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Le goitre [microforme]

Quelques remarques sur l'anatomie et Ja physiologie de la glande thyroïde et sa tuméfaction ordinairement appelée goitre

Préparées et compilées par la Commission de Conservation,

décembre 1918 Par

Le Dr FRANCIS J. SHEPHERD, 0 D, FR C. rs Etc.

Professeur émérite et cr-doucn de La faculté de médecine de l'Université Metiill

COMITÉ DE LA SANTÉ PÉOBLIORE SiR EpMUND B. OSsLER, président L'HON. FT, A, CRERAR E'HONT HS ABEEAND Mur C. P. CHooUETTE

L'HON. G. W, BROWN Le Dr C. C. JoNes

Le Dr W, G. RUTHERFORD

OTTAWA, 1919 540s4—1

glande thyroïde et le larynx

\WANTE-PFRoPos

N 1917, M John FE SVCeUinu, agent industriel pour la compagnie du chemin de fer Canadien du l'acifique, à Calgars, transmit à la Commission de la Conservation UN Methioire par le Dr T. G Ritchie, de Cochr ne, Alta, dan quel le docteur expose que le

poitre est tres commun en Alberta. Il dit den août 1916, il s'arréta un Jour, sur la Kème avenue de « algars, “avec un autre homme, pendant trois quarts d'heure, au temps du repas de midi, notant les cas de goitre chez les personnes QUE passaient devant lui, et SAperçut qu'au moins 30 pour cent des femmes qu'il vit, et dont la gorge était à découvert, portaient des marques visibles de Hoitre; que ces personnes étaient pour la plupart de jeunes ouvrières destinées à devenir mères de famille,»

Le Dr Ritchie ajoute qu'un médecin de Calgary lui avait dit aussi “qu'environ 13 pour cent des élèves des écoles normales de cette ville sont victimes du goitre, bien que la plupart n'aient demeuré que peu de temps dans la province... Nous devrons empecher l'entrée des colons dans l'Ouest, jusqu'à ce que nous avons pris des mesures énergiques pour enrayer cette maladie,»

Cette correspondance fut soumise au Dr T. F. Norman, officier de Santé provincial pro temp. d'Alberta, avec prière de faire connaitre son Gpinion à la Commission.

Le Dr Norman dit en sa réponse: «Je ne crois pas que cette maladie soit particulièrement virulente, car pour moi virulence implique mortalité, et l'on n'a signalé aucun déces attribuable au goitre en 1015-1916, En 1015, huit personnes sont mortes de goitre exophtalmique, et neuf de la meme Maladie en 1916, Je pense que la plupart des médecins considé rent cette maladie tout à fait distincte du goitre ordinaire mentionné par le Dr Ritchie, qui n'a causé aucun déces,

“Si nous comparons le nombre des victimes aux 203 décès dus à la tuberculose, en 1915, €t aux 297 en 1916, ainsi qu'aux 312 victimes de la pneumonie, en 1915, (bronchiale et lobaire) et aux 453. en 1016 nous admettrons qu'il faut d'abord s' ccuper de celles-ci avant de s'arrête: at goitre qui, après tout, est plutôt une maladie défigurante, Elle es répandue un peu partout, en certaines régions plus communément que d'autres: mais nous bénéficions gratuitement de toutes les recherches scientifiques entreprises en toutes les parties du monde, vu que la caus est partout la méme.

«Pendant quelque temps, la cause fut attribuée à l'eau: plus tard on lui donna une autre origine: mais je ne suis pas tres au courant des chiffres, Cependant, je crois il faudrait plutôt juger de a gravité d'un inaladie par les décès qu'elle entraine. Nous savons par ailleurs que les autres provinces, dans l’ensemble, comptent autant, sinon plus, de cas di goitre que l'Alberta: mais cette région de Cochrane peut être plus maltraitée que d'autres. Toutefois, si l'on décide de faire des études spécales sur cette maladie, il faudra les étendre à toutes les provinces.

“En Europe, surtout en Suisse et en Angleterre, et en Amérique, aux Etats-Unis, on a déja dépensé de fortes somines d'argent en pareilles études, Je ne vois donc pas pourquoi nous devrions nous aussi sacrifier des fonds pour cette maladie, quand d'autres soat plus désastreuses.

«lt n'y à certainement pas de montagnes dans la partie d'Ontario d'où je viens, et il y a cependant seut-être autant de goitreux en cette localité qu'en toute autre de méme étendu dans l'Aberta. Je dirai méme que j'ai vu plus de goitreux dans l'Ontario que deus l'Alberta,

uMais, st la Commission de la Conservation, ou le gouvernement fédéral, entreprend des 1 herches et trouve la cause du mal et le remède, ce sera un bienfait notoir: \ la page 2 de sa brochure, Goitre in Uberta, te Dr Ritchie déclare que des milliers de personnes de sang pur, établies ici, contractent cette maladie. Mais, puisque le docteur admet que la période d'incubation de cette maladie dure de vingt à trente annees, com ment sait-il que le sang du colon en était indemne, lors de son arrivée au pays, ou s'il n'en portait pas déjà les germes, où si l'infection — étant donné qu'on l'appelle ainsi — a pris naissance en Alberta ?

«Si cette maladie avait la gravité que lui attribue le Dr Ritchie — et loin de nous la pensée de ne pas en reconnaitre le danger — puisque ce sont les femmes du pays qui en souffrent le plus, leur gorge étant le plus en évidence, ces personnes se seraient adressées aux conseils des femmes en les priant de demander que des recherches fussent faites en vue d'éliminer le mal, si la chose est possible. Je ne crc is pas qu'une seule d'entre elles ait fait pareille démarche, mais je sais que la plupart dénoncent la tuberculose qui fait tant de victimés dans la province,

«Si donc des personnes sont atteintes de goitre pour étre ventes demeurer en Colombie-Britannique ou en Alberta, rien ne prouve qu'elles ne seraient pas devenues goitreuses en restant en leur pays d'origine.»

Le Dr T. H. Whitelaw, officier de santé d'Edmonton, Alta, a écrit ce qui suit

«Après avoir habité Edmonton pendant 19 ans, exercé la profession de médecin général au cours des 10 premières années, et occupé ensuite la position d’officier de santé de la ville, je ne vois rien, en cette région, qui justifie les déclarations catégoriques du Dr Ritchie sur le goitre. La plupart des adultes qui demeuraient, il y a 10 ans, dans la province de l'Albe ta, n'y étaient pas nés, mais étaient venus d'ailleurs; on pourrait mème dire, il me semble, que la majorité de la population actuelle est née en dehors de l'AÏE a. Je connais plusieurs des anciens habitants et leurs familles qui demeuraient ici, quand je suis arrivé, il y à 19 ans, et je ne me rappelle pas avoir vu tn seul goitreux parmi eux. Il vaudrait la peine de connaître le nombre des personnes atteintes de cette maladie et originaires de cette province. On voit ici, il est vrai, un certain nombre de goitreux, mais ils ne sont pas que je sache plus communs que dans les autres parties du Canada. Quant à ce que le Dr Ritchie affirme sur te nombre de goitreux qu'il dit avoir vu à Calgary, je doute fort qu'il ait a priori, les compter en se contentant de jeter un coup d’œæil sur la «ce de quelques femmes. Je crois que chez la plupart des femmes, la £ia..de thyroïde est naturellement plus développée que chez les hommes, et que, par suite d’une plus grande flaccidité des muscles du cou, la glande thyroïde est plus apparente.»

ré

GLANDE TH ROIDE ot GOT

À la suite de cette Correspondance, M Jan \hite, adjoint du président de la Commission de Conservation, fit des recherches à Regina, Calgary et Edmonton, AU Cours de 1917, Les renseigne ments qu'il re cueillit montraient que plusieurs person le l'Alberta étaient alarrne Us par la diffusion de cette maladie qui devenait une Menace, Le corseil local des femmes de Calgary avait approuve une résolution “Que, va la

Propagation du goitre, non seulement en Alberta, mais ailleurs. 1 th mission de la { ONSEFVAtion soit price d'en res hercher les causes » Des Particuliers ont aussi demande Meme chose

On s'adressa donc au conseil d'hygiène provincial de l'Alberta pour Savoir si fa ( otnnnssion devait entreprendre une telle étude, vu l'état des esprit au st du goitre dans la province,

Le Dr l BÈ N Fan, officier de santé de F \berta répondit: «Le Conseil est sois l'impression que le goitre n'est Pas plus commun en cette Province qu'au moins dans la majorité des pProvinses y Canada, ni que

cette Maladie à plutot son origine en cette pror qu'en d'autres, Ce pen le conseil ACCEPLErA gracieusement te, de que peut donner Votre Commission, pour trourer la cause de Li die et les mo eus à

prendre pour enrayer sa diffusion,

“Le conseil est d' pinion ct'une simple énumération tubulaire des cas de Lintre ne constituerait qu'une chose de peu d'importance, qui Pourrait méme mettre la situation Sous Un faux jour

(SI la Commission décide de faire des recherches relatives au goitre dans toutes les autres Provinces du Canada, le conseil d'hygiène provincial désire que l'Albert: soit du nombre,»

Mais la Commission de la Ce Mservation n'était pas en mesure d'entreprendre de: recherches Minutieuses par tout le ( anada. Elle ne disposait ni d'experts ni de fonds à cette fin; en outre, les tém ignages obtenus sur les effets du goitre, par CoMparaison avec les décès dus à la tubercul se, à la pneumonie, ete. n'étaient pas d'une nature suffisamment grave pour justifier la dépense d'argent nécessaire.

Le 20 septembre 1917, l'Association médicale Alberta adopta la résolution suivante:

«Considérant que la F"sse de l'Alberta à publié de temps à autre des articles qui annonça Iue la maladie du goitre était commune dans la province:

«Et vu que certains Membres de la profession médicale ont déclaré Qu'il y avait de 50 à 100 pour cent de goitreux parmi la population :

«Nous, membres de l'Association médicale de l'Alberta, représentant toutes les régions, urbaines et rurales de l'Alberta, désirons déclarer que le goitre n'est pas plus commun en Alberta que dans les autres parties dit Canada:

«Nous désirons, en outre, faire savoir qu'il P'y a pas du tout lieu de s'alarmer sur la diffusion de la maladie, Nous ajoutons que nous différons totalement d'opinion avec le Dr Ritchie, lorsqu'il annonce que le goitre est Commun en cette province,»

Au cours de l'hiver 1917-18, les instituts de femmes de la Colombie Britannique, adoptérent une résolution à l'effet de demander au gouvernement de s'enquérir de la diffusion et de la cause du goitre chez les

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enfants d'école. On voit par là que les habitants de l'Alberta et de la Colombie Britannique commençaient à s'épeurer et que la «peur» augmentait au lieu de diminuer.

En février 1918, la Commission de la Conservation se mit en relation avec le Dr F. J. Shepherd, ex-doyen de la faculté de médecine de luniversité MeGill, à Montréal, au sujet du goitre au Canada. À la suite de correspondances échangées, le Dr Shepherd accepta d'entreprendre des recherches, mais refusa toute rémunération autre que ses frais de voyage. 1! est juste que la Commission de la Conservation exprime au Dr Shepherd la gratitude de ses membres et la reconnaissance des citovens de l'Alberta, pour avoir fait preuve d'altruisme en cette entreprise, puisqu'il était déjà très occupé aux œuvres de la Commission des hôpitaux. Toutefois, les nécessités des œuvres de guerre ne permirent pas au Dr Shepherd de se rendre dans l'Ouest avant le commencement de mai IOI8.

Le Dr présenta le rapport suivant, à son retour:

«Je suis arrivé à Calgarv, le matin du 13 mai et je partis ce matin même avec M. Sweeting pour Cochrane voir le Dr Ritchie, en vue de m'enquérir de la diffusion du goitre en cette localité.

«Il me fit voir un certain nombre de goitreux, principalement des cas de forme diffuse, et des jeunes filles de 124 à 18 ans qui en souffraient ; il me montra aussi plusieurs adultes. Jexaminai les filles d'école agées de plus de 13 ans et trouvai quatre cas sur 14 sujets. Faute de temps, je ne pus en examiner d’autres, mais j'en vis assez pour dire que les goitreux sont très nombreux à Cochrane.

«Le Dr Ritchie a épeuré la population par la publication de lettres et par conversations avec différentes dames, déclarant

dans la presse, nérer, si l'on ne prenait pas des mesures immédiates

que la race allait dégé pour enrayer la propagation du goitre. Îl ne sait pas au juste quels moyens il faudra prendre. J'admis avec lui que la maladie était très répandue, mais que ses déductions étaient fausses et qu'il avait tort de prendre ses théories pour des faits. Je lui conseillai aussi de moins parler, surtout lorsqu'il s'agissait de sujets purement théoriques. Il n'a pu me montrer un seul cas de crétinisme. Toutes Îles femmes goitreuses m'ont dit que la maladie était très commune et qu'elles en connaissaient plusieurs Cas.

«Le 14 mai, je vis le maire de Calgarv, le Dr Castello, et je d'entretins longuement avec lui. [l me dit que l'eau impure était la cause de la propagation de cette maladie et que l'eau pure en réduirait de beaucoup le nombre. On m'a dit qu'au temps des crues (en juin), l'eau de Calgary est très épaisse ct sale, qu'elle est impotable et méme impropre au lavage du linge Elle était pure et claire au moment de mon passage. Le maire m'apprit que l'on construisait un système de filtration, mais que le manque d'argent avait retardé les travaux.

«Dans l'après-midi je me rendis à une séance du comité de santé du conseil local des femmes, présidé par Mme Edwards. Plusieurs questions furent posées et discutées pendant sa durée. La grande majorité admit que le goitre était très commun à Calgarv. et ces personnes en parurent Le Dr Oakley, femme médecin, et le médecin ins-

très découragées.

23 pour cent des filles fréquentant

pecteur des écoles déclarèrent que

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