‹ Le Goupillon (o Hyssope)Chapitre 10 sur 36 · ARGUMENT. II · texte numérisé non relu

ARGUMENT. II

pàle^ et il y fut condamné. Telle est r action du poëme.

Quelque temps après, le Doyen mourut^ et il eut son neveu pour successeur. Ignacio Joaquim Alberto de Matos (c était le nom du nouveau Doyen) ne se montra pas complaisant pour les prétentions épiscopales. Rudement réprimandé et menacé par Févêque , il eut recours à la Couronne^ dont le tribunal enjoignit au prélat de justifier ses procédés.

Saisi tout à coup d*une terreur panique y le prélat abandonna ses droits imaginaires^ renonça

12 ARGUMEt^T.

aux poursuites commencées, et ne parla plus de la décision du chapitre, quilfit même effacer des registres.

Cette issue inattendue est le sujet de la prédiction d'Abracadabro, au huitième livre.

Je chante le Prélat et la guerre épouvantable que le Goupillon excita dans l'église d'Elvas.

Muse, toi qui, sur ces rives charmantes que la Seine couronne d'arbres verdoyants, enflammas le génie fécond de l'illustre Boileau; Muse, viens échauffer ma verve : redis-moi les causes qui poussèrent le Prélat et

son chapitre à cet excès de tureur et de rage.

Dans les vastes Intermondes d'Épicure' s'étend la grande région des Chimères, dont les innombrables habitants diffèrent tous de costume, de manières et de langage. C'est là que naquit la Mode; c'est de là qu'elle envoie aux vaniteux mortels les formes diverses des carrosses et des habits, d^es chapeaux et des jeux, des repas et du langage, unique affaire des têtes creuses. Trois cents Nymphes dont elle est la nièrè s'empressent autour d'elle; capricieuses autant que jolies, elles mettent leur ambition à imaginer de nouvelles parures.

I. Épicure appelait intermonde l'espace qui sépare les mondes; c^est là qu'il plaçait l'Être suprême. (Voyez Gassendi, Traité de la Doctrine d'Épicure, tom. I, pag. J99.)

Là tut Je berceau de la Scolastique épineuse, vaine philosophie qui régna dans les cloîtres, et qu'embrassèrent , jusqu'à la mort, les perfides Solipses^.

De là s'élancèrent, pour infester les champs de la belle Poésie, les Anagrammes, les Labyrinthes, les Acrostiches et les Haches >, et vingt autres

1 . Le poète désigne les Jésuites, contre lesquels le P. Scotti (d'autres disent le P. Inchoffer) a lait un livre intitulé : Monarchia Solipsorùm. Il fait venir ce nom.de sol, et prouve ironiquement que les Jésuites sont autant de soleils. Le P. Simon aimerait mieux qu'il eût dérivé ce nom de solipsus, desolus et ipse, faisant de la sorte allusion à la bonne opinion que et les Jésuites ont 4>rdinaireinent d'euxmêmes, et au mépris qu'ils ont pour les autres. » (Voyez la Bibliothèque critique^ tom. I, pag $12.)

2. J'ai suivi les éditions de Lisbonne, 1808, et de Paris, 1817, qui portent acrosticos, segures. Cette leçon m'a paru préférable à celle de l'édition de 182 1, sottetos acrosticos. Il nous reste encore un poëme de Simmias, dont les vers sont arrangés de façon à figurer une hache à deux tranchants avec son manche. Nous avons aussi un autel en vers par Dosiadas,

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espèces de monstres à£Ereux. A leur aspect, les Muses épouvantées, laissant tomber leurs lyres, cherchèrent un asile dans les grottes du Parnasse, et s*y tinrent longtemps cachées.

Là (spectacle digne de pitié!) la Farce insipide osa lever le front , et , chassant outrageusement Melpomène et Thalie de la scène usurpée, elle reçut les bruyants applaudissements de la nation dégradée.

Dans la foule qui peuple ce pays; les uns, d'une main prodigue, échan-

une syrinx par Théocrite, un orgue par Optatianus. Nos vieux poètes français ont fabriqué pareillement des triangles, des fourches, des râteaux. Panard s'est amusé à faire une bouteille , et , récemment , M. Capelle a imité cet artifice plus difficile que spirituel - (voyez VHistoire de la poisU, par Massieu, et le Journal de P Empire du i8 novembre 1806]. Le Laby^ rinthe doit être une espèce de poème dont les vers, péniblement enchevêtrés, forment quelque figure compliquée : je n'en connais point d'exemple.

gent avec joie des trésors contre une coquille, un papillon , une fleur lointaine, dont les pétales brillent des vives couleurs de Tarc-en-ciel; d'au^ très passent incessamment les jours et les nuits à feuilleter les manuscrits de Tantique Latium, vieux bouquins à demi rongés par le temps destructeur, pour composer d'épais volumessur la prononciation deT//', où sur les lois qui unissent la conjonction, soit au nom, soit au verbe' qui marchent avant elle dans le discours.

Quelques-uns (les malheureux!) com-

t. o Les grammairiens, disent MM. de Port- Royal, sont «n dispute si VH doit être mise au nomlnre des consonnes, ou non, etc. »

2. Les grammairiens se sont divisés au sujet de la syntaxe des conjonctions, disant^ les uns, qu'elles unissent toutes les parties du discours ; les autres, qu^elles unissent seulement les sens, les pensées; de part et d'autre, les injures ont été prodignéM.

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posent inutilement de longues Iliades, et font des milliers de sonnets, d*odes pindariques et d'épigrammes, pour des grands seigneurs dont la superbe vanité daigne à peine y jeter les yeux.

Non, trois Anticyres » ne suffiraient pas pour guérir leurs cerveaux malades. Ils se croient embrasés d'un feu divin et admis dans le commerce des dieux; ils se donnent aux héros pour les dispensateurs de la renommée, pour les possesseurs de ses nobles trésors, et, dans leur délire, ils s'estiment plus heureux et plus opulents que le grand empereur de Trébizonde,

I. C'est une imitation de l'expression d'Horace dans VArt poétique : tribus Anticyris caput insanabile. L'ellébore de Ille d'Anticyre jetait regardé comme un excellçnl spécifique contre la folie. On croit assez généralement que l'ellébore des anciens est le Veratrum album de Linné. Il y a sur cette matière un savant ouvrage du médecin P. CatelK. .

tandis que, plongés dans' la misère, en butte aux insultes des riches igno* rants, aux outrages des grands, ils sont un objet de mépris et de dérision.

Le Génie des Bagatelles tient dans une paix profonde le sceptre puissant de cette vaste et populeuse région.

Dans un palais dont la bizarre architecture s^élève majestueusement jusqu^aux nues, réside le Dieu souverain. C'est de là qu'il gouverne arbitrairement le peuple lunatique. L'immense édifice est formé de talc transparent ; il repose appuyé sur de frêles colonnes de verre. Aux quatre coins s'élèvent, à distances égales, quatre tours de fer-blanc; c'est le chef-d'œuvre du Caprice : l'art y surpasse de beaucoup la macère ■ .

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