A MES MAITRES DANS LES HOPITAUX
Externat 1886-87.
Internat 1888-89.
Nancy
Clinique médicale : M. le professeur SPILLMANN. Clinique chirurgicale : M. le professeur Gross.
Clinique des vieillards : M. le professeur DEMANGE. Clinique obstétricale : M. le professeur HERRGOTT.
Clinique chirurgicale : M. le professeur Gross.
Paris
Externat 1890-91. Lariboisière : M. le docteur GÉRIN-RozE.
Internat provisoire 1891-92. Saint-Antoine : M. le professeur agrégé
Internat titulaire 1892-93.
Lertuzze ; MM. les docteurs MERKLEN ; H. MARTIN ; GALLIARD.
Clinique ophtalmologique de l’'Hôtel-Dieu :
M. le professeur PaNas ; M. le professeur agrégé BRUN.
Clinique chirurgicale de l’Hôtel-Dieu :
M. le professeur LE Forrt, +; M. le professeur DuPpzay ; M. le professeur agrégé LEJARS.
Clinique chirurgicale de Necker : M. le professeur LE DENTu; M. le professeur agrégé RICARD.
Clinique chirurgicale de la Charité : M. le professeur TiLLAUX.
J'ai plaisir à leur adresser ici un public hommage de ma recon-
naissance, car c'est à eux que je dois mon éducation clinique.
A Monsieur LE PROPESSEUR L.-H. FARABEUF
Qui m’a fait comprendre et aimer l’anatomie et m'a initié à la médecine opératoire.
Avant-propos
Je n'ai voulu faire ni un recueil d'observations rapprochées de gré ou de force, ni une compilation de lectures plus ou moins bien digérées, ni un index bibliographique. Ce qu’on va lire ne sera qu’une thèse, au sens étymologique du mot, c’est-à-dire une proposition présentée, développée et soutenue par son auteur.
On n'y trouvera donc, en fait d'observations, que quelques résumés et quelques fragments qui m'ont semblé utiles à ma démonstration. Quant à la bibliographie, je n'ai pas essayé de dresser la liste de tous les travaux parus sur la maladie de Graves; je n'ai donné que les indications nécessaires à celui qui désirerait contrôler mes citations.
Bonne ou mauvaise, l’œuvre est du moins personnelle: elle contient une idée, vraie ou fausse, en tout cas nouvelle. Si quelqu'un, à brûle-pourpoint, avait émis devant moi cette idée il y a quelque trois ans, j'eusse très probablement haussé les épaules : l'esprit humain est ainsi fait que toute chose lui semble absurde, qui n’est pas encore banale. La première fois qu’elle traversa mon cerveau, elle me fit l'effet d’un agréable paradoxe. Depuis je l'ai retournée sur toutes ses faces; plus j'y ai réfléchi, plus elle m'a semblé vraie, et, grâce à elle, sont devenus clairs pour moi des faits que je ne m'étais pas expliqués jusqu'alors.
J’ai fait la critique des théories émises sur le sujet qui m'a occupé sans me laisser arrêter par l'autorité de leurs parrains. J'ai donné une conception nouvelle; les choses me semblent se passer comme si elle était la véritable, mais je me garderai bien
d'affirmer qu'il en est ainsi. Au problème, qui ne me paraissait
en
pas résolu, je crois avoir trouvé une solution, j'ignore si c'en est la solution, n'ayant pu en faire la preuve matérielle.
« Ainsi vous pouvez construire toute la symptomatologie de la maladie de Basedow, sans le goître, bien entendu, puisqu'il en est la cause, Une théorie qui permet cela doit être la vraie ». Tel est le raisonnement de Lemke (1); ce ne sera pas le mien.
Les interprétations de ceux qui m'ont précédé ne me satisfaisaient pas, la mienne me satisfait davantage, mais je n’y croirai fermement que le jour où l'observation dirigée sans parti-pris dans ce sens aura trouvé un fait incontestable.
Je prierai donc le lecteur — s’il s’en présente — de mettre de côté toute idée préconçue et de me suivre à travers ces quelques pages. J'espère que, parvenu au terme sans trop de fatigue, il en viendra à penser comme moi que, si la démonstration n’est pas absolue, au moins la conception est-elle claire et logique et explique-t-elle à peu près tous les faits, ce qu'aucune autre ne pouvait faire.
Si les observations nécropsiques viennent un jour confirmer mes conclusions actuelles, j'en serai certainement fort aise; dans le cas contraire, je serai le premier à reconnaître que j'étais à côté de la vérité. Mon hypothèse alors sera remisée avec les autres et je m'en consolerai facilement, la sachant en bonne et nombreuse compagnie.
Le plan que j'ai suivi est fort simple : après une étude rapide de la symptomatologie, je verrai s’il est possible de faire table ns de toutes les théories pathogéniques émises jusqu’à ce jour; puis je tenterai de reconstruire sur des bases nouvelles l'édifice démoli.
(x) Lemke, — Ueber Frühdiagnose und Theorie des Morbus Basedowii- Münchner med. Wochenschrift, 1896, p. 334.