IV. — INOCULATIONS
REBATEL (2) n’a pas réussi à inoculer la blennorrhagie aux
animaux.
HoranD et PEUCH (3) écrivent : « La blennorrhagie de
l'homme peut s’inoculer au chien et donne naissance à une uréthrite. Mais cette affection ne se présente point avec la
série des symptômes que l’on observe chez l’homme. Elle: avorte comme une graine semée en un terrain stérile, Le:
mucopus blennorrhagique de l'homme peut aussi produire la
vaginite chez la chienne; mais l’aflection reste toujours i insi-
gnifiante et comme symptômes et comme durée. La balanite Re
qui existe normalement chez Lous les chiens est susceptible
(1) Hogge, Loco citato, n° 345. " :
(2) Rebatel, Lyon médical, 1882, n° 2, p. 41, n° 43: LR . (8) Horand et Peuch, in Crivelli, loco citato, ne 122.
Are d'augmenter d'intensité sous l'influence de l’inoculation de mucops blennorrhagique de l’homme. La muqueuse oculaire du chien est absolument réfractaire à toute inoculation gonorrhéique. » 3
KREIS (1) ne peut inoculer ses cultures ni sur les muqueuses des lapins ni dans les articulations des chiens. AUBERT n’a obtenu aucune suppuration par l'injection du pus blennorrhagique dans le péritoine du lapin. Aubry (2) a pu faire des injections intraveineuses du pus blennorrhagiqué sans avoir d'accident.
Le laboratoire ne nous apprend donc à peu près rien sur les propriétés pathogènes du gonocoque ; la clinique va-t-elle nous instruire davantage ?
Le chapitre précédent nous a appris que l’on avait nettement réussi à inoculer la blennorrhagie à l’homme; mais nous manquons de matériaux pour traiter la question que je voudrais maintenant élucider : le gonocoque est-il pyogène ?
Encore iei : oui et non. Oui, car l'écoulement blennorrhagique est purulent au premier chef; non, parce que le gonocoque et le pus blennorrhagique injectés sous la peau n’ont jamais déterminé la formation d’un abcès.
Pour concilier ces deux mots si éminemment opposés —, oui et non, — il faut, ce me semble, déplacer la discussion et à la question posée substituer celle-ci: dans quels organes ou quels tissus le gonocoque est-il pyogène ?
Mais cette nouvelle question ne se rapportant pas au b shjet du présent chapitre, je la laisse sans réponse et y reviendrai en temps et lieu.
(1) Kreis, loco citato, n° 107.
(2) Audry, Ann. de derm. et de syph., 1887,t. VILX, p. 450, n° 165.