VIII. — DESCRIPTION DU GONOCOQUE
Comme conclusion de ce chapitre, nous ne pouvons mieux
faire que de donner la description du gonocoque tel que nous le comprenons.
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Mais nous désirons, avant, citer quelques descriptions récentes pour montrer où en est la connaissance du microbe de Neisser.
CHARRIER (1) écrit en en parlant : « Semblables par leur forme à des grains de froment ou de café, ces coccus constituent de petits amas situés dans les cellules, se colorant très facilement par le violet de gentiane et se décolorant par le Gram. Ils pénètrent à travers l’épithélium intact et entre les cellules épithéliales jusqu'au corps papillaire. On ne peut les cultiver sur lPagar-agar et il faut se servir de sérum de sang humain. » De cette description, ce qui regarde la morphologie et les colorations s'applique aussi bien aux diplocoques jaune citrin, blanc grisâtre de Steinschneiïder et à celui de la yulvo-vaginite ; ce qui a rapport aux cultures est une erreur.
JüLLIEN dit dans son Traité des maladies vénériennes : « Quelquefois ce sont de véritables chapelets de quinze à vingt éléments. » Or le caractère le plus unanimement reconnu au gonocoque, c'est de n'être jamais en chaînette.
Dans le traité de médecine de BoucHaRp et Brissaub, dont
les rédacteurs ne manquent pourtant pas de compétence en matière de bactériologie, on trouve une définition toute analogue à celle. de Charrier, à laquelle on peut faire le même double reproche d'insuffisance et d'erreur. Il y est dit, après une énumération de la forme en diplocoque, de la situation intracellulaire et de la décoloration par le Gram : « Ces trois caractères permettent de le distinguer (le gonocoque) des microbes habituels du pus. »
En regard de ces idées erronées ou incomplètes, plaçons notre définition, basée sur les grands travaux contempo- Trains :
« Le gonocoque est un diplocoque dont chaque élément
(1) Charrier, loco citato, n° 318.
pote rappelle un grain de café; les deux éléments se regardent par leur côté plan ou concave. Il se colore très facilement : par les solutions aqueusès ou alcooliques des couleurs d’aniline sans intervention d’un mordant ; il est décoloré après les opérations de la méthode de Gram. Il vit sur gélatine, gélose, bouillon et pomme de terre : il liquéfie le premier de ces milieux, et, sur le dernier, donne des colonies arrondies rappelant des gouttelettes de pus; mais, pour lisoler, il faut presque toujours faire des ensemencéments sur Sérum sanguin,
solidifié ou sur un mélange de sérum et de gélose. Sauf celles
sur pomme de terre, ses colonies sont d’un blanc grisâtre. Inoculé à l’homme, ïl cause une uréthrite blennorrhagique plus ou moins aiguë et caractéristique, mais dont le pus contient des gonocoques. »