que l’on avait fondées sur l’iodoforme.
Après un emploi systématique et des déboires sans nombre, l'enthousiasme s’est calmé, et Bourdette (1) conclut: «Il ne faut s’en servir qu'avec les plus grandes précautions chez les personnes affaiblies et nerveuses, chez celles qui ont une affection réhale ou cardiaque, chez celles qui sont trop grasses et qui ont les chairs flasques », soustrayant de la sorte à son emploi, si l’on veut y réfléchir, la majorité des sujets chez lesquels on est appelé à intervenir.
Kœnig (2) de son côté à la fin de son mémoire : « Sans partager la frayeur de certains chirurgiens, 1l n'est plus permis de recommander l'iodoforme comme antiseptique
(1) Bounperre. — De l’iodoforme el de l'iodoformisme,thèse de Paris, 1893. (2) KoënIG. — Die gifligen Wirkungen des iodoform als Folge der amoendung desselben an Wunden (Centralblalt für Chirurgie, 18 et
25 février 1882).
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général dans les grandes blessures ou à la suite des opérations. »
Enfin pour nous, l’expérimentation, la clinique et la quelque expérience que nous avons pu acquérir dans les services de chirurgie de Lyon et de Saint-Étienne où l’iodoforme était ou n'était pas employé, nous montrent dans l’iodoforme un agent moins efficace qu’on ne l’avait cru, souvent dangereux et toujours désagréable.
Il nous reste à étudier le formol qu’on emploie en solution au 40/1000. Le formol ne saurait en cet état revendiquer les avantages du glutol. Il s’agit, en effet, d’une solution souvent impure, renfermant de l'alcool méthylique et de l’acide formique, facilement altérable et pouvant perdre son titre comme tous les liquides saturés d'un gaz à évaporation rapide.
D'autre part, l’action du formol en solution ne peut être assimilée à celle de la formaldéhyde combinée à la gélatine. Dans ce dernier cas, la formaldéhyde se dégage lentement et par là même sans produire d’action irritante, d’une facon continue, permettant une antisepsie prolongée. Avec la solution de formol il est difficile d'assurer l'effet nécessaire sans le dépasser; car, en dehors des cas où la solution est impure ou altérée, l'action de la formaldéhyde est rapidement épuisée. En outre, son action est peu considérable et insuffisante si l’évaporation est libre, massive, et dangereuse si un pansement trop occlusif amène un contact et une absorption trop considérable par les tissus.
Si en terminant cette étude nous résumons les avantages que présente le glutol, nous constatons tout d’abord que cette préparation constitue jusqu’à ce jour, la meil-
leure mise en action de la formaldéhyde, antiseptique de premier ordre; qu’elle "paraît supérieure aux divers antiseptiques pulvérulents employés jusqu'ici, supériorité tenant: |
Au dégagement continu du principe antiseptique ;
A l’absence de propriétés toxiques ou irritantes ;
A l'absence de résidus qui peuvent faciliter le développement des germes.
Si on la compare à l’iodoforme, l’antiseptique pulvérulent le plus fréquemment employé, elle a sur lui l’avantage :
De l’absence d'odeur ;
De l'absence de propriétés toxiques et irritantes ;
D'un pouvoir antiseptique plus considérable, plus durable et susceptible d’être appliqué d’une façon plus générale et sur un champ illimité.
OBServATION KL — (2) Edm. Saalfeld.)
Diabétique, ayant présenté, pendant des années, de nombreux abcès extrêmement récalcitrants de la nature acné nécrotisants, et cela dans les parties les plus diverses du corps.
Quelques-uns de ces abcès étaient isolés, mais le plus grand nombre étaient groupés et formaient des cavités autour desquels les fissures formaient comme un réseau. La guérison de ce mal, très gênant et qui rendait au patient tout travail régulier impossible, a été tentée vainement de divers côtés et par les procédés les plus différents. J'y avais moi-même consacré vainement mes efforts pendant plus d’une année.
C'est alors que je fis l'essai du glutol sur un petit abcès isolé,