V. — PATHOLOGIE GÉNÉRALE
Sous ce titre pompeux, nous nous proposons simplement d'étudier les rapports du gonocoque avec les éléments du pus et avec l’organisme, et d'essayer de nous rendre compte de la pathogénie des symptômes de luréthrite.
1° Rapports du gonocoque avec les éléments figurés du pus
NEissEr ({) pensait que les microbes siégeaient principalement à la surface des leucocytes, parfois dans leur intérieur et rarement à la surface des cellules épithéliales. Dans son second mémoire (?), il estime que le gonocoque pénètre dans le noyau. ARNING (3) soutient contre lui que le microbe est intracellulaire, mais extranucléaire, Bokaï et FINKELSTEIN (4), WATSON CHEYNE (5), HAAB (6), pensent que les gonocoques siècent dans et non sur les leucocytes. LEISTiKow (7), qui est de leur avis, estime qu’à force de se reproduire, ils font éclater la cellule qui les contient et deviennent ainsi libres ; pour lui comme pour Arning, les noyaux ne sont pas péné+ trés par le microbe. EscHBAUM (8) pense aussi que les sonocoques sont toujours dans la cellule, et qu'ils ne deviennent : libres, comme l’a fait remarquer Leistikow, que par l'éclatement de celle-ci, cette rupture pouvant être accidentelle et due aux manipulations. BockHart(9) les trouve toujours ran-
(1) Neiïsser, loco citato, n° 24.
(2) Neisser, Le microorganisme de la gonorrhée, 1882, n° 45.
(3) Arning, loco citato, n° 5"7.
(4) Bokaï et Finkelstein, Prag. med. chir. Presse, 1880, n° 2'7.
(5) Watson Cheyne, The british medical Journal, 1880, n° 2, n° 29. (6) Haab, loco citato, n° 30.
(7) Leistikow, loco citato, n° 47.
(8) Eschbaum, n° 60.
(9) Bockhart, loco citato, n° 59.
ue gés autour du noyau. Pour STERNBERG (1) et WELANDER (2), le microbe siège aussi bien sur que dans la cellule.
LEGRAIN (3) admet, lui aussi, les dispositions extra et intracellulaires, mais il va plus loin et entreprend de rompre une lance en faveur de la pénétration intranucléaire: il fait remarquer que si l’on fait varier la mise au point pendant qu’on examine les microbes intranucléaires, on aperçoit tout le temps ’auréole blanche qui les sépare de la substance nucléaire; or, si les gonocoques étaient simplement à la surface du noyau, dès qu’ils ne seraient plus au point on apercevrait le noyau sans solution de continuité, tandis qu’on continue à les voir dans toute l'épaisseur de la nucléine; ils sont donc à l’intérieur même du noyau.
De ces différentes recherches, et notamment de celles de ce dernier auteur, il semble résulter que nous pouvons schématiser la question comme suit: les sonocoques s’approchent d’une cellule (épithéliale ou purulente), se placent sur elle, la pénètrent bientôt et prolifèrent abondamment; le noyau luimême est alors attaqué, échancré, présente des vacuoles qui se réunissent bientôt, en sorte qu'il se seomente et se désagrève ensuite complètement; la prolifération continuant, la cellule trop distendue se rompt et la colonie microbienne est libre. Les gonocoques apparaissent alors, au dire de Bockhart (4), « comme s'ils avaient pris naissance dans une cellule », conservant, pour ainsi dire, la forme du moule.
Tel est, pour nous, le résultat de la lutte dans laquelle les leucocytes succombent sous le nombre des microbes, jusqu’au jour où, plus ou moins secondés par la thérapeutique, ils mettent fin à la maladieen détruisant le dernier gonocoque.
(1) Sternberg, loco citato, n° 64.
(2) Welander, Loco citato, n° "72.
(3) Legrain, loco citato, n° 180.
(4) Bockhart, loco citato, n° 59.