‹ Le goudron végétal et sa pharmacologieChapitre 10 sur 15 · AT · texte numérisé non relu

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Procédé d'Adrian.— Ce procédé est le premier qui divise le goudron par son mélange avec un corps insoluble dans l’eau. Le corps diviseur, choisi par M. Adrian, est le coke réduit en petits fragments et il obtient sa liqueur en traitant par lixiviation, à l’eau tiède, son coke goudronné. Ce procédé n’a rien à envier au précédent sous le rapport du produit.

Procédé de Magnes-Lahens. — Pour diviser le goudron et augmenter ainsi sa solubilité dans l’eau, Magnes-Lahens avait, en 1870, proposé d’abord le sable. Ayant essayé ensuite le procédé d’Adrian, antérieur en date, le savant pharmacologiste toulousain était sur le point de l’adopter, quand l’idée lui vint de substituer au coke le charbon de bois léger. Satisfait des premiers essais tentés dans ce sens, Magnes- Lahens publia, en 1871, la formule suivante:

Goutdron des landes er LE Charbon de bois léger en poudrefine 2 p.

L'expérience ayant fait découvrir certains inconvénients à l’emploi de la poudre de charbon de bois, Magnes-Lahens adopta définitivement, en 1875, la sciure de sapin du Nord à cause de son faible poids sous un grand volume, de son grand pouvoir diviseur et parce que ses principes aromatiques et résineux sont en harmonie de propriétés avec ceux du goudron. Les proportions sont les mêmes que dans la précédente formule, soit:

Mêlez intimement les deux corps et conservez le mélange à l'abri du contact de l’air, après l'avoir tassé. La prépara-

me PQ tion doit s’opérer dans un vase en faïence, les ustensiles en fer étant attaqués par les acides du goudron.

Ce mélange, que son auteur à fait connaître sous le nom de Goudron pulvérulent, a l'avantage de. ne pas poisser et salir les doigts; réduit en pains ou tassé dans une boîte, il conserve très longtemps ses propriétés curatives, semblable en cela au storax en pain dont il est une sorte d'imitation et que le temps n’altère pas. Il peut se diviser en paquets, dans des carrés de papier, comme la poudre de quinquina ou celle de rhubarbe.

Le goudron pulvérulent est devenu le point de départ d’un grand nombre de formules données par Magnes-Lahens pour satisfaire à toutes les indications thérapeutiques. Je ne m'occuperai ici que de son emploi à la préparation de l’eau de goudron. |

Voici les doses indiquées pour l’hydrolé pour boisson:

Goudron pulvérulent.......... DÉGT:

DattaOUdepreS SE ERER re un litre.

Faites infuser en vase clos, après refroidissement décantez l’infusé ou passez-le si quelques parcelles de sciure sont encore suspendues dans le liquide.

À la température ordinaire, 9 grammes de goudron pulvérulent traités par un litre d’eau donnent, après macération de 4 heures et à l’aide d’une courte agitation, une eau contenant en moyenne un gramme d’extrait de goudron ; la même dose de goudron pulvérulent fournit, après cinq minutes d’infusion, à de l’eau portée à la température de 60 degrés, deux grammes d'extrait; enfin,une dose triple, cède à un litre d’eau également à 60 degrés, six grammes d’extrait. L’eau se trouve alors saturée de goudron et ne peut en dissoudre davantage, quelque proportion de goudron pulvérulent qu’on mette en contact avec elle.

Me te

Or,un litre d’hydrolé du Codex,qui exige poursa préparation 33 gr. de goudron etdix jours de macération, aidée d’une fréquente agitation, ne contient en moyenne que { gr. 50 centig. d'extrait; d'autre part, 150 gr. de goudron, longtemps et vivement agités avec un litre d’eau à 80 degrés, n’ont donné à MM. Mialhe, Lefort et Latour, que 3 gr. 35 d'extrait (1).

La comparaison de ces chiffres avec ceux de Magnes- Lahens indique combien est puissante dans ses effets l’interposition des corps insolubles entre les molécules du goudron.

Selon l’âge, le tempérament du malade, et l'intensité de l’affection à combattre, le médecin peut choisir entre le macéré à 1 gr. d'extrait et l’infusé à 2 gr.

L’hydrolé de goudron concentré dont la formule, comme il nous est maintenant facile de le prévoir, est:

GoudronspulVéculentes A 00e Haupalo0 degrés ee ere, LD lire,

ne peut évidemment convenir, tel quel, qu’à l’usage externe. Il contient 6 gr. d’extrait par litre, et doit être étendu d’eau pour l’usage interne.

Magnes-Lahens a fait construire un petit appareil ayant la forme d’une carafe, qu'il nomme goudronnière et qui donne l’eau de goudron clarifiée. Pour l'usage hygiénique de l’hydrolé pendant les grandes chaleurs, la dose de 10 gr. de goudron pulvérulent suffit pour dix litres d’eau.

Comme nous le verrons plus loin, le Codex de 1884 s’est inspiré des remarquables travaux de Magnes-Lahens pour la formule qu’il à adoptée.

Procédé de Dreyer.— Moins. heureux que le procédé cidessus, celui de Dreyer lui a été suggéré par la faveur avec

(1) Journ. de Pharm. et de Chimie. 4° série, t. XVII, p, 467

laquelle on à accueilli l'usage des copeaux de quassi amara. Il consiste à recouvrir, au moyen d’un pinceau, des copeaux de bois blanc, souples et réguliers, d’un mélange à parties égales de goudron demi-liquide, d’alcool à 90 degrés et de sirop de sucre longuement agités ensemble dans une bouteille. |

Ainsi imbibés, ces copeaux sèchent facilement à l’air tout en gardant leur souplesse. Pour l’usage,on plonge un copeau dans une bouteille pleine d’eau; après 24 heures,on à ainsi une eau légèrement ambrée et parfaitement claire qui contient environ 1 gr. d'extrait, abstraction faite du sucre; avec de l’eau à 60 degrés, l'hydrolé est plus chargé et l'opération très rapide.

Procédé de Freyssinge.— C’est au moyen d’une division mécanique et par un brassage énergique que M. Freyssinge obtient sa liqueur de goudron, une des meilleures solutions concentrées, en ce sens qu’elle ne contient pas de corps étrangers.

Elle est tellement chargée d’acide acétique, qu'il ne paraît pas que le lavage préalable prescrit par le Codex de 1886 soit effectué dans sa préparation. En plus de cet acide, elle contient environ 1 p. 100 de principes fixes ou volatils au-dessus de 100 degrés. Concentrée au bain-marie jusqu’à siccité, elle fournit un extrait dont les 4 cinquièmes sont solubles dans deux ou trois fois leur poids d’eau, le cinquième restant est constitué par une résine noire que l’on peut isoler sans évaporation, en additionnant la liqueur de 30 p. 100 de sel marin et en filtrant.

Procédé de A. Schaeuffèle fils.— Voici la formule préco-

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Goudron végétal 200 gr.

Gayac râpé. .. Q.S.(environ 400 gr.)

Mélanger intimement les deux substances jusqu'à ce que le goudron ne tache plus la main et que la masse soit presque sèche; mettre ce mélange dans un pot en grès ou autre; y verser 10 litres d’eau, remuer chaque jour pendant 15 jours, passer à la pressse et filtrer au papier. Dose: 50 centimètres cubes de cette liqueur pour 1 litre de tisane.

Ce soluté à l'avantage de devenir, à la longue, très agréable par un développement d'acide benzoïque, mais l’emploi de l’eau chaude aurait certainement abrégé le mode opératoire et augmenté la richesse du produit. Tel qu'il est, il ne contient guère que 3 gr. d'extrait par litre, titre évidemment trop faible pour une liqueur mère, car l’hydrolé obtenu avec les proportions indiquées par l’auteur, ne renferme qu'environ 15 centigrammes d'extrait par litre.

Il est douteux, d’ailleurs, que la substitution du gayac râpé à la sciure de sapin de Magnes-Lahens soit heureuse.

Procédé de P. Breton. — En 1881,M.P. Breton, pharmacien à Rennes, a proposé la formule ci-dessous:

Goudron de Norwège. sa 2er Sciure de bois de sapin... ... 200 — Bavadisbliéem tem ea. 700 — Glycéripeipure tte ec. 60 —

On mêle bien exactement le goudron et la sciure et on place ce mélange dans un vase de terre muni d'uu couverele; on verse dessus environ 500 gr. d’eau à 50 degrés; on agite et on rejette le liquide après une demi-heure de contact. On ajoute alors les 700 gr. d'eau distillée bouillante, puis la gly-

cérine, et, après agitation, on laisse en contact pendant 24 heures. On obtient ainsi 600 gr. d’une solution très aromatique qu’on emploie à la dose de deux cuillerées à bouche pour 1 litre d’eau pure.

On peut reprocher à cette formule la quantité excessive de goudron qu’elle comporte ainsi que le lavage préalable qui, déjà préjudiciable à froid, est fait ici avec de l’eau à la température de 50 degrés. Le titre de l’hydrolé préparé avec cette solution concentrée est beaucoup plus faible que ne le prétend son auteur. L’addition d’une forte proportion de glycérine, un dixième, en fait d’ailleurs un médicament qui n'est pas comparable à l’eau de goudron du Codex.

Procédé de Simon. — Un pharmacien-major, M. À. Simon, a voulu éviter la saveur peu agréable que la sciure de sapin donne à l’eau de goudron et a proposé, il y a quelques mois, de remplacer cette substance par la poudre de quinquina épuisée pour laquelle on n’a pas encore trouvé un emploi convenable.

Le goudron pulvérulent obtenu avec cette poudre possède toutes les qualités de celui de Magnes-Lahens et a sur lui, vu la ténuité des poudres de quinquina, l'avantage d’être plus homogène. L’hydrolé obtenu avec ce goudron possède une amertume légère qui corrige, en partie, le goût désagréable de ce médicament.

M. A. Simon s’est assuré que cette eau contient des traces très sensibles d'alcaloïdes dont la dissolution est probablement favorisée dans une certaine mesure par les acides du goudron.

Procédé du Codex de 1884. — Le dernier Codex a adopté, en en modifiant les doses, le procédé de Magnes-Lahens ; voici la formule officielle :

Grondron végétal. Ur. /40 DIRQIe Diet Sciure de bois de sapin. ..... 15 — Hau distillée. M M MOOD

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